Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 40 morts, 116 blessés dont 71 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
La mousse acoustique semblait se détacher du plafond peu avant l'incendie
Des vidéos prises par un ancien chef barman du «Constellation», montrent que quelques jours avant l'incendie, la mousse acoustique semblait se détacher du plafond.
La RTS a diffusé ces images lundi soir dans son émission «Mise au point», que l'employé avait envoyées au gérant du bar, Jacques Moretti. On peut constater que le revêtement en mousse s'affaisse. Des queues de billard posées sur des tabourets ont été utilisées pour tenter de le recoller.
Dans des messages vocaux également obtenus par la RTS, Jacques Moretti donnait des instructions au gérant du bar.
Mauvaises conditions de travail
L'homme aurait commencé à travailler au «Constellation» début décembre. Peu après, il a voulu démissionner en raison des conditions de travail dans l'établissement et de la présence de mineurs. Craignant de ne pas être payé, il serait resté travailler pendant les fêtes, a déclaré son père à la RTS.
Il a été grièvement brûlé dans l'incendie. Il est actuellement soigné en France.
L’Italie durcit le ton face à la Suisse pour une équipe conjointe d’enquêteurs
Le gouvernement italien a exigé lundi la mise en place d'une équipe conjointe d'enquêteurs dans l'affaire de l'incendie du bar de Crans-Montana en Suisse, la nuit du nouvel an, qui a coûté la vie à 40 personnes, dont 6 Italiens.
Tant que cette condition ne sera pas remplie, Rome a prévenu que son ambassadeur en Suisse, rappelé samedi en signe de protestation contre la libération sous caution du propriétaire français du bar, ne reprendrait pas ses fonctions sur place.
La Première ministre Giorgia Meloni a reçu lundi l'ambassadeur Lorenzo Cornado, a indiqué le gouvernement italien. «Il a été décidé de subordonner le retour de l'ambassadeur en Suisse à la mise en place d'une coopération entre les autorités judiciaires des deux Etats et à la création immédiate d'une équipe d'enquête conjointe», indique le gouvernement dans un communiqué.
Au total, six jeunes Italiens ont péri dans l'incendie du bar «Le Constellation».
Source: AFP
Qui a payé la caution de Jacques Moretti?
La nouvelle a fait le tour du monde vendredi soir: Jacques Moretti, patron du bar «Le Constellation», a retrouvé la liberté après le versement d’une caution de 200'000 francs. Une somme conséquente, qui avait déjà suscité de nombreuses interrogations peu après son incarcération.
Rapidement, il avait été mentionné qu'un ami du couple était prêt à fournir les fonds nécessaires. Mais l’identité de cet «ami anonyme» est restée mystérieuse. Selon le quotidien italien «La Repubblica», les pistes mèneraient désormais à un millionnaire genevois, qui aurait transféré la somme depuis un compte situé à Dubaï. Aucun nom n’est toutefois cité.
La justice valaisanne a examiné l’origine des fonds
Vendredi, le tribunal valaisan a confirmé avoir examiné de près le dossier. «L’origine des fonds ainsi que la nature des relations entre l’accusé et la personne ayant versé ce montant, l’un de ses proches, ont été contrôlées», a indiqué la cour dans un communiqué. Pendant ce temps, l’enquête se poursuit.
Retour au chalet, sous conditions strictes
Libéré, Jacques Moretti a regagné son chalet à Lens. Toujours selon «La Repubblica», parents, amis et employés s’y succèdent depuis sa remise en liberté.
Mais sa liberté reste étroitement encadrée. Le couple Moretti est soumis à des conditions sévères: documents d’identité confisqués et obligation de se présenter régulièrement à la police. Une situation provisoire, en attendant que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire qui continue de faire couler beaucoup d’encre.
Des bougies auraient déjà mis le feu au plafond du «Constellation» en 2024
Sébastien Fanti, avocat de plusieurs familles de blessés dans le terrible incendie de Crans-Montana, aurait remis un dossier volumineux aux enquêteurs. Selon le journal italien «La Repubblica», il contient plus de 100 courriels de témoins et de survivants et viserait à contester la version de Jacques et Jessica Moretti qui nient toute responsabilité.
Parmi les pièces figurerait la preuve d’un incendie survenu en 2024 au bar «Le Constellation», qui aurait, lui aussi, été provoqué par des bougies incandescentes placées trop près du plafond. Si ces éléments étaient avérés, les Moretti ne pourraient plus soutenir qu’ils ignoraient les risques. Ils s’exposeraient en outre à une peine de prison nettement plus lourde.
