Je n'ai pas eu l'occasion de croiser le regard de Vincent Steinmann ou de Stéphane Henchoz dans les couloirs de la Tuilière après la défaite honteuse du Lausanne-Sport dimanche après-midi face à Thoune. Les Lausannois menaient 4-1 dans leur stade à la 70e lors de cette journée anniversaire des 130 ans du club et ils se sont inclinés 4-5 au terme de vingt dernières minutes incroyables et vraiment embarrassantes pour qui était convaincu que les joueurs du LS avaient tous pris conscience de l'importance de ce rendez-vous.
Plus de 10'000 personnes, soit 3000 à 4000 de plus que la moyenne habituelle, ont assisté à cette fin de match désolante et à ce manque de respect pour les valeurs de base du football, celles qui consistent basiquement (mais il est important de ne jamais oublier les bases) à courir et à défendre son but quand on gagne. Pardon d'être aussi simpliste, mais il sera compliqué pour les joueurs du LS, dans leur ensemble, de me reprocher de caricaturer, parce que ce qu'ils ont montré, ou plutôt pas montré, va bien au-delà.
Ils avaient l'occasion de lancer leur saison, de se rapprocher à un point de Vaduz, Thoune et de GC et de donner envie à un nombreux public de revenir. Ils ont fait tout le contraire. Ils ont été ridicules, indignes. Ce sont eux les coupables, il faut les nommer, ce sont les joueurs du Lausanne-Sport.
Il y aura un avant et un après 1er novembre. Impossible que cette défaite ne laisse pas de traces. Impossible. La question est: lesquelles?
Je n'ai donc croisé après cette débâcle ni le président, ni le directeur sportif du LS et je ne pense de toute façon pas qu'ils auraient été d'humeur à échanger sur la situation. Ils avaient bien plus urgent à gérer: la colère des supporters pour le premier, les joueurs et le staff pour le deuxième.
Ce lundi, les joueurs ont congé, mais les dirigeants du LS ont du boulot. Beaucoup de boulot. Et forcément, ils vont se poser l'inévitable question suivante, celle qui concerne tous les entraîneurs du monde qui sont derniers de leur championnat après 12 journées, encore plus après une défaite comme celle-là: on vire le coach?
Personne ne connaît leur réponse et sans nul doute qu'eux non plus. Ils seront tentés de lui dire adieu, peut-être. Et je suis persuadé que ce serait une erreur. Parce que si le LS veut remonter la pente et se remettre de cette défaite inacceptable, voire même impardonnable, il faut faire bien mieux que virer le coach: il faut se servir de cette défaite pour le rendre plus fort.
S'il y a un coupable, ce n'est pas lui
Vous pensez que je suis fou? J'assume. Cette défaite ne servira à rien si un entraîneur est licencié et que les joueurs ne sont pas mis devant leurs responsabilités. Tout le monde sera triste deux jours et tout le monde passera à autre chose, car ainsi est fait le football. Un nouveau coach viendra, il sera dur au début, les joueurs courront un peu plus, les discours seront beaux et, après cinq matches, tout redeviendra pareil. Le LS finira 10e au mieux, 12e au pire.
Non. Je le redis: Il y a mieux à faire que de chercher un coupable sur le banc et, s'il y en a un à trouver, ce n'est sûrement pas un entraîneur qui a vu ses leaders arriver entre mi-septembre et début octobre. Et a trois joueurs plus ou moins importants déjà out pour plusieurs mois. Lausanne pourrait mieux jouer, c'est une évidence. Mais est-ce de sa faute? Vraiment?
Le virer? Non. Le renforcer
Les dirigeants du LS ne doivent pas rester silencieux en ce début de semaine. Ils ne le peuvent pas. En tout cas pas face à leur groupe. Qu'ils placent les joueurs devant leurs responsabilités est un minimum, car ce sont eux qui ont sabordé la fin de match, pas Luka Elsner, même si l'on peut discuter de la pertinence de l'un ou l'autre de ses changements en fin de match.
Les dirigeants du LS ont un coach qui travaille énormément, un staff qui le suit et qui est convaincu de la méthode. Alors qu'ils s'expriment, devant les joueurs au minimum, devant la presse s'il le faut. Qu'ils disent que l'avenir s'écrira avec Luka Elsner et qu'il a les pleins pouvoirs pour écarter ceux qui ont rendu ce naufrage possible. Il s'agit, à mon avis, de la seule manière de sauver la situation et d'aller de l'avant dès mardi matin, car il y a un match très important qui vient à GC samedi.
«Il y a toujours un chemin vers la rédemption», a dit l'entraîneur du LS ce dimanche après la conférence de presse. Des paroles christiques, mais il ne doit désormais plus être dans la bonté ni dans la bienveillance. Il doit être dur, sans pitié, et faire remonter la pente à ses joueurs, en les rendant responsables de la situation et en leur expliquant que tout peut être oublié d'ici Noël, s'ils ont gagné assez de matches d'ici-là. Mais pour y arriver, pour que sa parole ait du poids, il doit être conforté -et même renforcé- dans son autorité. Au LS, la réaction doit venir à tous les niveaux et la solution ne passera pas par le départ d'un coach qui n'était pas là voilà six mois. Cette défaite doit servir à quelque chose. Mais pas à faire n'importe quoi.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lugano | 12 | 26 | 34 | |
2 | Young Boys | 12 | 15 | 25 | |
3 | FC Sion | 12 | 7 | 23 | |
4 | FC Zurich | 12 | -1 | 20 | |
5 | FC St-Gall | 12 | -3 | 19 | |
6 | Servette FC | 12 | 1 | 16 | |
7 | FC Bâle | 12 | -4 | 14 | |
8 | FC Lucerne | 12 | -6 | 13 | |
9 | FC Thoune | 12 | -10 | 13 | |
10 | FC Vaduz | 12 | -1 | 10 | |
11 | Grasshopper Club Zurich | 12 | -13 | 10 | |
12 | FC Lausanne-Sport | 12 | -11 | 6 |