Il faut laisser l’innocence aux enfants. À 6, 8 ou 10 ans, qu’ils jouent au football pour le plaisir, qu’ils dribblent, qu’ils tirent, qu’ils s’amusent. Elles et ils ont l’âge de la découverte et ont l’envie de s’identifier aux grandes stars du jeu, en imitant leurs postures, leurs célébrations, leurs gestes techniques. Le monde merveilleux de l’enfance doit rester pur et il n’est pas question de leur faire comprendre la face sombre du jeu, alors qu’ils sont à un âge où ils doivent l’aimer de toutes leurs forces, sans se poser trop de questions. C’est justement ce qui rend le football universel et fait sa force à travers la planète. Laissons les gamins s’épanouir et profiter de ce monde sans nuages. Ceux-ci arriveront bien assez vite.
Je ne vais pas refaire ici la liste de tous les poisons qui gangrènent le football en 2026, ils sont nombreux. L’argent démesuré qui se déverse sur le ballon rond rend tout le monde fou, du patron de la FIFA au joueur de 2e ligue vaudoise, et la situation ne va pas aller en s’améliorant. L’exemple vient d’en haut, et il n’est pas beau, avec le président d’un pays appelant celui de la FIFA pour faire annuler un carton rouge (je m’en remets toujours pas, quatre mois après). Mais justement, vu que les puissants montrent le mauvais exemple, le fait que Harry Kane ait été sacré roi du football mondial, lundi à Londres, est un beau message (et même plus que ça) adressé aux adolescents du monde entier, ceux qui, sortis de l’enfance et de son innocence, ont besoin de modèles qui leur montrent la voie à suivre.
Il ne se met pas au-dessus des autres
Harry Kane est un attaquant qui joue pour l’équipe et ne demande pas aux autres de courir pour lui. Il ne se met pas au-dessus des autres, jamais. Il est humble, travailleur, modeste et toujours dévoué pour son club et sa patrie. En un mot: il est exemplaire. Et le fait que les 100 votants l’aient reconnu comme étant le meilleur joueur du monde est un message salvateur dans un sport de plus en plus dominé par l’ego et l’individualisme. Comme Rodri en 2024, et Ousmane Dembele par certains aspects en 2025, le Ballon d’Or 2026 montre aux adolescents du monde entier qu’ils peuvent devenir le meilleur du monde sans tomber dans les délires égotiques qui sont en train de ruiner l’image de Kylian Mbappé et de ses déclarations ridicules qui ont fait de lui un «mendiant du Ballon d’Or» ces dernières semaines.
Son «J’ai toujours été considéré comme l’élu», symbole d’un courgeon absolument incroyable, montre surtout que ce garçon est complètement hors de la réalité, ce qui n’est pas grave en soi. Chacun est comme il est et se comporte comme il veut, dans le respect des lois. Mais s’il avait été couronné «meilleur joueur du monde» lundi soir, le symbole envers la jeunesse aurait été dévastateur. «Ne pensez qu’à vous, faites du football un sport individuel et vous serez le meilleur», voilà les phrases qui seraient arrivées aux oreilles de celles et ceux qui font le football d’aujourd’hui et celui de demain. Heureusement, ils ont aujourd’hui un autre message à entendre, celui des joueurs qui ne font pas de bruit et laissent parler leur talent, leur sens du collectif et leur esprit d’équipe. Thank you Harry Kane. Le football n’est pas (encore) mort.