Vendredi, la chaîne française BFMTVa diffusé une nouvelle vidéo de la nuit du drame. La séquence montre des employés du bar, ainsi que Jessica Moretti, faire la chenille en portant des bouteilles de champagne dotées de bougies incandescentes, alors que le plafond de l'établissement est déjà en flammes.
La cogérante de l'établissement avait pourtant assuré aux enquêteurs ne disposer d’aucune image de la catastrophe et être immédiatement sortie pour donner l’alerte.
Guy Parmelin justifie la libération de Jacques Moretti face à l'Italie
Samedi, en marge de la réunion des délégués de l'Union démocratique du centre (UDC) à Näfels, dans le canton de Glaris, le conseiller fédéral Guy Parmelin a réagi aux accusations de l'Italie. «Nous comprenons l'indignation», a-t-il déclaré. «Nos procédures en Suisse ne sont pas les mêmes qu'en Italie.»
Le principe de séparation des pouvoirs «doit être respecté», a déclaré Guy Parmelin. La justice doit désormais mener l'enquête en toute transparence. «Si des erreurs ont été commises, des sanctions doivent être appliquées.» Guy Parmelin a déclaré avoir été personnellement en contact avec Giorgia Meloni, sans donner plus de détails. En parallèle, les responsables politiques doivent examiner comment apporter au mieux leur soutien aux familles des victimes.
Ignazio Cassis répond à l'indignation de l'Italie
Le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis a assuré samedi à son homologue italien Antonio Tajani que la Suisse «veut de la clarté» sur l'incendie de Crans-Montana. «Nous suivons attentivement les travaux de la justice valaisanne», a-t-il écrit sur X. Les autorités transalpines ont vivement réagi à la décision de lever la détention provisoire du propriétaire du bar «Le Constellation», Jacques Moretti. «Nous comprenons leur douleur, parce qu'elle est aussi notre douleur», assure le Tessinois.
«Comme l'Italie, la Suisse pleure les 40 victimes et les nombreux blessés de la tragédie de Crans-Montana», a-t-il ajouté. Lors de leur entretien, Ignazio Cassis et Antonio Tajani ont réitéré la volonté de la Suisse et de l'Italie de «se soutenir mutuellement», a-t-il dit. Un peu plus tôt, Antonio Tajani avait indiqué lors d'une conférence de presse avoir «longuement discuté» avec Ignazio Cassis et lui avoir fait part de la «profonde indignation du peuple italien» face à la décision de la justice valaisanne.
«Inacceptable»
Selon lui, le ministère public valaisan «est responsable d'une enquête qui présente des lacunes à tous les niveaux. Elle a démarré tardivement et a permis aux deux principaux responsables de tenter de s'enfuir, de polluer les preuves et d'accuser d'autres personnes de responsabilités qui leur incombent», a-t-il accusé.
Antonio Tajani a jugé «inacceptable» la décision de remettre en liberté Jacques Moretti, «une personne qui est objectivement responsable de ce qui s'est produit». On ne peut pas compenser la mort de tant de personnes par une caution de 200'000 francs, a-t-il poursuivi.
«La cheffe du gouvernement (Giorgia Meloni) et moi-mêmes sommes indignés, non seulement en tant que membres du gouvernement italien, mais aussi en tant que parents et grands-parents», a-t-il dit devant la presse. Le chef de la diplomatie transalpine a demandé à la justice suisse d'accélérer la procédure pénale. «Les sentiments du peuple italien ne doivent pas être blessés de cette manière», a-t-il conclu.
Source: ATS
Incendie meurtrier en Suisse: «vive indignation» du gouvernement italien après la libération du propriétaire du bar
La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a exprimé samedi «la vive indignation du gouvernement et de l'Italie» après la libération vendredi du propriétaire français du bar de Crans-Montana.
Giorgia Meloni et son chef de la diplomatie, Antonio Tajani, «ont donné instruction à l'ambassadeur d'Italie en Suisse (...) de prendre immédiatement contact avec la procureure générale du canton du Valais Béatrice Pilloud afin de lui faire part de la vive indignation du gouvernement et de l'Italie» face à la décision de la justice, selon un communiqué des services de Giorgia Meloni. Et Rome a rappelé son ambassadeur en Suisse pour «définir les mesures supplémentaires à prendre», selon ce communiqué.
«Grave offense»
Six jeunes Italiens ont trouvé la mort dans cet incendie et plus d'une dizaine ont été grièvement blessés. Meloni et Tajani pointent également du doigt "«a gravité extrême du crime» dont Jacques Moretti est soupçonné, «les lourdes responsabilités qui pèsent sur lui, le risque persistant de fuite et le risque évident de nouvelle altération des preuves».
