Ermotti avant le vote sur UBS
«Je suis très inquiet, de nombreux responsables politiques sont déstabilisés»

A la veille du vote au Conseil des Etats, le directeur général d’UBS, Sergio Ermotti, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, la situation est aussi critique pour la banque qu’elle l’était en mars 2023, au moment de la chute du Credit Suisse.
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Sergio Ermotti, le directeur général d'UBS, alerte à nouveau contre des exigences strictes en matière de fonds propres.
Photo: Keystone
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Patrik Berger

Dans une interview accordée à la «NZZ», le directeur général d'UBS, Sergio Ermotti met à nouveau en garde contre des exigences de fonds propres qu'ils jugent trop strictes. Selon lui, la situation est tout aussi critique pour UBS qu'en mars 2023, lorsque de la chute de Credit Suisse, explique-t-il à la veille du vote décisif prévu mercredi au Conseil des Etats.

La question est de savoir quel niveau de couverture UBS devra garantir pour ses filiales étrangères. Le Conseil fédéral exige qu'elles soient couvertes à 100% par des fonds propres de base durs. Une minorité de la commission du Conseil des Etats souhaite, elle, de fixer ce taux à 90%. La majorité de la commission préconise en revanche une couverture de 50% de fonds propres de base durs et jusqu’à 50% d’obligations dites «AT1».

«Ma démission n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant»

Sergio Ermotti, estime, pour sa part, qu'une exigence de 90 ou 100% est excessive. UBS a déjà encaissé «un œil au beurre noir», déclare-t-il. «Mais deux yeux au beurre noir et un nez cassé, c'est trop.» Les actionnaires ne seraient pas les seuls à en subir les conséquences. Des exigences de fonds propres plus élevées auraient «l’effet d’un droit de douane», estime le directeur général d'UBS. A ses yeux, les clients et les collaborateurs, mais aussi, à terme, l'ensemble de la place économique suisse, en feraient également les frais.

La question d’un départ d’UBS de Suisse est régulièrement soulevée. Sergio Ermotti souligne que la banque entend continuer à opérer depuis la Suisse en tant que «banque compétitive à l’échelle mondiale». Mais à long terme elle devra définir son positionnement stratégique pour les 15 ou 20 prochaines années. Quant à son propre départ, il n'est actuellement pas envisagé. «Ma démission n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant», affirme Sergio Ermotti.

La BNS et la FINMA pointées du doigt

Dans cette interview, Sergio Ermotti se montre particulièrement virulent à l'égard de la BNS et de la FINMA. «Les autorités n’ont aucun intérêt à ce que les véritables leçons de la faillite de Crédit Suisse soient tirées», estime-t-il. Selon lui, la FINMA et la BNS seraient «certainement coresponsables» de ce qui est arrivé à Credit Suisse.

Le directeur général d'UBS ne cache pas son inquiétude. «Je suis très inquiet, de nombreux politiciens sont déstabilisés», déclare-t-il à propos du vote au Conseil des Etats.«J’ai le sentiment que s’ils ont des doutes, ils risquent de faire le mauvais choix.» Pour lui, une chose est claire: «Il ne s’agit pas seulement de l’UBS ou de la place financière. Il s’agit de la Suisse.»

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