Un pas vers l'élite
Yverdon l'avoue, «on a un peu eu la chance des premiers»

Les Nord-Vaudoises ont bénéficié de passablement de réussite pour revenir de Sion avec la victoire samedi (0-1). Mais elles sont tout de même en tête du barrage de promotion/relégation à égalité avec Lucerne, leur prochain adversaire.
Yverdon a souffert mais a tenu bon malgré la pression sédunoise.
Photo: PacPac
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«Enfin!» Quand l'arbitre a donné le coup de sifflet final, Gilliane Roch a poussé un grand ouf de soulagement. Yverdon Sport venait de remporter son deuxième match du barrage de promotion/relégation en s'imposant dans la douleur à Sion (0-1). «Pas sûr que si le match avait duré dix minutes de plus, on aurait tenu», concède la gardienne nord-vaudoise, qui a sauvé à plusieurs reprises son équipe. Notamment en repoussant des tentatives d'Elisa Cardodo (12e) et Kenza Abidi (26e) sur la transversale. 

C'est aussi grâce à la chance que la portière de 21 ans a gardé sa cage inviolée, la frappe de Maeva Fontannaz (36e) et la reprise de la tête de Nina Richard (54e) touchant directement la barre. «Aujourd'hui on s'en sort bien, avoue Arnaud Viallate. Car quatre lattes, ça peut être quatre buts pour Sion.» L'entraîneur yverdonnois ne se voilait pas la face, ses protégées n'ont pas livré leur meilleure prestation de la saison. «Ce n'est pas le match qu'on voulait. Il nous a manqué un peu de calme et de lucidité.» Le fait d'ouvrir le score très rapidement (Inès Khiri, 4e) a peut-être desservi les visiteuses. «Il y a eu un peu de relâchement, relevait le coach. C'est un aspect mental sur lequel on doit travailler.» L'ambiance mise par le public local, et notamment la cinquantaine d'ultras qui ont donné de la voix toute la rencontre, a également pu perturber les visiteuses.

«L'important, c'est de gagner les trois points»

Conséquence? Les Vertes ont commis trop de fautes, accumulant les jaunes et offrant des balles arrêtées souvent dangereuses. «On leur a laissé beaucoup trop d'opportunités de venir dans notre zone. On n'a pas réussi à trouver les solutions à la relance, ce qui nous a mis en difficulté.» Sans que cela ne soit puni au tableau d'affichage. «C'est ce que j'ai dit à mon équipe: des fois, c'est bien de bien jouer, mais l'important, c'est de gagner les trois points. On a eu la chance du premier comme on dit parfois.» Lors de ce barrage, chaque rencontre est une finale.

Avec six points en deux matches, qui plus est en déplacement, YSF a parfaitement rempli sa mission sur le plan comptable. Et Arnaud Vialatte de relever: «On a été en difficulté aujourd'hui, mais on repart avec la victoire et c'est aussi cela qui fait la force d'un collectif.» Gilliane Roch confirme: «Cela nous met en confiance pour les prochains matches à domicile.» La suite de l'opération «Women's Super League», c'est la venue de Lucerne, qui compte aussi deux succès, au Stade municipal dimanche prochain (14h30), sur une pelouse où «on a plus de facilité, on est plus en confiance», souligne le coach.

Avec un préparateur mental

L'an dernier, les Nord-Vaudoises avaient également très bien entamé le tour de promotion/relégation, comptant quatre points après deux parties. Avant de caler dans la dernière ligne droite, manquant finalement l'ascension dans l'élite pour un petit but. Cette saison, YSF a été encore plus dominant lors de la saison régulière de LNB: 22 matches, 19 succès, 3 matches nul, 0 défaite, 85 buts marqués, 14 encaissés. Que ce soit au niveau de l'effectif, du staff et des infrastructures, le club a tout d'une équipe de Super League.

Partie d'Yverdon à l'été 2023 puis revenue dans le Nord vaudois un an et demi plus tard, Gilliane Roch est bien placée pour voir tout ce qui a été mis en place pour la section féminine. «Il y a beaucoup plus de personnes investies, le staff s'est développé. On sent le président derrière nous, la présidente est toujours présente. Il y a un projet super intéressant derrière et c'est ce qui m'a donné envie de revenir. Et de remonter dans l'élite.» Mais le plus dur reste toujours à faire.

Tout autre résultat qu'une promotion serait une gigantesque désillusion. De quoi mettre une grosse pression sur les joueuses. Dans ce sprint final, les Yverdonnoises sont leurs plus grandes ennemies. Pour éviter de se retrouver submergé par l'enjeu, le club nord-vaudois a même engagé un préparateur mental. YSF a tout mis en place pour avoir toutes les meilleures cartes entre ses mains. «Mais le foot, c'est le foot», rappelle Arnaud Vialatte. A l'instar du monde, le ballon ne tourne pas toujours rond même quand tout est carré.

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