Des nouvelles de Théo Rochette
«Il effectue un très bon début de saison et réapprend à jouer en Amérique du Nord»

Neuf matches, cinq points et une place dans le top-6 presque dès le premier jour pour Théo Rochette. Tyler Kuehl, qui suit les Grand Rapids Griffins depuis plusieurs saisons, décrypte les débuts de l’ancien attaquant du LHC en AHL.
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Théo Rochette a disputé une petite dizaine de matches en Amérique du Nord.
Photo: Icon Sportswire via Getty Images
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Pour sa première expérience professionnelle en Amérique du Nord, Théo Rochette n’a pas débarqué dans n’importe quel vestiaire. La saison dernière, le club ferme des Detroit Red Wings a battu plusieurs records de franchise et terminé avec le meilleur bilan de la Conférence Ouest, avant de chuter en play-off face à Chicago. «Ils sont arrivés cette saison avec des attentes similaires, même s’ils ont perdu beaucoup de joueurs», explique Tyler Kuehl. Plume de Daily Faceoff, il a couvert l’équipe pendant plusieurs saisons et anime désormais «Beer City Sports Talk», le podcast sportif de GR Channel.

Un premier constat? Il y a eu des promotions à Detroit et des départs, dont celui d’Amadeus Lombardi, échangé aux New Jersey Devils. Résultat: de la place dans l’alignement, et beaucoup de temps de jeu à prendre pour Théo Rochette. «Il a eu énormément de glace dans le top-6 et en power-play», confirme le journaliste. Les chiffres, eux, ne sont pas encore au niveau de ce qu'il réalisait en Suisse: cinq points en neuf rencontres, dont un seul but, inscrit dans une cage vide. Tyler Kuehl invite à la patience. «En AHL, il ne faut jamais trop se fier aux statistiques. C’est un peu comme dans les ligues européennes, en Suisse ou en KHL: si tu fais 50 ou 60 points, c’est génial. Mais si ce n’est pas le cas, il ne faut pas s'affoler ou penser que quelque chose cloche.»

Réapprendre le hockey nord-américain

Auteur de saisons à 100 points avec les Remparts de Québec et vainqueur de la Coupe Memorial, Théo Rochette doit pourtant «réapprendre un peu le jeu nord-américain» après ses années en National League. «Même avec la glace plus étroite et le jeu très serré de l’AHL, il est très bon pour trouver les espaces et utiliser sa vitesse et ses mains», observe Tyler Kuehl, convaincu par la première impression faite par l'international suisse.

Le coach Dan Watson l’a d’abord placé sur le premier trio aux côtés de Dominik Shine, qui possède une expérience de NHL, et de Carter Bear, considéré comme le meilleur espoir de l’organisation. Un signal fort. «Quand tu arrives d’Europe et qu’on t’associe au futur du club, ça te donne un petit coup de confiance. Tu te dis: l’organisation me fait confiance.» Plus récemment, le Romand a évolué avec John Leonard, meilleur buteur des Griffins la saison passée et déjà appelé à Detroit cette saison. «Leonard est un finisseur. Rochette peut marquer, mais c’est surtout un très bon passeur. Je pense que c’est pour ça que le staff l’a mis avec lui, en lui disant: utilise tes mains, ta vitesse, ta lecture du jeu, crée des occasions, et les points viendront.»

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Le journaliste reconnaît avoir vu, par moments, un Rochette un peu timide, comme beaucoup de joueurs arrivant de Tchéquie ou de Suisse, hésitants face à des adversaires physiques. «Mais il y a d’autres moments où il joue avec beaucoup plus d’assurance.» Déjà au tournoi des espoirs des Red Wings, à la fin de l’été, il était apparu «très à l’aise».

Quant au power-play, Tyler Kuehl balaie la critique: «Aussi bons qu’aient été les Griffins sous Dan Watson, leur power-play a toujours été catastrophique depuis que je les couvre. Ses zéro but en supériorité numérique ne font pas de lui un problème. Le problème vient des supériorités numériques et non de Théo Rochette.»

Au centre, pour l’instant

Formé comme centre, souvent utilisé à l’aile à Lausanne, Théo Rochette a toujours dit se sentir davantage joueur de centre. À Grand Rapids, c’est là qu’il évolue. «Défensivement, je n’ai pas vraiment remarqué de problème quand il est sur la glace. Et c’est le meilleur compliment qu’on puisse faire à quelqu’un», sourit Tyler Kuehl. Sa polyvalence pourrait toutefois lui ouvrir des portes à Detroit, en cas de blessures.

Le jeu physique, lui, reste un chantier. On le lui reprochait déjà en Suisse, et ce défaut n’a pas disparu. «Il a encore du travail à faire. Ce n’est pas un grand gabarit», note le journaliste, à propos d’un joueur d’environ 1,80 m pour 77 kg. Le staff insiste sur ce point: Dan Watson est un ancien défenseur réputé coriace, et son assistant Brian Lashoff a été champion du monde junior avec les États-Unis en 2010. «Je ne dirais pas qu’il fuit les batailles, pas du tout même. Mais il doit renforcer cet aspect s’il veut faire le saut en NHL plus tôt que tard.»

Un match en NHL cette saison?

Alors, verra-t-on Théo Rochette sous le maillot des Red Wings d’ici le printemps? Tyler Kuehl ne veut pas avancer de pourcentage. Des vétérans comme John Leonard ou Dominik Shine devraient avoir la priorité en cas de rappel. «Mais si les Red Wings connaissent une deuxième moitié de saison difficile comme par le passé, si les blessures s’accumulent et s’il enchaîne une bonne série, c’est possible.» Il ajoute une nuance: «Certains joueurs disent que le saut entre l’AHL et la NHL est parfois plus facile qu’on ne le pense.»

Et puis une nouvelle est tombée jeudi soir qui va forcément aider l'attaquant helvétique. L'attaquant Dylan Larkin, qui veut quitter Detroit, a été suspendu par les Red Wings en attendant un transfert vers une autre franchise. «Suivant ce qui vient en retour, cela pourrait permettre à Théo Rochette de grimper dans l'alignement de manière naturelle.»

En attendant, le constat est clair pour l’observateur des Griffins: «Le talent qu’il montrait à Québec est en train de revenir. On craignait une période de transition après son retour de Suisse, mais elle a été minime. Ça n’a pas vraiment été un problème. Je suis confiant pour la suite.»

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