Son année à la présidence de la Confédération a commencé par un choc. Avant même la diffusion de l'allocution de Nouvel An du président de la Confédération Guy Parmelin, tous les écrans annonçaient déjà la tragédie de Crans-Montana (VS).
Son discours a été annulé. Guy Parmelin a dû trouver les mots justes pour s'adresser aux personnes touchées, aux proches endeuillés et à une Suisse sous le choc. Qui est l'homme qui présidera le Conseil fédéral en 2026? Dix faits surprenants sur le modeste politicien vaudois.
L'élu vaudois de l'Union démocratique du centre (UDC) parle depuis longtemps relativement bien l'allemand. Ce n'est toutefois un secret pour personne qu'il n'apprécie pas particulièrement de le pratiquer. «Je n'ai tout simplement pas de feeling pour les langues», plaisantait-il déjà il y a des années dans une interview. «Ma femme se moque de moi quand j'essaie de parler allemand.» Elle est bien placée pour le savoir: Caroline Parmelin est professeure d'allemand, née à Zurich, et a déménagé en Suisse romande avec sa famille durant son enfance.
Pendant la semaine, elle passe généralement quelques jours avec son mari à Berne, où le couple a loué un appartement. Le vendredi soir, ils rentrent en général ensemble à Bursins (VD). Comparé à d'autres pays, elle estime avoir la chance, en tant qu'épouse d'un conseiller fédéral, de pouvoir mener une vie relativement privée, déclarait un jour Caroline Parmelin à la «Schweizer Illustrierte».
Ces mots ont même fait la une du «New York Times». Avant son élection au Conseil fédéral, Parmelin avait attiré l'attention internationale avec sa phrase hésitante: «I can English understand, but I prefer respond in French», suscitant moqueries et commentaires. A l'époque, ses connaissances en anglais étaient jugées modestes.
Aujourd'hui, il maîtrise bien la langue. Lors du dernier Forum économique mondial, Parmelin expliquait qu'il en avait régulièrement besoin et qu'il suivait des cours ciblés. Il y discute notamment d'articles tirés du «Wall Street Journal».
Parmelin est viticulteur de formation. Le domaine viticole familial de Bursins est aujourd'hui exploité par son frère Christophe. A la maison, la famille boit «en réalité assez peu de vin», confiait récemment Parmelin à la «SonntagsZeitung». «En général, nous n'ouvrons une bonne bouteille que le dimanche, avec mon père, ma belle-mère et ma femme.»
En semaine, il se contente d'eau, sauf lorsqu'il reçoit des invités. Parmelin est toutefois réputé pour être un épicurien. Il a ainsi confié au «GaultMillau» l'adresse de son restaurant favori: la Table des Suter, à Lucens (VD).
Les bandes dessinées figurent parmi les lectures favorites de Parmelin. Il en possède une belle collection. Il affectionne tout particulièrement les westerns, comme Lucky Luke. Astérix a aussi sa préférence: Astérix chez les Suisses le fait régulièrement rire.
Parmelin entretient une passion de collectionneur peu commune. Semaine après semaine, il photographie avec son téléphone les bouquets de fleurs disposés dans la salle du Conseil fédéral, un lieu fermé au public. Pourquoi? Parce qu'il les trouve «tellement beaux» et souhaite rendre hommage au travail des fleuristes. Il ne sait pas encore ce qu'il adviendra de ces images, mais imagine «peut-être un livre de photos».
De quels instruments jouent les conseillers fédéraux? La question reste souvent sans réponse, sauf lorsqu'une pianiste de concert comme Simonetta Sommaruga siégeait au gouvernement. Etudiant à Genève, Parmelin était un musicien passionné: «J'ai toujours ma guitare, mais je ne joue plus que rarement en public», confiait-il un jour à Blick.
Pour se détendre, il apprécie aussi les concerts de musique classique. Avant son élection, il déclarait à l'«Aargauer Zeitung»: «J'adore la musique classique. Beethoven et Mozart sont mes compositeurs préférés.» Lui et son épouse possédaient alors un abonnement à l'Orchestre de chambre de Lausanne: «Nous n'y manquons pas les concerts.»
Il l'appelle lui-même le «dos Parmelin». Guy Parmelin souffre de maux de dos, comme son père, son grand-père et son arrière-grand-père. Il lui arrive d'avoir du mal à sortir de la voiture. Il ne prend pas de médicaments, confiait-il à la «SonntagsZeitung». Parfois, son dos devient «presque un trop gros problème». Plus il marche, mieux il se porte, mais il passe malheureusement beaucoup de temps assis à son bureau.
La mode peut se montrer impitoyable. Durant ses loisirs, Guy Parmelin ne semble pas accorder une grande importance à une allure pointue, privilégiant avant tout le côté pratique. Lors de déplacements officiels, ses pantalons courts, son étui de téléphone accroché à la ceinture ou encore son chapeau safari pliable ont souvent suscité des commentaires.
Il assume toutefois ses fautes de goût avec une telle décontraction qu'elles en sont devenues presque cultes. «Lors des excursions du Conseil fédéral, l'important pour moi est de me sentir à l'aise. Je continuerai à porter ce chapeau. On peut le plier et le glisser dans une poche», expliquait-il à la «SonntagsZeitung». Son sens de l'humour trahit aussi une absence totale de vanité: il sait se regarder, et se critiquer, avec autodérision.
En Suisse alémanique, Guy Parmelin était quasiment inconnu lorsqu'il s'est porté candidat au Conseil fédéral. Il ne figurait pas dans le radar de nombreux observateurs politiques et peu lui accordaient de réelles chances.
Avec le recul, beaucoup reconnaissent qu'il a souvent été sous-estimé et qu'il a atteint ses objectifs de carrière discrètement, sans faire de vagues. Travailleur réservé mais énergique, il est généralement le premier arrivé au Palais fédéral et ouvre son bureau avant 6h. Le sommet de sa carrière jusqu'ici: sa première présidence de la Confédération en 2021, lorsqu'il a accueilli à Genève le président américain Joe Biden et le dirigeant russe Vladimir Poutine.
Guy Parmelin est réputé pour sa modestie, y compris dans le choix de ses voitures. Durant des années, il a conduit une Mazda 6 rouge. Lorsqu'il est devenu conseiller fédéral et a eu droit à une voiture de fonction privée, la Confédération a racheté le véhicule comme occasion, réalisant ainsi des économies.
En 2025, Parmelin a eu droit à une nouvelle voiture financée par l'Etat. Alors que d'autres conseillers fédéraux, comme Ignazio Cassis ou Doris Leuthard, ont opté pour des BMW, il est resté fidèle à Mazda. Il a toutefois choisi un modèle encore plus compact: la Mazda 3.