Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- Le numéro de la helpline pour les familles, victimes et témoins: 0848 112 117
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 40 morts, 116 blessés dont 71 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
- Une instruction pénale a été ouverte le 2 janvier au soir à l’encontre les deux gérants du bar. Ceux-ci sont prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence.
Les 40 victimes, dont 20 mineurs, ont été formellement identifiées et rendues à leur famille. De même que les 116 blessés.
La commune de Crans-Montana admet ce mardi 6 janvier «un manquement» dans les contrôles de sécurité de cet établissement.
Un avocat des familles veut porter plainte au civil contre la Commune de Crans-Montana
L'avocat genevois Romain Jordan représente plus de vingt familles de victimes. Selon la SRF, il entend désormais déposer une action en responsabilité civile contre la Commune de Crans-Montana.
«Nous avons déjà entamé les démarches pour engager une action en responsabilité civile contre l'Etat. Nous préparerons une plainte au civil et évaluerons le montant des dommages en temps voulu», a confirmé Jordan lors d'une interview télévisée.
Il suppose que la Commune devra prendre en charge une grande partie des coûts engendrés par l'incendie du bar. Pour lui, la responsabilité de la Commune est indéniable.
Mais quel est le montant du coût? «Le total des frais et dommages s’élèvera à plusieurs centaines de millions de francs suisses», a déclaré à SRF Martin Hablützel, avocat spécialisé en responsabilité civile et en droit des assurances. Il a notamment cité les frais médicaux et de réadaptation, les coûts liés aux soins infirmiers et à l’aide à domicile, ainsi que l’indemnisation du préjudice moral.
Aujourd'hui dans le coma, le chef de bar dénonçait «beaucoup de manquements»
Gaëtan, 28 ans, était le chef de bar du «Constellation» depuis le 1er décembre dernier. Gravement brûlé la nuit de la Saint-Sylvestre, ce jeune Français se trouvait encore dans le coma en début de semaine. Après un bref passage au CHUV, il a finalement été pris en charge dans un hôpital de la région parisienne.
Dans un témoignage diffusé sur BFMTV, le père de Gaëtan a affirmé que son fils comptait démissionner une fois le Nouvel-An passé: «Il m'a dit 'papa je rentre, rien ne va. Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais il y a beaucoup de manquements'.» Le jeune homme faisait apparemment référence à la présence de «très jeunes adolescents».
Gaëtan a été «brûlé sur une bonne partie du corps» et a inhalé des fumées lors de la tragédie, ce qui a par la suite entraîné des «complications pulmonaire», a précisé son père, qui s'est également dit en colère contre les gérants du «Constellation», Jacques et Jessica Moretti.«Mon fils, il avait des patrons. Ils se cachent où? Pas un appel, pas un 'comment va votre enfant'.»
Une cagnotte a été mise en ligne pour aider Gaëtan et sa famille.
Source: BFMTV
Le nombre de blessés de Crans-Montana soignés en Suisse diminue
Le nombre de blessés de l'incendie du bar «Le Constellation» à Crans-Montana soignés en Suisse tend à se réduire légèrement. Ils sont toutefois encore 28 à se trouver en Valais ou dans les hôpitaux universitaires de Genève, Lausanne et de Zurich.
Source: ATS
L'Italie rend hommage aux victimes de l'incendie de Crans-Montana
L'Italie a rendu un hommage national aux victimes de l'incendie de Crans-Montana. Mercredi matin, une minute de silence a été observée dans toutes les écoles du pays, tandis que la ville de Milan a décrété une journée de deuil communal, avec des drapeaux en berne sur les bâtiments publics.
Le ministre de l'éducation Giuseppe Valditara s'est rendu dans un lycée artistique de Milan fréquenté par l'une des victimes, saluant un moment de recueillement marqué par une vive émotion .«Aujourd'hui est un jour de deuil, de proximité avec les parents, les amis des jeunes qui sont morts», a ajouté le ministre. Giuseppe Valditara a également eu une pensée pour tous les blessés et leurs familles, ainsi que pour «les jeunes gens qui ont perdu un ami, quelque chose de dramatique».
