Christoph Bertschy y croit
«Fribourg Gottéron l’a fait, pourquoi pas la Suisse?»

Christoph Bertschy, fraîchement sacré champion de National League avec Fribourg Gottéron, rêve désormais d’un titre avec la Suisse. L’attaquant revient sur ses dernières semaines folles et celles qui l’attendent lors du Mondial à domicile.
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En Suède, Christoph Bertschy avait encore la barbe des play-off.
Photo: Sven Thomann
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Grégory BeaudJournaliste Blick

En Suède où l'interview s'est déroulée, Christoph Bertschy arborait une longue barbe, stigmate des play-off qu'il venait de terminer avec Fribourg Gottéron. Surprise à Zurich lors du premier entraînement de la sélection nationale. «Je voulais laisser, a-t-il précisé. Mais avant de partir, je me suis regardé dans le miroir et je me suis dit qu'il fallait couper (rires).

Quelques jours après le titre historique remporté avec Fribourg Gottéron, l’attaquant suisse n’a pas vraiment eu le temps de redescendre. Entre célébrations, reprise avec la sélection nationale et Mondial à domicile qui approche, il raconte ce drôle d’état dans lequel il se trouve encore.

Christoph, tu arrives déjà à redescendre de ce que tu viens de vivre avec Fribourg?
Honnêtement, pas complètement. Ça ne fait qu’une semaine qu’on a terminé (ndlr désormais deux) et j’ai l’impression qu’on est encore sur la vague. Les trois-quatre jours de célébration, là tu te lâches vraiment. Mais ensuite, tu replonges tout de suite dans quelque chose d'autre. Ça aide presque à ne pas couper. Je pense qu’en temps normal, après une saison, tu as besoin d’un ou deux jours pour switcher. Mais là, je suis directement de nouveau dedans.

Le fait d’enchaîner directement avec l’équipe de Suisse, ça aide justement à rester dans le rythme?
Oui, clairement. Ça a fait énormément de bien d’avoir un jour de plus et un entraînement supplémentaire avant de reprendre l’intensité du match. Mais je sens que je suis encore mentalement présent. Même physiquement, ça va franchement bien. Quand je compare avec ma première année à Fribourg, où on avait perdu en pré-play-off, c’était totalement différent. On avait eu une vraie semaine de vacances avant la préparation avec la Suisse. Là, tu étais presque déjà en mode vacances et il fallait se remettre dedans. Maintenant, je suis encore porté par tout ce que tu viens de vivre.

Quand tu arrives en équipe nationale après avoir gagné un titre pareil, tu amènes quoi avec toi?
Je ne vais pas changer ma personnalité parce qu’on a gagné quelque chose. Ce ne serait pas dans mon intérêt. Ce que j’amène, c’est toujours la même chose: de l’énergie, l’envie de tout donner, d’être positif et heureux d’être là. Mais c’est vrai qu’avec les années et l’expérience, je peux aussi apporter autre chose dans un vestiaire. J’ai déjà vécu plusieurs Mondiaux, des bons moments comme des mauvais. Ça compte.

C’est ton septième Mondial. Tu sens que tu fais partie des piliers du groupe désormais?
Oui, forcément. Avec le temps, tu prends un autre rôle. Mais je pense qu’on est plusieurs dans ce cas. Il y a des gars qui ont déjà vécu beaucoup de choses avec cette sélection. Les expériences de chacun finissent par créer quelque chose de fort dans un groupe.

Justement, ce groupe suisse, tu le sens comment avant ce Mondial à domicile?
Très bien. Franchement très bien. Comme ces dernières années, tout le monde vient avec un super feeling et une énorme envie. Le groupe est très proche. On sent qu’il y a des joueurs qui veulent se battre les uns pour les autres. Et puis jouer à la maison, devant notre public, c’est une immense fierté. On a vraiment hâte que ça commence.

Cette notion de groupe, c’est aussi ce qui a fait la force de Fribourg cette saison?
Oui, complètement. Pour gagner, il faut être un vrai groupe. Et ça ne se construit pas en deux jours. Avec tout ce qu’on a vécu cette saison, les blessures, les discussions autour de l’équipe, toute l’histoire autour de Julien Sprunger aussi… ça nous a rapprochés. On a beaucoup parlé entre nous. Les choses qui devaient être discutées l’étaient, puis c’était terminé. Hors de la table.

