8000 francs de bijoux volés
Une patiente atteinte de démence se fait dépouiller, l'hôpital refuse de l'indemniser intégralement

Une patiente atteinte de démence de 89 ans a été victime d'un vol à l'hôpital d'Affoltern am Albis. L'hôpital zurichois reconnaît la perte, mais ne veut pas prendre en charge l'intégralité du dommage estimé à environ 8000 francs.
A l'hôpital d'Affoltern, tous les bijoux en or d'Irène Koller, une patiente démente de 89 ans, ont été emportés.
Photo: Keystone
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Birthe Homann
Beobachter

En juin 2025, Irène Koller, atteinte de démence, est admise à l'hôpital de Limmattal (ZH) dans un état confus, rapporte le «Beobachter». Un passant avait trouvé la femme de 89 ans complètement désorientée dans la banlieue zurichoise de Schlieren. A l'hôpital, les médecins constatent un délire, une confusion aiguë qui survient soudainement et qui peut mettre sa vie en danger. En Suisse, environ 10% des personnes de plus de 85 ans développent ce type de troubles, d'autant plus lorsqu’une démence est déjà présente. 

Son fils, Bernard Koller, se trouvait à l'étranger lors de l'incident. Cet homme de 62 ans rentre donc le plus vite possible pour retrouver sa mère. Le 19 juin, Irène Koller est transférée dans l'unité qui traite les troubles de délires de l'hôpital d'Affoltern am Albis (ZH). Malgré cela, l'octogénaire reste désorientée et incapable de discernement. Son fils accepte alors son transfert. 

Un article du «Beobachter»

Cet article est tiré du «Beobachter». Le magazine sans œillères qui vous aide à économiser du temps, de l'argent et des nerfs.

Cet article est tiré du «Beobachter». Le magazine sans œillères qui vous aide à économiser du temps, de l'argent et des nerfs.

Disparition de bijoux

Chaque jour, il rend visite à sa mère, qui se rétablit progressivement. Mais un jour, la femme de Bernard Koller remarque que sa belle-mère ne porte jamais son alliance, elle qui d'habitude ne la retire jamais. Lorsqu'elle interroge le personnel à ce sujet, celui-ci rétorque que les objets de valeur d'Irène Koller sont enfermés, à l'abri et affirme par la suite qu'il n'y avait pas d'alliance.

L'unité spécialisée dans le traitement du délire de l'hôpital est fermée afin que les patients ne puissent pas s'enfuir dans le cas où ils sont désorientés. Seules les personnes disposant d'un badge, personnel comme visiteurs, peuvent y entrer.

Deux semaines et demie plus tard, Irène Koller sort de l'hôpital. Elle a obtenu une place dans un EMS. L'hôpital d'Affoltern am Albis a alors dressé une liste de ses effets personnels, dont les objets de valeur: bague, boucles d'oreilles, collier avec pendentif, montre et clés ainsi qu'un porte-monnaie contenant 57 francs.

Seuls la montre, la clé et le porte-monnaie sont remis à Bernard Koller. Aucune trace des bijoux en or, et il manque 40 francs dans le porte-monnaie. Selon l'estimation d'un bijoutier, la valeur des bijoux disparus est de 8000 francs; le collier avec le pendentif Vreneli en or vaut à lui seul plus de 4000 francs! 

L'hôpital décline toute responsabilité

L'assurance-ménage de Bernard Koller refuse de prendre ces frais en charge, estimant qu'il s'agit d'un «simple vol à l'extérieur» pour lequel il n'est pas assuré. L'homme s'adresse alors à l'hôpital d'Affoltern am Albis. L'institution explique qu'elle ne peut pas prendre en charge les coûts: les proches ont un devoir de diligence et doivent conserver les objets de valeur dans un coffre-fort ou à la maison.

Le porte-monnaie de la mère, en revanche, était entreposé dans le bureau du service de l'unité et relève donc du devoir de diligence de l'hôpital. Raison pour laquelle l'hôpital rembourse «la perte de 40 francs» sans reconnaître toutefois «d'obligation légale». 

«Une affaire peu réjouissante»

De son côté, Bernard Koller estime que l'hôpital a reçu et inscrit les effets personnels de sa mère, incapable de discernement. Il en est donc responsable.

L'hôpital propose finalement à Bernard Koller un dédommagement de 1000 francs à titre de geste commercial. «Si un hôpital garde des objets de valeur, il doit aussi veiller à ce qu'ils restent en sécurité. S'ils disparaissent, il en porte la responsabilité», estime-t-il. 

Rosmarie Naef, juriste au centre de conseil du «Beobachter», abonde dans ce sens: «Si une patiente est manifestement désorientée, l'hôpital doit être particulièrement vigilant en ce qui concerne ses objets de valeur. Elle peut difficilement s'en occuper elle-même dans un tel état.»

Selon Rebekka Meierhofer, de l'hôpital d'Affoltern am Albis, il s'agit d'une «affaire peu réjouissante» pour toutes les personnes concernées. «Nous continuons à échanger avec les proches et nous nous efforçons de trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties», déclare la responsable du développement organisationnel et de la gestion de la qualité. Bernard Koller doit donc s'armer de patience. 

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