Brûlant, l'été 2026 semble avoir été marqué par un nombre impressionnant d'incendies, en Suisse romande. Après le Jardin anglais de Genève, début juin, et l'Avenue lausannoise de la Harpe, début août, on retient évidemment le spectaculaire panache de fumée sombre qui s'est élevé au-dessus d'Ecublens (VD), le 28 août, lorsque les flammes ont dévoré le site de recyclage de Thévenaz-Leduc. Plus récemment, 250 bovins ont malheureusement péri dans une ferme embrasée, à Palézieux (VD).
Pour la plupart de ces incidents, les causes restent largement inconnues, alors que des enquêtes sont encore en cours. Dans le cas de Thévenaz-Leduc, la piste d'une batterie au lithium est toujours privilégiée, tandis que le sinistre de Palézieux reste, pour l'heure, totalement inexpliqué. La sécheresse d'un été record, rendant la végétation plus inflammable, a-t-elle pu aggraver la situation?
609 interventions, entre juin et août
«Bien que l’été 2026 ait été marqué par des incendies marquants, nous ne relevons pas une augmentation extraordinaire des incendies dans le canton de Vaud», analyse un porte-parole de l'Etablissement cantonal d'assurance (ECA).
Les interventions des sapeurs-pompiers vaudois ont toutefois connu une hausse, cet été: pour la même période (du 1er juin au 31 août), un total de 609 interventions ont été menées en 2026, contre 484 interventions en 2025, 361 en 2024, 493 en 2023 et 554 en 2022. De leur côté, les inondations se sont avérées moins fréquentes que d'habitude: l'été 2026 en a enregistré 328, contre 526 en 2025 et 1110 en 2024.
«Globalement, nous remarquons que le type d’interventions varie sensiblement d’une année à l’autre, en fonction des conditions météorologiques, poursuit notre intervenant. Les périodes marquées par la canicule et la sécheresse entraînent généralement une augmentation des feux, tandis que les années caractérisées par des événements météorologiques importants génèrent davantage d’interventions liées aux inondations et aux éléments naturels. A titre d’exemple, l’année 2026 a été marquée par les incendies, alors que 2024 l’avait davantage été par les événements météorologiques.»
Les feux de casserole restent la cause la plus courante
Reste à savoir si la sécheresse est, ne serait-ce qu'en partie, responsable de cette augmentation. Tout dépend du type d'incendie, pointe le porte-parole. «De manière générale, nous n’observons pas de lien de causalité direct entre les périodes de sécheresse et les incendies qui prennent naissance à l’intérieur d’habitations ou de bâtiments. Une casserole laissée sans surveillance ou une cigarette allumée au lit n’a aucun lien avec une période de sécheresse, par exemple. En revanche, le lien entre les périodes de sécheresse et les feux d’extérieur ou de végétation est avéré.»
Pour résumer, durant l'été 2026, les sapeurs-pompiers ont été sollicités pour de nombreux feux d'espaces naturels, des incendies impliquant des installations photovoltaïques, sans oublier les sinistres survenus dans les centre de tri. «A cela s’ajoutent naturellement les interventions courantes, notamment les incendies dans le bâti ainsi que, par exemple, les feux de véhicules», ajoute le porte-parole. A noter que les feux de casseroles et les causes électriques arrivent en tête de la liste, si l'on exclut les causes encore inconnues, ainsi que la foudre. La pyromanie n'est pas directement citée dans la liste.
Comment éviter les incendies chez soi?
Puisqu'une période de sécheresse augmente largement le risque d'incendie, les réflexes de prévention s'avèrent d'autant plus importants. L'ECA conseille ainsi de surveiller en permanence les appareils enclenchés et les flammes ouvertes, dont les plaques de cuisson, les bougies, les cigarettes ou les braises.
Il s'agit également de contrôler régulièrement ses installations électriques, sans surcharger les multiprises, et d'utiliser uniquement le chargeur d'origine pour recharger les appareils dotés de batteries lithium-ion, comme les troniettes électriques, les téléphones portables ou les tablettes. Ce type d'appareil ne doit jamais être rechargé sur une surface combustible, comme un lit ou un canapé. Les batteries défectueuses doivent être remplacées et immédiatement triées.