«Cette décision représente une grave offense et une nouvelle blessure infligée aux familles des victimes de la tragédie de Crans-Montana et à ceux qui sont encore hospitalisés», poursuit le communiqué.
«Toute l'Italie réclame à grands cris la vérité et la justice, et demande que, à la suite de cette catastrophe, des mesures respectueuses soient prises, qui tiennent pleinement compte des souffrances et des attentes des familles», selon la même source.
Source: AFP
Jacques Moretti est bien sorti de prison après le versement d’une caution
Jacques Moretti, gérant et copropriétaire du bar Le Constellation à Crans-Montana, a été libéré de la prison de Sion après le versement d’une caution de 200’000 francs. L’information a été rapportée par la chaîne française BFMTV, citant une source proche du dossier, confirmée par la suite par l'ATS. Le quotidien vaudois «24 heures» indique pour sa part que cette libération serait intervenue dès vendredi.
Le père d’une victime dénonce une décision «inacceptable»
Andrea C. traverse l’épreuve la plus terrible pour un père. Sa fille Chiara C., 16 ans, a perdu la vie dans l’incendie du bar à Crans-Montana. Vendredi soir, l’annonce de la libération de Jacques Moretti, gérant de l’établissement et détenu jusqu’ici à titre préventif, a provoqué un choc immense chez le père endeuillé.
Dans une interview accordée au quotidien italien «La Repubblica», Andrea C. confie que seule l’idée qu’une justice puisse un jour être rendue lui permettait de tenir. Après cette décision, dit-il, cet espoir s’effondre. Il décrit une douleur ravivée, comparant l’annonce à «du sel versé sur une plaie ouverte», et juge la décision des autorités «inacceptable».
Que toute la lumière soit faite
Le père de la victime dénonce aussi de graves défaillances dans les contrôles communaux et un temps précieux perdu depuis le drame. Il s’indigne que seules deux personnes fassent actuellement l’objet d’une enquête et réclame que toute la lumière soit faite, pour sa fille comme pour les autres victimes.
L’émotion dépasse les frontières suisses. En Italie, plusieurs responsables politiques ont réagi, dont le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani et la Première ministre Giorgia Meloni, qui a écrit sur X que des comptes seraient demandés aux autorités suisses.
Guy Parmelin rencontre les familles des victimes de l'incendie
Le président de la Confédération Guy Parmelin a rencontré vendredi les proches des victimes italiennes de l'incendie de Crans-Montana (VS). Il a promis une "transparence totale pour comprendre ce qui s'est passé".
«Nous ne laisserons personne au bord du chemin», a ajouté le Vaudois dans une interview à la RTS. Les proches veulent obtenir justice et s'assurer que les procédures se déroulent correctement. De plus, un accompagnement de longue haleine sera nécessaire, a-t-il dit.
La question de l'indemnisation et de la réparation a été au cœur des discussions. L'Italie demande que la Confédération prenne la direction générale du dossier et que toutes les victimes soient traitées de manière égale. M. Parmelin a expliqué que les familles étaient accompagnées par des avocats et que l'Office fédéral de la justice (OFJ) allait désormais coordonner les aspects juridiques, en particulier l'application de la loi sur l'aide aux victimes (LAVI).
L'OFJ devra notamment examiner, avec les instances compétentes, s'il y a des lacunes et analyser comment les combler, a souligné M. Parmelin. En effet, des coûts et des obstacles apparaissent avant même la fin d'un processus.
Source: ATS
Vers une interdiction nationale des engins pyrotechniques à l'intérieur
Les articles pyrotechniques devraient être immédiatement interdits dans les locaux recevant du public en Suisse. Le comité directeur de l'Autorité intercantonale des entraves techniques au commerce (AIET) soumettra une demande en ce sens lors de son assemblée plénière le 6 mars. Les catégories d'engins pyrotechniques d'ores et déjà soumises à autorisation ne sont pas concernées par cette interdiction, précise vendredi l'AIET dans un communiqué.
Les prescriptions suisses de protection incendie étaient en cours de révision totale au moment du drame de Crans-Montana, qui avait entraîné la mise en pause de ces travaux. Le comité directeur de l'AIET s'est penché vendredi sur la suite de cette procédure.
Outre les premières conclusions qui ont pu être tirées de l'incendie de Crans-Montana, près de 11'000 contributions ont été reçues dans le cadre de la consultation technique, qui s'est achevée le 11 janvier, écrit l'AIET. Et d'ajouter que ces deux points devront être «étudiés avec rigueur» et «soigneusement intégrés» dans les prescriptions révisées. Leur entrée en vigueur sera différée, vraisemblablement à l'automne 2027, prévoit l'autorité.