L’attaque des hommes de l’UDC se profile
Qui peut encore barrer la route à Céline Amaudruz?

A quelques jours du délai, Céline Amaudruz reste la seule candidate déclarée pour succéder à Guy Parmelin au Conseil fédéral. Mais rien ne garantit que l’UDC la retiendra sur son ticket. Que peut-il encore se jouer d’ici à vendredi, date limite pour déposer les candidatures?
1/6
Céline Amaudruz a pris les devants. Elle veut succéder à Guy Parmelin au Conseil fédéral.
Photo: Keystone

En bref

  • Les candidats potentiels au Conseil fédéral ont jusqu’à vendredi pour s'annoncer
  • Pour l’instant, Céline Amaudruz est la seule candidate officielle
  • L’UDC nommera-t-elle sa vice-présidente ? Rien n’est moins sûr
  • Le président du groupe UDC, Thomas Aeschi, et l’ancien président du parti, Marco Chiesa, envisagent de se lancer dans la course
20398918 AuthorPlaceholder.png
20398918 AuthorPlaceholder.png
20398918 AuthorPlaceholder.png
Leandra Sommaruga, Ruedi Studer et Daniel Ballmer

Le temps presse et les politiciens de l’UDC se font discrets. Le délai d’inscription des candidatures pour succéder à Guy Parmelin au Conseil fédéral est fixé à ce vendredi. Jusqu’ici, seule la conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz a posé sa candidature. Tous les autres candidats potentiels ont soit renoncé, soit ne se sont pas encore annoncés.

L’UDC, d’ordinaire si bien organisée, a-t-elle ficelé un plan précis? Ou va-t-elle bientôt se rabattre sur des personnalités de second rang? Et pourquoi Céline Amaudruz suscite-t-elle si aussi peu d’enthousiasme au sein de l’UDC alémanique?

La Genevoise fait partie des grandes favorites. Le conseiller fédéral Guy Parmelin en personne l’avait lancé dans la course. Plus jeune, femme et romande: l'élue semble cocher toutes les cases, du moins sur le papier. Mais Céline Amaudruz est loin de faire l’unanimité au sein de son parti. Si certains saluent sa contribution au renforcement du profil de l’UDC genevoise, d’autres craignent qu’elle ne se montre trop incisive.

Un point semble toutefois faire consensus: si l’UDC propose un ticket à trois pour la course au Conseil fédéral, la conseillère nationale genevoise doit nécessairement y figurer. Reste à savoir si ce scénario va réellement se produire. Interrogés par Blick, les représentants du parti donnent des réponses divergentes.

Quel homme osera se lancer?

C'est quasiment certain: la personne qui se présentera contre Céline Amaudruz sera un homme. Car les femmes susceptibles d’entrer en lice – Esther Friedli, Magdalena Martullo-Blocher, et, plus récemment, Natalie Rickli – ont tour à tour jeté l'éponge.

Au Conseil national, plusieurs noms circulent: le Thurgovien Pascal Schmid, le Lucernois Franz Grüter, le Valaisan Michael Graber, le Fribourgeois Nicolas Kolly et le président du groupe UDC, le Zougois Thomas Aeschi. Tous réfléchissent sérieusement à se lancer dans la course.

Du côté des Etats, l'ancien président du parti Marco Chiesa songerait lui aussi à se présenter. Le Tessinois n’était toutefois pas joignable lorsque nous l'avons contacté pour le questionner. Le Valaisan Franz Ruppen et l'Argovien Jean-Pierre Gallati examinent aussi cette possibilité.

Après avoir renoncé à poser sa candidature, la conseillère d'Etat Natalie Rickli s'est d'ailleurs prononcée en faveur de deux successeurs potentiels, rapporte ce mardi la «NZZ»: son homologue zurichois le conseiller national Thomas Matter, et Jean-Pierre Gallati. Des candidats «prometteurs», selon la Zurichoise.

Mais l’un de ces candidats peut-il vraiment rivaliser face à Céline Amaudruz? Quelques jours après l’annonce de la démission de Guy Parmelin, la gauche parlementaire avait plaidé pour une candidature féminine. Un élan qui s'est toutefios essoufflé depuis. Sur le plateau de l'émission alémanique «Arena» de la SRF, la coprésidente du Parti socialiste, Mattea Meyer, a laissé entendre que les voix socialistes ne seraient pas automatiquement acquises à Céline Amaudruz au seul motif qu'elle est une femme.

Discrets pour Thomas Aeschi?

Mais pourquoi les candidats ne se bousculent-ils pas au portillon? Selon plusieurs sources interrogées par Blick, nombre d’élus seraient prêts à laisser le champ libre à Thomas Aeschi. Le président du groupe UDC au Conseil national avait déjà tenté sa chance en 2015, sans parvenir à décrocher le ticket pour succéder à Eveline Widmer-Schlumpf. Il avait été devancé par Norman Gobbi et Guy Parmelin.

Il pourrait tenter une nouvelle fois sa chance. Mais le Zougois est-il prêt à risquer un second camouflet dans la course au Conseil fédéral? Interrogé par Blick, Thomas Aeschi balaie catégoriquement cette hypothèse.

Une autre question se pose: face à quel adversaire le président du groupe aurait-il le plus de chances de l’emporter? Et l’UDC serait-elle réellement prête à faire figurer Céline Amaudruz sur le ticket dans ce scénario? Rien n’est moins sûr. Certains membres du parti en sont pourtant convaincus: si la vice-présidente de l’UDC, expérimentée et avec un bon réseau, figure sur le ticket, elle sera élue.

Nicolas Kolly et Marco Chiesa permettraient toutefois de représenter la Suisse latine par d’autres voies que la candidature de la Genevoise. L’ancien président du parti, qui l’a dirigé de 2020 à 2024, est resté jusqu’ici relativement discret. Mais en misant sur l’un de ces deux élus, l’UDC s’exposerait au reproche d’avoir écarté sa propre vice-présidente.

Maintenant que Céline Amaudruz a été la première à se déclarer, le parti doit trancher: opter pour un ticket à deux ou à trois en incluant la Genevoise, ou chercher à lui barrer l’accès.

Articles les plus lus