Pas une once d'ombre au Flon
A Lausanne, l'absence de végétation à l'arrivée du tram échauffe les esprits

Le «désert minéral» de l'arrivée du futur tram lausannois au Flon frappe par l'absence de végétalisation. Les Vert'libéraux lausannois lancent une pétition, les canicules seront au coeur de la rentrée politique vaudoise.
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L'arrivée du tram à Lausanne-Flon se fait dans une cuvette de béton, avec des températures au sol alarmantes.
Photo: Camille Bertholet/Blick

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Le manque de végétalisation à l'arrivée du nouveau tram au Flon pourrait animer la rentrée politique lausannoise. Les Vert'libéraux lancent une pétition, la gauche prépare des interventions sur la canicule.
  • Selon les Transports publics lausannois, des impératifs techniques et sécuritaires empêchent de planter des arbres en pleine terre le long du tronçon ou d'imaginer un gazon au niveau des rails.
  • Les Vert'libéraux signalent que la température au sol dépasse les 45°C sur le tracé et dénoncent une exclusion des groupes vulnérables. Ils espèrent que le projet, à un stade avancé, aura droit à des aménagements de dernière minute.
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Léo MichoudJournaliste Blick

Le manque de végétalisation sur le parcours du nouveau tram, en particulier sur son tronçon d’arrivée au Flon, est un peu le tube de l’été à Lausanne. De quoi en faire la porte d’entrée pour que la canicule soit le sujet phare de la politique vaudoise à la rentrée?

C’est l’objectif des Vert’libéraux lausannois, qui annoncent le lancement, ce jeudi 13 août, d’une pétition – contre «la fournaise» du Flon et pour un «parcours de fraîcheur» d’un bout à l’autre du tracé du tram. La conseillère communale vert’libérale Virginie Cavalli estime que cette pétition «fait écho» à leur action au niveau fédéral.

Adapter Lausanne aux canicules

En effet, le parti centriste demande «un débat urgent sur la canicule lors de la session d’automne du Parlement». Pour la candidate à l’élection 2027 au Conseil d’Etat, «au niveau local, la question est de savoir comment on adapte nos villes» pour «se préparer aux étés à venir».

Comme Blick, les Vert’libéraux ont constaté que la température au sol dépasse les 45 °C le long des voies et qualifient de «micro-ondes» les arrêts actuels. Ils demandent des aménagements. «C’est une question d’usage quotidien, juge la politicienne. Il serait inacceptable que des personnes à risque, seniors et enfants, soient de facto exclues de ce tram à certaines heures de la journée, trois mois de l’année.»

Du côté de la gauche lausannoise, Vert-e-s et socialistes rappellent que la végétalisation fait déjà partie de leur programme et de leurs dépôts précédents. Notamment via la défense du Plan Canopée, qui vise à ajouter plus d’arbres en milieu urbain. Des postulats et interpellations urgentes pourraient bien être lancés dès la fin août, aussi bien au Conseil communal de Lausanne qu'au Grand Conseil vaudois.

Arbres en pleine terre? Impossible

Ce «désert minéral» au bout de la rue de Genève a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, comme le relevait «24 heures» le 5 août dernier. Les Transports publics lausannois ont expliqué au quotidien vaudois les raisons derrière ce manque de verdure, argumentant qu’il est prévu de créer un parc verdoyant sur la place de l’Europe.

Pour ce qui est de planter des arbres en pleine terre le long du tram, c’est irréalisable car «les réseaux souterrains sont très denses dans ce secteur», détaille Eva Gaspar Alves, communicante des TL. Conduites d’eau en tous genres, électricité, fibre optique, gaz et chauffage à distance et autres câblages se frayent un chemin au sous-sol.

Photo: Transports publics lausannois

Le gazon, question de sécurité

Quid du gazon sur la zone des rails du tram, comme c’est déjà le cas sur certains secteurs du T1 lausannois? Inenvisageable à cet endroit pour une question de sécurité routière, arguent les TL. En effet, le tram est entre deux les deux voies dédiées aux voitures, et en cas d’embouteillages ou de nécessité, les véhicules d’urgence doivent pouvoir se rabattre sur les rails du tram pour avancer.

De l’autre côté du Léman, la Ville de Genève et les TPG sont justement en train de finir d’installer des «surfaces perméables et végétalisées», de type sédum, à la Rue de Carouge, sur un secteur du tram qui n’en comprenait pas. Ceci afin d’atteindre leur objectif de «diminuer les îlots de chaleur».

Les Transports publics genevois indiquent qu’une «piste multifonctionnelle» à côté de la zone végétalisée permettra à la police et aux ambulances d’intervenir. Une exception: les pompiers pourront traverser le sédum en cas d’urgence dans la rue.

Des solutions alternatives?

Gazon végétalisé et traversable en voiture, pots à arbres, façades végétalisées: pour les politiciens contactés, des solutions alternatives existent malgré les difficultés techniques évoquées par les TL. «Avec ce chantier, on a vraiment l’occasion de végétaliser une partie de Lausanne qui ne l’est pas, argumente la vert’libérale Virginie Cavalli. On nous rétorque que le projet est prévu depuis 15 ou 20 ans. Mais entre-temps, il était envisageable de réaliser des adaptations en fonction de l’évolution frappante du climat.»

