Treize nouveaux venus se sont ajoutés au classement des 300 plus grosses fortunes de Suisse, établi par «Bilanz». Pour en faire partie, il faut avoir une fortune d'au moins 100 millions de francs. Les Suisses, ainsi que les étrangers domiciliés dans le pays, sont inclus dans la liste. Voici le top 5 des nouveaux super-riches. La liste complète est disponible sur Bilanz.ch.
Andrea Pignataro, 55 ans, est un génie des mathématiques, doté d'une expérience bancaire. L'homme originaire de Bologne a fondé le groupe ION à Londres en 1999. Au lieu de miser sur le trading, il a opté pour l'analyse des données et les informations financières. Aujourd'hui, ION est un acteur mondial qui compte des banques, des gouvernements et des multinationales parmi sa clientèle.
Andrea Pignataro a connu une ascension fulgurante grâce à des acquisitions, financées par ses relations étroites avec de grandes banques. Malgré la séparation rigoureuse de son réseau d'entreprises, Bloomberg estime que le groupe emploie plus de 13'000 collaborateurs dans plus de 50 filiales.
Cet entrepreneur timide a fait la une des journaux après un litige fiscal réglé en Italie ainsi qu'un piratage informatique spectaculaire. La valeur des entreprises ION basées au Luxembourg avoisinerait les 30 milliards de francs. Son patrimoine privé comprend aussi Canouan Estate, un ensemble de villas et d'hôtels de luxe situés dans les Caraïbes.
Pietro Gussalli Beretta, 63 ans, représente la quinzième génération de l'une des plus anciennes familles italiennes actives dans l'industrie. Le groupe Beretta, fondé en 1526, est un leader mondial dans la fabrication d'armes légères. Il a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 1,7 milliard de dollars par le biais de sa holding luxembourgeoise, qui compte plus de 50 sociétés.
Durant ses trois décennies en tant que directeur général, Pietro Gussalli Beretta a monté progressivement grâce aux armes, aux munitions, en passant par l'optique. En 2022, l'achat de Ruag Ammotec, le leader européen de la fabrication de munitions, a constitué l'une de ses acquisitions les plus importantes. «Avec les munitions, nous avons bouclé la boucle», a déclaré le CEO du groupe, qui vit aujourd'hui en Valais. En raison de règles d'exportation strictes, la filiale suisse traverse toutefois une phase difficile.
Naguib Sawiris est resté dans l'ombre de son père, mais plus pour longtemps. L'homme de 34 ans a pris les commandes d'Orascom Development en tant que président du conseil d'administration, après que Samih Sawiris lui a cédé ses actions.
L'entreprise, qui développe des complexes touristiques en Egypte, à Oman et au Monténégro, a quitté la Bourse en juin 2025 à une valorisation de 320 millions de francs, bien en deçà du prix de l'introduction en Bourse (IPO) fixé à 152 francs.
Par ailleurs, Naguib Sawiris prend une place de plus en plus influente au sein d'Andermatt Swiss Alps. Bien que son père demeure l'actionnaire majoritaire, il réoriente l'offre en visant un groupe cible plus jeune, avec de nouveaux formats comme le festival de musique High Peak et le festival de techno Verve. Naguid Sawiris détient des parts dans des entreprises comme Tawkify, ainsi que dans Anchor, incubateur qui a donné naissance à des plateformes de santé numériques comme Leap Health et Monarch MD.
Après 20 ans passés en Angleterre, Iwan et Manuela Wirth-Hauser, respectivement 55 et 62 ans, sont revenus en Suisse. Avec leur entreprise Hauser & Wirth, ils dirigent l'une des galeries d'art contemporain les plus importantes du monde, représentent plus de 90 artistes et sont actifs sur 16 sites de premier plan.
Parallèlement, ils se sont constitués avec Artfarm Group un vrai nom dans le domaine de l'hôtellerie, avec l'hôtel culte Fife Arms en Ecosse, ainsi que de nombreux hôtels et restaurants en Europe et aux Etats-Unis. Leurs projets en Suisse sont désormais au centre de l'attention: fin 2024, ils ont repris l'hôtel Castell à Zuoz (GR), et un autre établissement est en cours de construction à Sils-Maria, village alpin des Grisons.
Artfarm a réalisé un chiffre d'affaires de près de 50 millions de livres (un équivalent de plus de 53 millions de francs). Malgré la phase de construction et les pertes enregistrées, la valeur nette de l'entreprise ne cesse de croître et aurait dépassé les 83 millions de livres fin 2024.
Mario Greco, 66 ans, CEO de Zurich Insurance depuis neuf ans, a rejoint le classement. Ce manager italien aime la discretion. Il apparaît rarement dans des manifestations publiques et dirige l'entreprise avec une sobriété toute prussienne, couronnée de succès: le cours de l'action du groupe zurichois a augmenté de plus de 170% depuis le début de son entrée en fonction.
Le «Cavaliere del Lavoro» (ndlr: distinction honorifique italienne du milieu économique et industriel) se distingue par sa discipline et sa détermination – et cela, au-delà de l'âge de la retraite. L'entrepreneur de 66 ans veut rester CEO jusqu'à fin 2027.
Un succès qui se reflète aussi sur le plan financier: son paquet d'actions chez Zurich Insurance est estimé à environ 65 millions de francs. L'ensemble de ses rémunérations perçues chez Generali et Zurich dépasse largement les 100 millions. Malgré les demandes de groupes de renoms tels que HSBC, UBS et la Finma, Mario Greco a jusqu'à présent refusé la gloire. Les postes d'administrateur et le monde de requin des banques ne sont pas son monde. Ce qui lui importe: diriger, silencieusement et efficacement.