Rencontre à Evian-les-Bains
Martina Hingis, les courts sont toujours son jardin

Si Martina Hingis a stoppé sa carrière de tenniswoman professionnelle il y a plus de huit ans, elle n’a pas rangé sa raquette pour autant. Rencontre à l’Hôtel Royal d’Evian-les-Bains, où l’ancienne numéro un mondiale se mue en professeure de luxe.
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Médiatisée dès son plus jeune âge, à la hauteur d'un talent unique, Martina Hingis (45 ans) apparaît apaisée. Elle aime aujourd'hui transmettre ses connaissances, ici sur un court d'Evian (F).
Photo: Chloe Cohen
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Thomas Freiburghaus
L'Illustré

Quel adjectif choisir quand on est joueur amateur de tennis et que l’on se retrouve coaché par une légende de son sport préféré? «Dingue!» Voilà ce pour quoi opte Pierre, 45 ans, tout en spontanéité. Ce Français est en train de partager le court avec Martina Hingis, ancienne numéro un mondiale, plus jeune vainqueure d’un Grand Chelem (à 16 ans à peine) et… sa professeure pendant une heure. «Elle m’a marqué quand j’étais ado, c’est l’une des figures les plus fortes du tennis. Donc quand j’ai su qu’elle était là, je me suis précipité», raconte Pierre, avant de retourner taper dans la petite balle jaune.

Le quadragénaire fait partie des quatre élèves venus participer à ce cours de tennis très spécial, dispensé par Martina Hingis. Un événement exclusif organisé début août par LUX Tennis et facturé 150 euros (soit environ 140 francs suisses) par joueur pour la leçon de groupe d’une heure et 230 euros (215 francs suisses) la demi-heure pour la session privée. Le tout dans le somptueux cadre de l’Hôtel Royal d’Evian-les-Bains, un palace cinq étoiles situé sur les hauteurs de la ville et offrant une vue à 180 degrés sur le Léman. Si, normalement, le golf est roi dans cette cité thermale, l’hôtel dispose aussi d’un joli centre de tennis, avec notamment ses deux courts extérieurs bleu et rose, couleurs estivales qui resplendissent sous le soleil.

Des conseils de pro

En temps de canicule, les apprentis du jour, amateurs de tennis de tous les niveaux, transpirent à grosses gouttes sous les consignes de Martina Hingis. La bonne humeur règne, mais l’échauffement se veut sérieux. «Ils veulent un entraînement professionnel, alors ils vont l’avoir!» plaisante à moitié la native de Košice, en ex-Tchécoslovaquie. Celle qui a grandi à Trübbach, dans le canton de Saint-Gall, prend son rôle de coach de luxe très à cœur. Et commence à bien le connaître, puisqu’elle collabore avec LUX Tennis depuis cinq ans désormais.

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Martina à 11 ans avec sa mère, Melanie Molitor. Installée à Trübbach (SG) depuis 1988, cette Tchèque d'origine a fait de sa fille unique une championne: «J'avais lu que la première année d'un enfant est déterminante. J'ai consacré à Martina chaque seconde libre.»
Photo: Keystone

Un projet tennistique qui lui permet de continuer à parcourir le monde, même après avoir quitté le circuit professionnel. «On choisit les destinations ensemble. Je suis intéressée par une aventure dans un nouvel endroit, où je ne suis jamais allée durant ma carrière de joueuse de tennis, comme Bahreïn, les Maldives ou l’île Maurice», liste l’ancienne prodige de son sport. Des destinations lointaines, où se mêlent sable fin et eau turquoise. Pour autant, Martina Hingis n’oublie pas la Suisse, pays qui l’a vue grandir. «On a fait des stages à Genève, à La Réserve. Le Léman est une superbe région, le paysage est magnifique. Et moi, j’ai grandi à côté de Heidiland. Quand je reviens en Suisse, c’est calme», sourit-elle, en semblant plus apaisée que durant sa carrière.

En parallèle de son goût du dépaysement, la vainqueure de cinq Grand Chelems en simple aime transmettre ses connaissances tennistiques à ses élèves éphémères. «Voir leur plaisir, leur sourire sur leur visage, ça me plaît, explique-t-elle. Ce matin, j’ai joué avec un adolescent de 14 ans. Il a apprécié, il a bien joué, il s’est amélioré. Je lui ai donné plusieurs conseils, j’espère qu’il a appris quelque chose.» Si le jeune garçon a dû repartir enrichi dans sa pratique, Martina Hingis, elle aussi, en apprend sur elle-même et sur ce sport qu’elle a exercé professionnellement dès ses 14 ans. «Ça me plaît aussi, c’est un défi pour moi d’améliorer les clients. Même si ce n’est que trente minutes ou une heure, cela donne un autre regard sur le tennis.» Surtout, la plus jeune numéro un mondiale de l’histoire se sait sûre de sa légitimité dans ce rôle-là. «Je pense que je suis une bonne entraîneuse, lâche-t-elle. Quand je donne des conseils, ça améliore tout de suite les gens.»

Moments sportifs privilégiés avec sa fille

Prof de tennis pour clients fortunés, voilà donc l’une des activités qui rythment l’après-carrière de Martina Hingis, qui a pris sa (troisième) retraite des courts en 2017, sans pour autant délaisser son sport. A côté de ses coachings, elle participe à plusieurs exhibitions (des sortes de matchs de gala) dans l’année. Toujours beaucoup de tennis, en somme, pour celle qui a tapé ses premières balles à l’âge de 2 ans. «C’est toujours un plaisir, une passion. Je préfère ça à courir dans les bois. Ça me permet de rester en bonne forme physique», affirme-t-elle.

«
Le sport est une super école de la vie. On apprend tout le temps
Martina Hingis
»

Rester fit, et pas seulement en jouant au tennis, voilà un objectif de vie pour la Saint-Galloise, qui pratique le golf, l’équitation et le ski avec beaucoup d’assiduité. «C’est un bel équilibre de faire toutes ces activités. Le sport est une super école de la vie. On apprend tout le temps et on se motive à s’améliorer», explique-t-elle. Pour l’ex-championne, c’est aussi un moyen de partager des moments privilégiés avec sa fille Lia, 7 ans, qu’elle voit progresser sur la selle autant que sur les lattes, passer du trot au galop, des pistes rouges aux pistes noires. «C’est bon pour la confiance des filles quand elles grandissent. La première fois, je la guide, mais à la fin de la journée, elle le fait toute seule. Il y a cette fierté de découvrir», ajoute-t-elle.

Une relation mère-fille fusionnelle qui n’est pas sans rappeler celle de Martina et de sa maman, Melanie Molitor. Une mère qui a également été son exigeante entraîneuse et qui souhaitait dès sa grossesse que sa fille devienne joueuse professionnelle. Une prophétie qui a débouché sur 25 titres de Grand Chelem (en simple, double et double mixte) et sur une gloire qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Martina Hingis, elle, «rêve de faire un jour un safari à dos de cheval» avec sa fille. Tout simplement. Et sans pression.

Un article de «L'illustré» n°36

Cet article a été publié initialement dans le n°36 de «L'illustré», paru en kiosque le 3 septembre 2026.

Cet article a été publié initialement dans le n°36 de «L'illustré», paru en kiosque le 3 septembre 2026.

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