Plusieurs cérémonies funéraires se sont tenues dans des lieux emblématiques à Milan, Rome et Bologne, en présence de représentants des autorités locales, régionales et nationales. Six Italiens figurent parmi les 40 personnes qui ont perdu la vie dans l'incendie de Crans-Montana. Douze ressortissants transalpins, dont deux possédant une double nationalité (France/Italie et Italie/Philippines) comptent par ailleurs au nombre des blessés.
Non, aucun journaliste en blouse blanche n'a tenté de s'introduire à l'hôpital ces derniers jours
Une fausse accusation a enflammé les réseaux sociaux après une interview du directeur général de l’Hôpital du Valais, Eric Bonvin, publiée le 4 janvier 2026. Il évoquait des journalistes en blouses blanches tentant d’approcher les victimes du drame de Crans-Montana. Mais l’hôpital a rectifié le tir le 6 janvier: ces faits remontent en réalité à l’accident de Sierre en 2012. «Il n’y a pas eu d’usurpation d’identité ni de comportement déplacé ces derniers jours», précise le communiqué. Un «malentendu» est donc à l'origine de l'histoire des «journalistes en blouses blanches».
Cette confusion, due à une transcription ambiguë, a alimenté un media bashing injustifié. «Les journalistes, pour l'essentiel, travaillent dans un cadre éthique rigoureux», rappelle l'expert Jean-Philippe Ceppi. Pourtant, cette fausse information a terni l’image d’une profession «systématiquement attaquée». Blick souligne que l’Hôpital du Valais a salué le «respect mutuel» entre institution et médias, rétablissant les faits dans un climat tendu après la tragédie du bar «Le Constellation».
La Municipalité lausannoise a rendu hommage aux victimes
La Municipalité de Lausanne s'est recueillie mardi soir in corpore à l'église Saint-François en hommage aux victimes de Crans Montana. Les sept membres de l'Exécutif ont déposé des roses blanches devant un mur des pensées, où ils ont déposé leurs messages. Le lieu accueille également la population.
Dès mardi et jusqu'à jeudi soir, chacune et chacun est bienvenu à l’église Saint-François, dès 8h30, quelle que soit sa confession, sa religion, sa croyance, ont annoncé la Ville de Lausanne et l'association esprit saint.
Outre le lieu de recueillement, une «prière du soir» y est organisée chaque soir, suivie d'un «recueillement laïc». Jeudi dès 19h00, l'animateur Jean-Marc Richard sera notamment présent pour écouter les personnes qui voudraient partager avec lui.
La Cathédrale de Lausanne accueillera elle vendredi une retransmission de l’hommage national. Les places sont cependant limitées. Plusieurs autres paroisses ont décidé d’ouvrir leurs églises pendant la journée et d’offrir un espace pour la prière, le recueillement et le deuil.
Source: ATS
«Le contrôle des matériaux et d'une mousse comme celle-ci fait partie évidemment de la base d'un contrôle», affirme Stéphane Ganzer, qui se dit «plus que choqué»
Le conseiller d'Etat valaisan Stéphane Ganzer s'est dit choqué par les manquements dans les contrôles reconnus mardi par la commune de Crans-Montana.
Questionné dans l'émission Forum de la RTS sur le fait qu'aucune inspection périodique n'ait été effectuée depuis 2019 au bar le Constellation, alors qu'elles étaient censées être annuelles, le conseiller d'Etat en charge de la sécurité, des institutions et du sport s'est dit «plus que choqué et fâché par certaines choses» apprises «sur cette affaire». «Cette absence de contrôle en fait partie. La culture du risque pratiquée dans cet établissement me choque aussi», a-t-il souligné.
«Ces manquements ne doivent pas arriver dans un pays comme le nôtre où les normes sont précises, où la base légale est stricte. Et si l'ensemble des choses sont respectées, on n'a pas 40 morts à la fin», a-t-il ajouté.
