Le chef des services secrets se défend sur la surveillance
«Tous les citoyens suisses ne sont pas des terroristes potentiels»

Le chef du Service de renseignement (SRC), Christian Dussey, rejette les accusations de surveillance de masse. Il souligne que le SRC ne considère pas chaque Suisse comme une menace potentielle.
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La nouvelle loi sur le renseignement est en vigueur depuis 2017. Le service secret suisse, le SRC, a ainsi obtenu, entre autres, la possibilité de surveiller les communications via les câbles à fibres optiques.
Photo: Keystone
Tobias Ochsenbein

Sur mandat du Service de renseignement suisse (SRC), d'énormes quantités de données sont aspirées auprès des fournisseurs d'Internet suisses. C'est ce qu'a révélé une enquête récemment publiée par «Republik». Des militants ont alors dénoncé une véritable surveillance de masse de la population. Même les politiciens se sont étonnés de ce rapport, sans aucun soupçon initial.

Depuis 2017, le SRC est autorisé à procéder à ce que l'on appelle la surveillance par câble. A l'époque, deux tiers des électeurs suisses ont approuvé la nouvelle loi sur le renseignement. Dans ce cadre précis, le trafic de données est dérivé des câbles à fibres optiques et les signaux sont analysés. Depuis l'entrée en vigueur de la loi, le trafic Internet des Suisses est également surveillé à grande échelle.

«Pensez-vous que nous vivons dans un État totalitaire?»

Le chef du SRC Christian Dussey s'exprime pour la première fois sur ces accusations. Dans les journaux de Tamedia, il souligne que la reconnaissance des câbles est un moyen conforme à la loi pour obtenir des informations sur des événements étrangers. Cette surveillance est importante pour la politique de sécurité de la Suisse, insiste le chef du Service.

Et il se défend vivement contre les critiques: «Pensez-vous vraiment que nous vivons dans un Etat totalitaire dans lequel le service de renseignement espionne les communications de tous les citoyens?», lance-t-il dans sa prise de position.

Christian Dussey rappelle que la surveillance ne se fait que sous certaines conditions et qu'elle est régie par des contrôles juridiques clairs. «Le SRC ne considère pas chaque citoyen suisse comme un terroriste potentiel, un espion ou un extrémiste enclin à la violence.»

Les informations suisses doivent être effacées ou rendues anonymes

Les analystes n'examinent pas non plus des noms ou des adresses électroniques suisses, se défend encore le chef du SRC. Ils recherchent des informations étrangères, par exemple sur des organisations terroristes. Si des informations suisses apparaissent malgré tout, elles doivent, à quelques exceptions près, être effacées ou rendues anonymes.

Christian Dussey ne parle toutefois pas des succès concrets du programme, précisent les journaux de Tamedia. Ceux-ci sont secrets. 

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