Le SLO vers la finale?
«Si des joueurs n’ont pas envie, il faut changer de sport»

Le Stade-Lausanne-Ouchy affronte Grasshopper en demi-finale de Coupe de Suisse samedi, dans une rencontre déjà historique. Les Stadistes ont-ils les moyens de se qualifier pour la finale? Et seront-ils soutenus par le public lausannois?
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Les Stadistes fêtent après leur victoire en quart de finale face à Lucerne. Samedi, contre GC, pourront-ils à nouveau jubiler?
Photo: keystone-sda.ch
Thomas Freiburghaus
Thomas FreiburghausJournaliste

125 ans, ça se fête! Pour son anniversaire, le Stade-Lausanne-Ouchy s'est offert son propre cadeau: une folle épopée en Coupe de Suisse. Samedi, les Stadistes disputeront une demi-finale de Coupe historique. Pour tenter de rendre cette année 2026 encore plus inoubliable et fêter à Berne, le 24 mai prochain?

Combien de milliers à la Pontaise?

Pas si vite. Le rendez-vous, c'est d'abord la demi-finale face à Grasshopper, donc. Une affiche réjouissante qui devrait permettre d’attirer du monde dans une Pontaise qui sonne creux en championnat (622 spectateurs de moyenne cette saison, d'après Transfermarkt). En huitième de finale face à Winterthour, il y avait 1280 spectateurs et en quart contre Lucerne, 1376. Samedi, la demi-finale devrait rameuter bien plus de monde.

«Le but, c’est de vendre plus de billets que GC nous en a acheté», commence Serge Duperret, vice-président du SLO. Le club zurichois s'est procuré quelque 2000 places pour ses propres spectateurs, qui seront nombreux à faire le déplacement à Lausanne. «Au delà de 5000 spectateurs, ce serait idéal. Sinon, ça veut globalement dire qu’on n’intéresse pas et qu'on va perdre de l'argent. Mais en tout cas, il ne faut pas se gêner, on a de la place pour accueillir tout le monde», s’amuse celui qui pointe la proportion du stade (15’600 places), donnant souvent l’impression qu’il n’y a personne dans les gradins.

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En tout cas, le Stade-Lausanne-Ouchy a mis les petits plats dans les grands pour rameuter les curieux Lausannois: invitation de juniors des clubs de la région, nombreuses animations et stands de nourriture devant le stade. «Ce week-end, il n’y a pas d’excuse. Il n’y a pas le LHC ou le LS qui joue, c’est une demi-finale, pour notre septième saison depuis la montée en Challenge League», tonne Serge Duperret.

Les spectateurs, eux, pourraient invoquer l'excuse du prix des billets: 40 francs en tarif réduit, soit deux fois plus qu’en championnat, quand les billets pour les fans de GC sont à 25 francs. «On est un club professionnel, on a des charges professionnelles», se défend le vice-président, qui pointe les coûts de sécurité dans le stade et ceux de l'accompagnement du cortège zurichois depuis la gare. «Toute l’année, on fait des prix. On fait parfois la gratuité aux matches et on n’a pas de public. Et une fois qu’on est en demi-finale, c’est trop cher?, demande-t-il. Là, on parle de soutenir un club.» Jeudi, le Stade-Lausanne-Ouchy se disait satisfait du nombre de billets vendus et tablait sur plus de 6000 personnes au stade.

Ne pas tout changer face à GC

Pour aborder le côté sportif, Serge Duperret préfère laisser la main à son entraîneur, Dalibor Stevanovic. Non sans oublier de motiver les siens. «Si des joueurs n’ont pas envie de jouer un match pareil, il faut changer de sport», déclare celui qui rêve d’une finale face à Yverdon, son autre club de cœur.

Mais avant de penser à la finale à Berne, le Stade-Lausanne-Ouchy devra battre une troisième équipe de Super League de rang dans cette compétition, après Winterthour et Lucerne, donc. Et l'enjeu qui grandit à chaque marche. Pour autant, Dalibor Stevanovic veut préparer ce match «précieux» comme un autre, en «restant calme» et «sans tomber dans les émotions». «Je ne divise pas les matches. C’est un grand moment, mais rien ne change dans la préparation. On garde la même méthodologie d’entraînement, on analyse comme d’habitude», explique-t-il.

Les victoires face aux clubs de Super League aux tours précédents ont donné raison à sa stratégie. Le Stade-Lausanne-Ouchy avait affiché un visage conquérant, imposant son style face à un adversaire sensé être supérieur. «On a notre identité, on ne s’adapte pas trop par rapport à notre adversaire, avance l’entraîneur slovène. Si tu mets en place un projet de jeu pendant une saison, tout changer pour un match, c’est comme jeter une pièce en l’air. Je n’aime pas le casino, je préfère garder mon identité et mes principes de jeu.»

C’est sans doute là la meilleure chance du Stade-Lausanne-Ouchy face à un Grasshopper qui a sorti un peu la tête de l’eau en s’imposant samedi dernier à Winterthour. Pour le SLO, la dynamique est moins positive: les Stadistes restent sur cinq matches sans victoire et n’ont plus gagné depuis leur belle victoire à Yverdon, le 8 mars passé. «Je ne suis pas content avec nos résultats. Mais je ne suis pas fâché par rapport au jeu que l’on a produit», tempère Dalibor Stevanovic.

Samedi, les Lausannois devront retrouver l’efficacité qui leur manque en championnat pour espérer renverser Grasshopper et se qualifier pour la finale de la Coupe de Suisse, ultime cadeau pour une année de jubilé. Pourront-ils compter sur le soutien des Lausannois pour le réaliser, dans une Pontaise enflammée?

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