Stéphane Henchoz l’assure: le Lausanne-Sport n’a pris contact avec aucun entraîneur avant de prendre la décision de se séparer de Peter Zeidler. «Cette décision n’était pas anticipée. Et elle ne fait plaisir à personne. Mais on devait se poser les bonnes questions après ce match à Sion», commence par dire le directeur sportif du Lausanne-Sport, qui assume sa part de responsabilité dans l’échec de la venue du technicien allemand à Lausanne.
«Bien sûr qu’on espérait autre chose et qu’on y croyait. Nous, en tant que club, avons la sensation de lui avoir donné les moyens de réussir, mais nous avons été obligés de constater que la situation devenait critique», enchaîne-t-il, encore interloqué par le «non-match» du LS à Tourbillon (3-0).
Peter Zeidler a-t-il eu assez de temps à disposition?
«On peut perdre à Sion, je l’accepte. Mais la manière pose problème. L’équipe n’avait aucune réaction, aucune envie. On aurait pu perdre 5 ou 6-0 sans qu’il n'y ait rien à redire. Avant, il y a eu Lucerne, le même genre de matches, perdu 4-0. Et au milieu, cette victoire poussive contre Winterthour, 2-1, avec des exploits individuels en guise de buts. Il fallait réagir», continue Stéphane Henchoz, lequel estime que le LS a laissé assez de temps à Peter Zeidler pour améliorer la situation.
Le désormais ex-entraîneur du LS s’en était pourtant plaint après la victoire face à Winterthour, justement, réclamant un peu plus de considération pour son travail. Et assurant qu’en trois mois, il arriverait à monter une équipe compétitive, arguant du fait que les nombreux changements au sein de l’effectif ne l’aidaient pas à trouver une unité. «Ce n’est pas facile», avait-il alors assuré.
«Mais du temps, il en a eu», contre Stéphane Henchoz. «Quand on a connu une série de neuf matches sans aucune victoire, on l’a laissé travailler, mais aujourd’hui, il reste cinq matches et on ne peut pas simplement attendre que Grasshopper n’en gagne pas un pour se dire qu’on est sauvés. On doit préparer la saison prochaine et ne pas se laisser simplement couler en cette fin de saison. On avait 600 fans du LS à Sion dimanche dernier. On ne peut pas leur dire qu’on va bâcler les cinq derniers matches sans réagir. De nouveau, je ne dis pas qu’on doit gagner tous les matches. Il y a trois ans, le LS était en Challenge League. Mais perdre comme à Lucerne et à Sion, ce n’est pas acceptable.»
«En 2026, c'était clairement moins bon»
Stéphane Henchoz prend la défaite 5-1 à Thoune en début d’année comme le contre-exemple parfait. «On avait fait un match correct dans le contenu et, jusqu’au 3-1, on aurait pu espérer ramener quelque chose. Peter n’a pas reçu de critique. Il n’en a pas reçu non plus en début de saison, parce qu’une partie du mercato s’était faite tard. Il y a eu les départs de Kaly Sène et de Noë Dussenne et, même s’ils ont été compensés par Theo Bair et Bryan Okoh, il fallait du temps pour tout mettre en place. Le parcours européen était bon et on n’était pas largués en championnat. Mais en 2026, c’était clairement moins bien. Et il n’y avait plus l’excuse de l’accumulation des matches. Depuis le début de l’année, on a joué un match de plus que Sion ou GC, pas plus.»
«On voyait plutôt une régression»
L’élimination en Conference League contre Olomouc a eu du mal à passer, tout comme celle, en fin d’année dernière à Yverdon en Coupe de Suisse, reconnaît sans peine Stéphane Henchoz. «Mais de nouveau, on ne parle pas que de résultats. Si on avait vu une progression dans le jeu, s’il y avait eu une perspective d’amélioration, on aurait pu l’accepter. Mais là, on voyait plutôt une régression», assure le directeur sportif du LS, lequel pointe également du doigt le développement individuel des joueurs, qu’il estime largement insuffisant à son goût.
«C’est un point important pour nous. Les joueurs ont-ils globalement progressé depuis le début de la saison? Ceux qui regardent nos matches ont la réponse», explique-t-il, sans donner de nom en particulier. Il n’est cependant pas interdit de penser que les performances récentes de Beyatt Lekoueiry, sur lequel le LS a misé gros au niveau financier, n’ont pas joué en la faveur de Peter Zeidler. Et si Gaoussou Diakité est en prêt, et ne rapportera donc rien au LS, sa courbe de performances depuis octobre a également de quoi intriguer. Et ces deux joueurs ne sont pas des cas isolés.
Après le naufrage à Sion, Peter Zeidler avait pourtant assuré que le LS avait fait une «bonne saison», selon ses termes. «Je respecte son avis. Il est libre de l’exprimer. Mais ce n’est pas la même vision que celle de la direction du club», répond Stéphane Henchoz.
Le futur entraîneur devra développer les talents
Quel devra être le profil du futur entraîneur? «Comme je vous l’ai dit, nous n’avons pris aucun contact pour l’instant. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui s’il sera suisse ou étranger, jeune ou expérimenté. Ce qui est sûr, c’est qu’il devra travailler avec un effectif plutôt jeune, mais qui est déjà largement connu. Nous avons deux joueurs majeurs en fin de contrat, Karlo Letica et Florent Mollet. L’ossature de l’effectif, à savoir 17 ou 18 joueurs, est déjà sous contrat.» Les joueurs en prêt s’en iront très probablement, mais, surtout, Stéphane Henchoz aimerait que le prochain entraîneur ait l’âme d’un développeur de talents. «J’insiste là-dessus. Que ce soit nos jeunes de l’académie ou ceux qu’on fait venir de l’extérieur, il faut que notre entraîneur les fasse progresser et les aide à grandir.»
Non, Stéphane Henchoz n'est pas en danger, bien au contraire
CEO du Lausanne-Sport, Vincent Steinmann va dans le même sens que son directeur sportif, se disant lui aussi peiné d’avoir eu à se séparer de Peter Zeidler. «Humainement, c’est embêtant et ça touche, forcément. On imaginait construire avec lui et ce genre de décisions fait mal», dit-il, expliquant que le choix a été effectué de manière collégiale. «Et je tiens à ajouter une chose, parce que je lis beaucoup de bêtises, que ce soit sur les réseaux ou ailleurs: le club dans son ensemble est plus que satisfait du travail de Stéphane Henchoz. Il est le directeur sportif du LS, en charge de toutes les questions liées au football et il le restera. Il n’y a aucun doute à ce sujet.» Le Lausanne-Sport s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre sportif au niveau de l’entraîneur, mais pas ailleurs. «En aucun cas. Et je suis prêt à le répéter autant de fois que nécessaire», insiste Vincent Steinmann.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 32 | 36 | 71 | |
2 | FC St-Gall | 33 | 24 | 60 | |
3 | FC Lugano | 33 | 12 | 57 | |
4 | FC Bâle | 32 | 8 | 53 | |
5 | FC Sion | 33 | 16 | 52 | |
6 | Young Boys | 33 | 5 | 48 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lucerne | 33 | 3 | 40 | |
2 | Servette FC | 33 | 0 | 40 | |
3 | FC Lausanne-Sport | 33 | -10 | 39 | |
4 | FC Zurich | 33 | -18 | 34 | |
5 | Grasshopper Club Zurich | 33 | -25 | 27 | |
6 | FC Winterthour | 33 | -51 | 19 |