Le contrôle de la mousse, «une base»
Alors que la commune s'est défendue en soulignant que le cahier des charges ne prévoit pas explicitement le contrôle des mousses, Stéphane Ganzer relève pour sa part qu'il existe dans l'ordonnance des checklists très complètes et claires. «Le contrôle des matériaux et d'une mousse comme celle-ci fait partie évidemment de la base d'un contrôle effectué dans un établissement.»
Interrogé sur les responsabilités du Canton dans les contrôles, le ministre a souligné que ce dernier intervient en soutien aux communes, lorsque celles-ci en font la demande. «Dans le cadre de ce bar, nous avons été nantis d'une situation, c'était lorsque la véranda a été mise à l'enquête. Nous avions demandé des correctifs qui avaient été faits.» Mais il n’y a pas eu de contrôle mené par le canton, ni de demande de soutien ou de défectuosités signalées, a-t-il précisé.
Source: ATS
Les propriétaires du bar «dévastés» ne se «déroberont pas»
Jacques et Jessica Moretti, les Français propriétaires du bar ravagé par les flammes la nuit du Nouvel An à Crans-Montana, ont assuré mardi qu'ils ne se «déroberaient pas» dans le cadre de l'enquête menée après le drame. Ils se disent dévastés.
«Nous sommes dévastés et envahis par le chagrin», a annoncé le couple de propriétaires du «Constellation» dans un communiqué reçu par l'AFP, assurant qu'ils ne chercheraient «d'aucune façon à (se) dérober».
Dans le communiqué transmis par leurs avocats, le couple a assuré faire «pleinement confiance aux enquêteurs pour faire toute la lumière et dissiper les interrogations». «Soyez certains à cet égard de notre entière collaboration et du fait que nous ne chercherons d'aucune façon à nous dérober», ont-ils assuré.
Dans ce texte, ils ont affirmé être en «pensée constante» pour les victimes, leurs proches, et les blessés et salué le «courage» des forces de l'ordre et sauveteurs.
Source: ATS
Journalistes agressés à Crans-Montana, un ministre italien réagit
Le ministre italien des affaires étrangères Antonio Tajani s'est étonné de l'agression subie lundi par des journalistes de la télévision RAI alors qu'ils tournaient devant un restaurant tenu par les gérants du bar «Le Constellation» qui a pris feu le premier de l'an à Crans-Montana. Il a demandé que les autorités suisses soient sensibilisées sur ce sujet.
«Les journalistes travaillaient pour rendre compte au public italien des suites de la catastrophe qui a coûté la vie à six de nos jeunes et causé de nombreux blessés, dont certains très graves», a écrit celui qui est également vice-premier ministre de l'Italie sur X.
«J'ai demandé à notre ambassade en Suisse de rendre les autorités (helvétiques) attentives à la prudence et à la vigilance sur ce sujet», a-t-il ajouté. Antonio Tajani a également rappelé que «le contexte de cette catastrophe doit nous amener à respecter la douleur de chacun, mais en aucun cas il ne doit permettre des actes de violence ou d'intimidation à l'encontre de la presse».
L'ambassadeur d'Italie en Suisse a indiqué à l'agence de presse transalpine ansa avoir pris contact avec la police cantonale valaisanne «pour lui demander de renforcer sa vigilance afin de protéger la sécurité des médias italiens opérant dans la région». Au niveau suisse, Blick a indiqué lundi que certains de ses journalistes avaient été menacés et insultés dimanche alors qu'ils prenaient des images devant un établissement détenu par le propriétaire du «Constellation».
Catherine Seppey à la tête d'un pool de quatre procureures
Affaire d’une dimension hors du commun, l’incendie du bar «Le Constellation» de Crans-Montana est géré d’une manière exceptionnelle par le Ministère public valaisan. Quatre procureures sont chargées de l’affaire. «Un pool de procureurs composé de quatre femmes a été mis sur pied», révèle mardi après-midi à Keystone-ATS, la procureure générale du canton du Valais, Beatrice Pilloud.
