Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) traversent une nouvelle crise. Des propos racistes tenus par des cadres du Département de réadaptation et gériatrie (DRG) ont été dénoncés par une responsable des soins et plusieurs collaborateurs. Un audit externe a confirmé l’existence de ces propos, sans qu’aucune sanction disciplinaire ne soit prononcée.
La cadre à l’origine de l’alerte et ayant subi du racisme a depuis été mise à l’écart, affectée à un autre département. Une situation qui suscite l’incompréhension d’une partie du personnel. Un sit-in est prévu le 10 février devant les bureaux du conseiller d’Etat en charge de la Santé, Pierre Maudet. Une lettre cosignée par près de 200 collaborateurs lui a déjà été adressée afin de demander la réintégration de la responsable.
Contacté par Blick, le conseiller d’Etat ne s’était jusqu’ici pas exprimé publiquement sur ce dossier. Il a accepté de répondre à nos questions.
Pierre Maudet, avez-vous suivi cette affaire de près et quel est votre regard sur la situation?
Oui, cette situation est suivie avec attention. Les faits rapportés sont graves et heurtent profondément les valeurs du service public. Toute forme de propos racistes est inacceptable et doit être traitée avec le plus grand sérieux. Il est également essentiel que l’analyse des situations complexes se fasse avec rigueur, équité et proportionnalité.
En tant que conseiller d’Etat en charge de la Santé, de quels leviers disposez-vous dans ce dossier et envisagez-vous des démarches particulières, au vu de l’ampleur que prend cette affaire?
En tant qu’autorité de tutelle, je n’interviens pas dans la gestion opérationnelle ou disciplinaire des situations individuelles, qui relève de la responsabilité de la direction des HUG. En revanche, mon rôle est de m’assurer que les HUG disposent de procédures claires et qu’elles soient appliquées de manière impartiale. Des échanges ont eu lieu avec la direction dans ce sens.
Faites-vous pleinement confiance aux HUG pour assurer une gestion équitable et appropriée de ce dossier?
Oui, j'attends néanmoins que les mesures aboutissent concrètement et n'aient pas uniquement vocation à être des effets d'annonces. Il faut que les collaborateurs aient confiance en l'institution pour laquelle ils travaillent et se sentent protégés.
Vous paraît-il normal qu’aucune sanction disciplinaire n’ait été prise à l’encontre des cadres ayant tenu des propos racistes?
Tout d'abord, je tiens à préciser qu'il faut faire très attention au respect des procédures. Cela passe par l'enquête, l'interview des personnes concernées et la récolte de preuves. L'institution a le devoir de répondre fermement à toute forme de discrimination, mais elle doit le faire en respectant les principes du droit.
Comment analysez-vous le transfert de la cadre concernée au nom de la «protection de son intégrité», alors que celle-ci souhaite réintégrer le DRG?
La protection de l’intégrité d’une collaboratrice ou d’un collaborateur est l’objectif prioritaire. Il appartient à l’institution de trouver des solutions qui protègent réellement les personnes concernées, sans donner le sentiment que la charge des conséquences repose sur la victime.
Enfin, quel est votre point de vue sur le fait que l’audit externe, initialement mandaté pour examiner les propos racistes au sein du département, se soit finalement retourné contre la cadre?
Sur le détail du cas présent, je ne peux pas répondre à la place des HUG. Mais les choses sont claires: un audit externe doit avant tout contribuer à établir les faits, à objectiver les dysfonctionnements, à améliorer les pratiques et à prendre des mesures proportionnées pour le bien-être des collaborateurs. Les procédures d'alerte de l'institution doivent être suffisamment solides pour ne pas dissuader les personnes qui signalent des comportements inacceptables.