Vous avez vraiment réussi à rester dans votre bulle malgré tout ce qu’il y avait autour entre Julien Sprunger et le départ de Lucas Wallmark?
Oui. Honnêtement, en play-off, tu es tellement focus que tu ne regardes presque plus rien. Moi, deux fois, je me suis retrouvé devant la Coop le dimanche avec mon sac pour acheter un snack sans réaliser que tout était fermé. Tu ne sais même plus quel jour on est. Tu joues tous les deux jours, tu vis hockey, tu manges hockey, tu dors hockey.

Tu as senti à un moment précis que cette équipe de Gottéron pouvait aller au bout?
Pas à un instant précis. Mais au fil du temps, tu sens qu’il y a quelque chose de spécial. Avant les play-off, je savais qu’il y avait un potentiel énorme. Après, j’avais déjà eu ce feeling dans d’autres saisons sans que ça se termine bien (rires). Mais cette année, même quand c’était dur, on trouvait toujours une réponse. La série contre Rapperswil, par exemple… qu’est-ce qu’elle était pénible. On était menés 2-0 avec l’avantage de la glace et pourtant personne n’a paniqué.

Et la finale? Qu’est-ce qu’il t’en reste aujourd’hui?
Le but de Wallmark. Clairement. J’étais sur le banc au moment de l’action. Je vois son one-timer partir et je vois qu’Aeschlimann n’est plus dans la cage. Le puck avance presque au ralenti. J’ai l’impression d’être dans un film. Je crois même que je saute avant que le puck entre vraiment. Après ça? Blackout complet. Je patine, je jette mes gants… C’était irréel.

Puis il y a eu les célébrations à Fribourg.
Ça, franchement… je ne m’y attendais pas. Quand on était devant la cathédrale et que tu regardes vers la rue de Morat noire de monde, c’était fou. Samedi, c’était incroyable. Tu réalises à quel point ça représentait quelque chose pour les gens.

Tu parlais des discussions et de l’adversité. L’arrivée de Roger Rönnberg a aussi beaucoup changé de choses?
Oui, mais changer une culture, ça prend du temps. Lui arrivait d’un environnement qu’il avait construit pendant douze ans. Au début, il allait parfois un peu trop vite pour nous. Il y a eu beaucoup de discussions. On lui disait parfois de calmer un peu le rythme pour qu’on puisse le suivre. Mais justement, tous ces échanges ont aussi renforcé le groupe.

Tu as aussi vécu de l’extérieur toute l’agitation autour de l’équipe de Suisse ces dernières semaines. Vous avez réussi à mettre ça de côté?
Oui. Franchement, tout a déjà été énormément discuté. Nous, avec les play-off, on était focus sur ce qu’on avait à faire. Et maintenant, l’important, c’est de regarder vers l’avant. Ce qui est positif, c’est qu’il y avait déjà une continuité prévue avec Jan. Les choses ont juste été avancées.

Tu crois à ce genre de dynamique? Fribourg champion… et maintenant peut-être l’année de la Suisse?
Il faut toujours y croire. Toujours rester positif. Avec Fribourg, on a réussi malgré toutes les batailles qu’on a dû traverser. Alors pourquoi pas avec la Suisse aussi?

Tu te rappelles du Mondial 2009 en Suisse?
Oui, j’y étais. Je me rappelle surtout des casques en papier pour un sponsor (rires). Et puis il y avait toute l’ambiance à Berne, les animations dehors, les stars…

Tu avais quel âge? 15 ans?
Oui exact.

Et là, tu te dis que c'est possible qu'un jour tu sois sur la glace?
Mais non! Jamais! J’allais finir l’école obligatoire avant de partir à Berne. Là, tu espères juste peut-être un jour jouer en National League. Ce serait déjà pas mal.

Aujourd’hui, tu vas vivre ça de l’intérieur. Ça doit être spécial.
Oui, énormément. Tous les Mondiaux que j’ai faits étaient déjà incroyables grâce aux supporters suisses. Il y a toujours du monde partout. Mais à la maison, j’imagine quelque chose d’encore plus fort. Ça va être très spécial.

«A la maison», ça aurait été à Friborug...
(Rires) Avec tout ce qui s’est passé cette saison, ç'aurait été incroyable. Mais honnêtement, avec l’équipe de Suisse, partout en Suisse, tu es à la maison. Que ce soit Zurich, Lausanne, Lugano ou Fribourg.

Mondial 2026: Groupe A
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Autriche
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Finlande
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Royaume-Uni
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Lettonie
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