Procureure générale adjointe, Catherine Seppey a pris le lead de la direction de la procédure. «Je garde la partie communications et relations internationales», ajoute Beatrice Pilloud. Deux autres procureures de l’Office central complètent ce quatuor. Toutes seront activement impliquées dans l’enquête en cours.
Ressources financières demandées
En outre, au vu de l’ampleur du drame, Beatrice Pilloud a demandé des ressources supplémentaires, en clair un budget extraordinaire, au Conseil de la magistrature, à la commission de justice du Grand Conseil et au Conseil d’Etat. But de la démarche: engager du personnel supplémentaire. Le montant de la rallonge supplémentaire n’a pas été dévoilé.
Beatrice Pilloud a confirmé sa volonté d'exclure des auditions menées par la police sur délégation du Ministère public, les différents avocats des victimes et leurs familles, a contrario des avocats des prévenus: «Une restriction du droit de participer aux prochaines auditions a été imposée aux parties plaignantes dans un souci de célérité de la procédure, afin d’éviter des divulgations compte tenu du caractère médiatique et afin de préserver l’enquête. Toutefois toutes les parties ont accès à l’intégralité du dossier.» Enfin, la question de savoir si la commune de Crans-Montana peut être partie civile dans cette affaire n'a pas encore été tranchée par le Ministère public. Elle devrait l'être rapidement.
Source: ATS
La Helpline pour la tragédie de Crans-Montana est désactivée
La Helpline (0848 112 117) mise en service le 1er janvier à la suite de l'incendie de Crans-Montana est désormais désactivée. Cette décision a été prise compte tenu du très faible volume d’appels enregistrés ces derniers jours.
Au total, 1300 appels téléphoniques et 280 courriels ont été traités par ce biais en six jours, précise la Police cantonale valaisanne, dans un communiqué diffusé mardi. Depuis son activation, 30 collaborateurs se sont relayés afin d’assurer un fonctionnement continu, 24 heures sur 24.
La Helpline de la Police cantonale valaisanne a été mise en service le 1er janvier 2026 à 4h14. Elle visait à répondre aux appels des familles des victimes et des personnes blessées, tout en permettant la collecte des premiers éléments utiles à l’enquête.
«L’action de la Helpline s’est concentrée sur l’identification et la localisation des personnes signalées comme disparues par leurs proches, ainsi que sur le rétablissement du lien avec leur entourage», rappelle la Police cantonale valaisanne. «La coopération avec les établissements hospitaliers et Fedpol s'est notamment avérée cruciale dans cette démarche.»
Source: ATS
Quelque 3000 messages ont été publiés sur le livre de condoléances en ligne
Environ 3000 messages ont déjà été publiés dans le livre de condoléances en ligne ouvert par la Confédération samedi. Quelque 11'000 autres sont encore en phase de publication.
Politiciens ou anonymes, de Suisse et d'ailleurs, ont laissé quelques mots pour les victimes dans ce recueil numérique, qui comptait trente pages mardi matin. Chaque page comprend environ 100 messages de condoléances, a précisé la Chancellerie fédérale à Keystone-ATS.
«Ils brisent le silence»
Le président de la Confédération Guy Parmelin a notamment présenté ses condoléances au nom du gouvernement suisse, «même si aucun mot ne peut combler le vide laissé par une perte aussi soudaine et aussi brutale.»
Le président du gouvernement valaisan Mathias Reynard a fait de même, soulignant que face à une telle souffrance, «les mots sont parfois le seul moyen d'exprimer sa solidarité et d'offrir un peu de réconfort. Les mots n'effacent pas le chagrin, mais l'apaisent. Ils brisent le silence, expriment l'empathie, offrent une présence.»
Le grand nombre de messages en attente s'explique par le fait qu'ils sont tous vérifiés avant leur publication. Seuls les messages réellement dédiés à la mémoire des victimes et destinés à exprimer la tristesse et la compassion des signataires sont mis en ligne, explique la Chancellerie. Et d'assurer que «la très grande majorité» des messages répond à ce critère.
Source: ATS