Agressions contre les randonneurs
Voici les bons comportements à adopter face aux chiens de protection des troupeaux

Les attaques de chiens de protection des troupeaux contre des randonneurs et cyclistes inquiètent. Un expert explique comment fonctionnent ces animaux, et quels comportements adopter.
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Les chiens de berger protègent les moutons et chèvres contre le loup.
Photo: Keystone
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Patrik Berger

Si vous aimez les randonnées, alors vous avez déjà probablement croisé des chiens de protection des troupeaux dans les Alpes suisses. Leur mission est de protéger les troupeaux de moutons et de chèvres contre les loups. Mais cela donne souvent lieu à des incidents impliquant des randonneurs ou des cyclistes. Comme lundi 27 juillet, lorsque deux randonneurs ont été attaqués dans le Val Sumvitg (GR). 

Linus Fry, avait aussi raconté à Blick l'attaque qu'il avait subie. Des chiens s'en étaient pris à son labrador Mia lors d'une randonnée. Il s'était défendu à coups de pierres et de coups de pied pour éviter le pire. Selon lui, «ce n'est pas le loup qui représente une menace, mais les chiens de troupeaux». 

Blick s'est alors renseigné auprès du service national spécialisé dans la protection des troupeaux Agridea. Son responsable, Felix Hahn, précise que le dressage de ces canidés est spécial: «Les chiens de troupeaux ne sont pas dressés de façon classique, comme ceux d’avalanche ou d'aide aux aveugles.»

L'expert explique à quel point leur socialisation est déterminante. Dès leur plus jeune âge, les chiens des troupeaux grandissent auprès des animaux d’élevage et développent un lien étroit avec eux. Ils doivent aussi apprendre à interagir avec les humains et les autres chiens. «Ce n’est qu’après avoir passé un examen national qu’ils sont considérés comme des chiens de protection des troupeaux reconnus», précise Felix Hahn. 

Les éléments qui provoquent les chiens

Leur mission principale est claire: protéger de façon autonome les moutons et les chèvres contre les loups et autres intrus, surtout dans les alpages, où les clôtures ne constituent souvent pas de solution viable. Mais c’est précisément cette autonomie qui crée parfois des problèmes avec les randonneurs. «Pour le chien, toute personne qui s'approche du troupeau est, par défaut, considérée comme une menace», explique Felix Hahn.

Le chien de berger cherche d'abord à maintenir à distance les personnes et les animaux qu'il ne reconnaît pas. Son comportement relève avant tout d'un contrôle de la situation et, si nécessaire, d'une réaction défensive, plutôt que d'une attaque. «Les chiens de protection des troupeaux ne sont pas élevés pour être agressifs, mais ils doivent pouvoir développer un lien social fort avec leur troupeau», souligne l’expert.

C'est pourquoi les rencontres avec des cyclistes ou traileurs restent délicates. Certains comportements ou équipements peuvent accroître le risque de conflit. Les chiens de protection réagissent notamment davantage à la vitesse, ainsi qu'aux casques et aux lunettes de soleil réfléchissantes. La présence de bâtons de randonnée ou d'un chien accompagnant les marcheurs peut également les rendre plus méfiants. Enfin, les rencontres soudaines, par exemple derrière une butte ou en cas de brouillard, sont souvent critiques, souligne l'expert.

Rester calme, ne pas courir, ne pas crier

Pour éviter tout problème, la clé est de garder son calme. Il est en effet recommandé de ne pas courir, ne pas crier et ne pas faire de mouvements brusques. Si vous tombez sur un chien de berger, il faut lui laisser le temps d’évaluer la situation. «Si le chien indique clairement qu’il bloque le passage vers le troupeau, il est recommandé de battre en retraite ou de contourner le troupeau», explique Felix Hahn. De plus, toute personne accompagnée de son propre chien devrait, dans la mesure du possible, éviter les pâturages où se trouvent les chiens de protection des troupeaux.

En Suisse, les chiens de troupeaux appartiennent principalement à deux races: le berger des Abruzzes et le chien de montagne des Pyrénées. Depuis le début de l'année 2025, d'autres races font toutefois leur apparition, comme le Kangal, le Transmontano ou encore le berger de la Sila.

On ignore le nombre exact d’incidents impliquant des chiens de protection des troupeaux à l’échelle nationale. «Une chose est néanmoins certaine: plus le recours aux chiens de berger augmente, plus le risque de conflits potentiels s'accroît», souligne Felix Hahn.

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