Les communes vont trinquer
Genève serre la vis: l'Etat vise 248 millions d'économies en 2027

Genève reste dans le rouge: le budget 2027 affiche 546,2 millions de déficit. Pour freiner la dérive, le gouvernement prévoit 247,7 millions d’économies et veut solliciter les communes pour financer la péréquation cantonale.
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Ce jeudi, face à la presse, le Conseil d’Etat genevois a annoncé son budget 2027, qui prévoit un déficit de 546,2 millions de francs.
Photo: Keystone
Toan Izaguirre - Journaliste Blick
Toan IzaguirreJournaliste Blick

C'est encore pire que l'année passée. Le projet de budget 2027, présenté ce jeudi, affiche un déficit net de 546,2 millions de francs. Ce qui était surtout très attendu, c'était le plan d'économies qui l'accompagne. En bref, ce sont 247,7 millions qui ne seront pas dépensés l'année prochaine, dont 57,4 millions sont liés à la mise en œuvre de mesures d'économie du rapport d'experts «ECOGE».

Nous sommes face à une «dégradation alarmante et durable des finances», a rappelé Delphine Bachmann, cheffe du Département de l'économie et de l'emploi. En 2027, les charges augmenteront de 415,2 millions par rapport à 2026 (+3,7%) pour atteindre 11,6 milliards. De leur côté, les recettes progressent de 551,6 millions (+5,2%) pour un total de 11,1 milliards. «La croissance des charges est telle que même une progression très forte des revenus ne suffit plus aujourd'hui», regrette le gouvernement.

Un «changement de cap» nécessaire

La présidente du Conseil d'Etat, Anne Hiltpold, a insisté sur le fait que les finances du canton doivent entamer un «changement de cap dont ce projet de budget constitue une première étape». A la veille de cette présentation, la fonction publique craignait de devoir payer les pots cassés. Et ce matin, face à l'Hôtel de Ville où se tenait la conférence de presse, quelques membres du parti de gauche solidaritéS distribuaient des flyers de leur «contre-budget 2027», présenté deux jours plus tôt. Le gouvernement semble avoir entendu la grogne et fait un pas en direction de la fonction publique: l'annuité sera par exemple attribuée après avoir été suspendue en 2026.

Mais l'Etat devra surtout se montrer économe. Pour y parvenir, il compte faire participer les communes à la péréquation cantonale à hauteur de 134,1 millions. Ce mécanisme de financement est lié à un projet de loi qui doit toutefois recevoir l'aval du Grand Conseil. Ce transfert de charge aux communes représente environ 70,5% des 190 millions de francs de mesures d'économies du Conseil d'Etat, pourtant ce point est loin d'être garanti.

Quelles pistes d'économie retenues?

Parmi près de 77 propositions du groupe d'experts qui a rédigé le rapport ECOGE, Un budget certes pas «tres enstoushaitement» 37 ont été acceptées, dont 24 adoptées directement et 13 légèrement modifiées. 15 restent à l'étude. Le reste est rejeté. Quinze mesures entreront en vigueur dès 2027 et permettront une diminution des charges de 53,8 millions et une augmentation des revenus de 3,7 millions. Ces mesures sont indispensables, a insisté Nathalie Fontanet, cheffe du Département des finances: «Sans changement de trajectoire, la marge de manœuvre du canton se limitera à l'avenir».

Plus largement, les mesures d'économie liées au rapport ECOGE devraient alléger le déficit d'environ 190 millions jusqu'à 2030. En plus d'une diminution des charges de 174 millions, une augmentation de revenus de 16 millions est calculée.

L'Etat va limiter ses dépenses à certaines priorités

Les hausses des dépenses seront limitées à six priorités qu'il s'est fixées, parmi celles-ci: la souffrance mentale des jeunes, le soutien aux personnes vulnérables, la police et les prisons, la formation et l'éducation, les transports publics et enfin le numérique. Ces priorités conduisent à une augmentation réelle des postes de 0,6% (+108,1 ETP).

Quelles suites?

L'an dernier, le gouvernement n'avait pas réussi à faire voter son budget à deux reprises, et l'Etat fonctionnait donc sous le régime des douzièmes provisoires, c'est-à-dire que l'Etat peut dépenser environ 1/12 du budget de l'année précédente, plutôt que de fonctionner avec le nouveau budget. Se dirige-t-on vers une nouvelle année sans budget? Impossible, selon le gouvernement, qui appelle le parlement à se responsabiliser.

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