Climat tendu et surcharge
Pourquoi autant d'élus vaudois jettent l'éponge avant la fin de leur mandat?

Dans le canton de Vaud, 346 membres d’exécutifs communaux ont démissionné entre 2021 et 2025, soit 22% des sièges. Une étude de Statistique Vaud pointe surtout le climat de travail, la charge du mandat et la conciliation avec la vie privée.
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Le rapport relève un décalage entre le taux d'activité officiel et la charge de travail réelle.
Photo: Digital Vision

En bref

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  • Entre 2021 et 2025, 346 municipaux vaudois ont démissionné, soit 22% des sièges, touchant près de deux communes sur trois
  • Selon Statistique Vaud, les départs s’expliquent surtout par le climat de travail, la charge, la rémunération et l’équilibre familial
  • L’étude évoque plus de soutien administratif, de reconnaissance et d’accompagnement pour renforcer durablement le système de milice
Toan Izaguirre - Journaliste Blick
Toan IzaguirreJournaliste Blick

Le chiffre donne le vertige. Entre 2021 et 2025, 346 membres d'exécutifs communaux vaudois ont quitté leur fonction, soit 22% des sièges. Comment expliquer une telle hécatombe? Dans une étude publiée ce jeudi, Statistique Vaud avance plusieurs facteurs: le climat de travail, les contraintes institutionnelles ou encore la difficulté à concilier le mandat avec la vie professionnelle et familiale.

Le phénomène touche une large partie du canton. Près de deux communes sur trois ont connu au moins un départ prématuré au cours de la dernière législature (2021-2026). Il est particulièrement marqué dans les petites communes, où la charge de travail peut s'avérer plus lourde faute d'une administration étoffée. Ces difficultés se font d'ailleurs sentir dès les élections. En amont du scrutin de mars 2026, 39 communes manquaient de candidats, et certaines n'en comptaient tout simplement aucun.

Basée sur 217 réponses, l'étude met en évidence plusieurs motifs de démission, qui se résument rarement à une seule cause. Le mauvais climat de travail au sein de la municipalité arrive en tête, évoqué par 20% des répondants. Il recouvre des réalités variées: tensions interpersonnelles, manque de collégialité, styles de management inadaptés ou sentiment d'exclusion.

Parmi les répondants de l'étude, 46% jugent la charge de travail trop importante et 37% estiment leur rémunération insuffisante. Sur ce dernier point, une enquête du quotidien «Le Temps» publiée en mars 2026 révélait que le salaire annuel des membres des exécutifs communaux vaudois varie de 20'000 à 270'000 francs, selon la taille de la commune. Nos confrères relevaient que, dans les petites communes, la fonction de milice reste sous-payée, tandis que les grandes villes tendent vers la professionnalisation, avec des administrations mieux dotées.

Les jeunes élus sont les plus critiques

Autre enseignement de l'étude, la difficulté à concilier fonction politique et vie familiale, citée par près de trois répondants sur dix (29%). Sans surprise, ce point est surtout soulevé par les plus jeunes. Deux tiers des moins de 40 ans déclarent y être confrontés, alors que la question devient marginale chez les 60 ans et plus.

Un peu de positif

Enfin, malgré leur démission, 63% des personnes interrogées se disent «satisfaites» de l'organisation de leur municipalité, et un peu plus de 20% s'en déclarent même «totalement satisfaites». Plusieurs ex-élus jugent leur fonction «enrichissante et porteuse de sens» et se réjouissent d'avoir pu agir concrètement pour leur commune.

Comment, dès lors, enrayer ces départs? L'étude avance plusieurs pistes, le soutien administratif, la reconnaissance de la fonction, l'accompagnement des élues et élus, ou encore le fonctionnement interne des municipalités. «Plus largement, ces résultats ouvrent une réflexion sur l'évolution du système de milice et les conditions nécessaires pour soutenir durablement l'engagement communal», concluent ses auteurs.

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