Alors, cette pétition n'est-elle qu'un coup dans l’eau? «La pétition a l’avantage de mettre davantage de pression sur le Conseil d’Etat, contre Virginie Cavalli. Au final, c’est au niveau du canton que pas mal de choses se décideront.» En effet, le projet entre les mains des transports publics lausannois est principalement financé par l’Etat de Vaud.

Ni arbres, ni gazon? La réponse des TL

Contacté par Blick, le service de communication des TL indique que «la question de la végétalisation a été examinée partout où elle était techniquement réalisable». Mais pour ce qui est du secteur Port-Franc/Flon, «les études ont toutefois confirmé que l'engazonnement ou la végétalisation de la plateforme n'étaient pas compatibles avec les contraintes spécifiques du site».

La raison avancée? La «forte densité d'usages et de déplacements», entre les piétons, les cyclistes, l’accès aux différents services et la nécessité de pouvoir traverser la route sur une grande partie du tracé. «Contrairement à d'autres secteurs de la ligne, les piétons peuvent franchir la plateforme pratiquement sur toute sa longueur, détaille la communication des TL. Des surfaces végétalisées seraient particulièrement vulnérables au piétinement intensif et ne permettraient pas de garantir durablement les conditions d'exploitation et de sécurité attendues.»

Et concernant la possibilité de planter des arbres et les solutions alternatives à la pleine terre sur ces stations du tram? Les TL avancent que l’idée est de garantir aussi bien la sécurité d’un lieu à forte fréquentation que son accessibilité: «L’implantation d'arbres, y compris en pots, n'a pas été retenue entre les stations Port-Franc et Lausanne-Flon en raison des contraintes d'espace en surface, mais également des contraintes présentes dans le sous-sol et des équipements nécessaires à l'exploitation du tram.»

Peu de marge de manoeuvre à ce stade

Les TL estiment qu’à ce stade, la marge de manoeuvre pour réaliser des aménagements supplémentaires en termes de végétalisation est «très limitée». Et pas seulement pour des questions d’avancement du projet ou de procédures d’approbation. «Tout au long de la phase d'exécution, les possibilités d'améliorer le projet en matière de végétalisation ont été réévaluées de manière systématique, indique l’entreprise de transports. Chaque fois qu'il a été possible de préserver un arbre, d'en maintenir un ou d'en planter de nouveaux, ces options ont été étudiées et mises en œuvre lorsque les conditions le permettaient.»

Ainsi, les TL assurent que cette démarche «a permis d'aboutir à un résultat plus favorable que celui prévu lors de l'approbation du projet en 2016, avec un bilan arboré positif». Dans ce secteur, «les contraintes qui avaient conduit à renoncer à des aménagements végétalisés demeurent aujourd'hui inchangées», constatent les TL. Ce ne seraient donc «pas des choix de principe qui ont conduit à renoncer à la végétalisation de ce secteur, mais bien un ensemble de contraintes concrètes liées à l'espace disponible, aux différents flux (piétons, cyclistes, etc.) et aux infrastructures présentes».

Contacté par Blick, le service de communication des TL indique que «la question de la végétalisation a été examinée partout où elle était techniquement réalisable». Mais pour ce qui est du secteur Port-Franc/Flon, «les études ont toutefois confirmé que l'engazonnement ou la végétalisation de la plateforme n'étaient pas compatibles avec les contraintes spécifiques du site».

La raison avancée? La «forte densité d'usages et de déplacements», entre les piétons, les cyclistes, l’accès aux différents services et la nécessité de pouvoir traverser la route sur une grande partie du tracé. «Contrairement à d'autres secteurs de la ligne, les piétons peuvent franchir la plateforme pratiquement sur toute sa longueur, détaille la communication des TL. Des surfaces végétalisées seraient particulièrement vulnérables au piétinement intensif et ne permettraient pas de garantir durablement les conditions d'exploitation et de sécurité attendues.»

Et concernant la possibilité de planter des arbres et les solutions alternatives à la pleine terre sur ces stations du tram? Les TL avancent que l’idée est de garantir aussi bien la sécurité d’un lieu à forte fréquentation que son accessibilité: «L’implantation d'arbres, y compris en pots, n'a pas été retenue entre les stations Port-Franc et Lausanne-Flon en raison des contraintes d'espace en surface, mais également des contraintes présentes dans le sous-sol et des équipements nécessaires à l'exploitation du tram.»

Peu de marge de manoeuvre à ce stade

Les TL estiment qu’à ce stade, la marge de manoeuvre pour réaliser des aménagements supplémentaires en termes de végétalisation est «très limitée». Et pas seulement pour des questions d’avancement du projet ou de procédures d’approbation. «Tout au long de la phase d'exécution, les possibilités d'améliorer le projet en matière de végétalisation ont été réévaluées de manière systématique, indique l’entreprise de transports. Chaque fois qu'il a été possible de préserver un arbre, d'en maintenir un ou d'en planter de nouveaux, ces options ont été étudiées et mises en œuvre lorsque les conditions le permettaient.»

Ainsi, les TL assurent que cette démarche «a permis d'aboutir à un résultat plus favorable que celui prévu lors de l'approbation du projet en 2016, avec un bilan arboré positif». Dans ce secteur, «les contraintes qui avaient conduit à renoncer à des aménagements végétalisés demeurent aujourd'hui inchangées», constatent les TL. Ce ne seraient donc «pas des choix de principe qui ont conduit à renoncer à la végétalisation de ce secteur, mais bien un ensemble de contraintes concrètes liées à l'espace disponible, aux différents flux (piétons, cyclistes, etc.) et aux infrastructures présentes».

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