Manifestations violentes
Après les débordements, le PLR exige une ligne dure contre les casseurs

Après de nouvelles manifestations violentes, le PLR réclame une intervention musclée contre les casseurs. Une pétition demande des arrestations plus longues et des lois plus strictes.
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Vitres brisées, poubelles en feu: des manifestations ont eu lieu lundi soir à Zurich.
Photo: keystone-sda.ch
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Daniel Ballmer

Lundi, une manifestation à Zurich a été marquée par des tags, des jets de seaux de peinture et des vitrines brisées. Des casseurs ont dressé des barricades et incendié des conteneurs à déchets lors de la manifestation anti-Trump. Des policiers ont également été visés par des jets de pierres.

La situation a été différente samedi à Berne. Un important dispositif policier a étouffé dans l’œuf une manifestation anti-WEF non autorisée. Les manifestants ont été encerclés et soumis à des contrôles d’identité.

«L'Etat de droit ne doit plus accepter cela»

Les scènes d’octobre ne doivent en aucun cas se reproduire. A l’époque, la vieille ville de Berne avait pris des allures de champ de bataille. De violents affrontements avaient éclaté lors d’une manifestation en soutien à Gaza. Les forces de l’ordre avaient été attaquées à coups de bouteilles, de feux d’artifice et d’autres projectiles. Dix-huit policiers avaient été blessés. Le restaurant Della Casa avait frôlé l’incendie criminel.

«Stop à la violence et au chaos!», exige aujourd’hui le Parti libéral-radical (PLR). «Des manifestants violents parcourent les quartiers, s’en prennent aux policiers et laissent derrière eux une image de désolation ainsi que des dégâts chiffrés en millions», dénonce le parti. «L’Etat de droit ne doit plus tolérer cela.» Selon lui, Berne ne constitue pas un cas isolé, mais un signal d’alarme.

Le PLR lance désormais une pétition réclamant une action plus ferme contre les auteurs de violences. «La population en a assez des extrémistes qui infiltrent des manifestations pacifiques, provoquent des dégâts de plusieurs millions et prennent le risque de blesser des personnes, déclare le coprésident du PLR Benjamin Mühlemann. Il faut envoyer un signal clair à Berne pour dire que cela n’est plus tolérable. Nous voulons montrer que la politique agit et ne ferme plus les yeux.»

La pétition demande notamment de prolonger la durée de la détention provisoire, actuellement limitée à 24 heures, à 48 heures. Une mesure qui permettrait de disposer de davantage de temps pour préserver les preuves et mener les investigations. La violence devrait aussi entraîner des conséquences concrètes. «Celui qui a semé le chaos le week-end doit expliquer pourquoi il ne s’est pas présenté au travail le lundi, et ne plus rester impuni», souligne Benjamin Mühlemann.

«Arriver avec une masse et le visage cagoulé ne défend aucune cause, mais recherche la confrontation et la violence, affirme le conseiller national PLR Christian Wasserfallen. Un Etat qui détourne le regard perd son autorité. Nous ne devons pas laisser faire.»

La politique doit agir

Selon le PLR, les instruments de l’Etat de droit doivent en outre être renforcés face aux auteurs de violences extrémistes. Les services de renseignement et la police devraient disposer de compétences accrues pour les surveiller. «Il est inacceptable que des individus connus des autorités puissent se mobiliser librement jusqu’à ce que des débordements surviennent, écrit le parti dans un communiqué. Les services de renseignement et les autorités de sécurité doivent intervenir en amont plutôt que dresser le constat des dégâts après coup.»

«Les casseurs entravent la liberté de la population et des commerçants, et prennent les villes en otage, insiste le coprésident du PLR. Ils ne peuvent pas simplement se retrancher derrière les droits de la personnalité ou la protection des données.»

La tolérance zéro doit s’appliquer aux agressions contre les policiers, qui doivent être poursuivies d’office. «Les violences contre les personnes, les attaques contre les forces de l’ordre et les destructions de biens ne sont pas des infractions mineures, rappelle la conseillère nationale PLR Jacqueline de Quattro. Quiconque s’en prend à notre Etat de droit doit en subir des conséquences tangibles, rapides et conséquentes.» Un Etat qui détourne le regard perd son autorité. La politique doit désormais agir.

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