L'incendie du site de l'entreprise Thévenaz-Leduc à Ecublens (VD) est «stabilisé», mais il faudra encore «plusieurs heures» pour l'éteindre. Le sinistre est parti «vraisemblablement» d'une carcasse de voiture, mais les causes exactes ne sont pas encore établies.
Le tronçon autoroutier entre Ecublens et Morges-Ouest, fermé durant plusieurs heures, a pu être partiellement remis en circulation à la mi-journée. «La voie en direction de Genève est entièrement rouverte. Celle en direction de Lausanne est partiellement rouverte. Actuellement, deux des trois voies sont fonctionnelles», a indiqué à Keystone-ATS David Guisolan chef de la communication de la police cantonale.
Selon le colonel Florian Cuche, inspecteur cantonal défense incendie à l'Etablissement cantonal d'assurance (ECA), l'incendie, qui s'est déclaré vendredi avant 19h00 à l'intérieur de l'entrepôt de l'entreprise de recyclage de métaux et de déchets industriels, était «intense», «complexe» et «difficile d'accès». Le feu a pris sur des déchets, des véhicules dépollués, des matériaux métalliques, des plastiques et des mousses. Avec un risque de propagation à une voiture.
Moyens considérables engagés
D'importants moyens ont été engagés. Plus de 200 personnes et une cinquantaine de véhicules ont été activés. Outre plusieurs tonnes-pompes, des moyens hydrauliques de grande puissance ou encore un drone, il a fallu aussi recourir au train d'extinction des CFF et au «bison» du site chimique de Monthey (VS).
A ce stade, «les causes et les circonstances ne sont pas connues», explique le lieutenant-colonel David Guisolan de la communication de la police cantonale. Mais, «en toute vraisemblance», l'incendie a été alimenté par une carcasse de voiture, a-t-il dit.
Les soupçons se portent souvent dans ces cas sur les batteries au lithium, selon le colonel Cuche. Et ce type de sites est très exposé aux incendies. Celui de Thévenaz-Leduc avait subi un sinistre il y a 12 ans déjà.
Activités physiques à éviter
Côté santé, aucune incommodation n'est remontée jusqu'à présent jusqu'au médecin cantonal Thierry Fumeaux. Les stations fixes de Pully (VD) et de Lausanne ont mesuré des niveaux de particules fines (pm2.5) «particulièrement élevés», a-t-il dit.
Faisant valoir «le principe de précaution», il recommande toujours d'éviter les activités physiques dans le «Grand Lausanne», de même que les sorties inutiles, ajoutant que le dispositif pourrait être révisé dans les prochaines heures.
Le triathlon de Lausanne a annulé sa session de samedi. Il est préconisé de porter un masque FFP2 à l'extérieur. A Ecublens, la fumée noire a fait place à une fumée grise légère. Les lances à eau tournaient toujours à plein régime.
Le propriétaire du site dévasté
Damien Balmelli, dont la famille est propriétaire du site de Thévenaz-Leduc depuis trois générations, ne cachait pas son émotion. «C'est une grosse fatigue» et «une grosse déception» pour les désagréments provoqués pour la population et pour les secours, admet-il. «Nous sommes navrés pour tout le monde», ajoute-t-il.
«Notre travail est de faire mieux pour l'écologie» et «il vous semble juste que vous avez fait tout faux» quand ce type de sinistre arrive, dit-il encore. L'impact est encore difficile à évaluer. «On ne sait pas encore si le bâtiment est récupérable«, insiste Damien Balmelli. Mais la machine à broyer des déchets peut tourner. Ce qui permet aussi de faciliter le travail des pompiers parce que les déchets qui en sortent ne sont plus incandescents, ajoute également le propriétaire du site.