Yverdon est passé de la possession au béton, en schématisant (beaucoup trop). Au-delà du cliché et de l'exagération, l'idée est quand même là. Adrian Ursea n'imaginait pas son équipe autrement qu'avec le contrôle du ballon et en faisait une obsession, là où Martin Andermatt, son successeur depuis un mois, se veut plus pragmatique. Ce qui n'empêche pas YS de marquer des buts, vu qu'après un 0-0 initial contre Wil et une défaite 2-1 à Vaduz, le club nord-vaudois a enclenché l'artillerie: 5-2 contre Bellinzone, 4-1 à Nyon, 2-1 contre Vaduz!
Comme l'an dernier, le pragmatisme succède au romantisme
La situation est un peu similaire à celle de la saison dernière, en tout cas sur le plan de la philosophie. Après avoir débuté avec le «coach moderne» Alessandro Mangiarratti, ainsi que l'avait désigné le propriétaire Jamie Welch, YS était passé au terme du premier tour au style plus pragmatique, disons, de Paolo Tramezzani. S'en était suivie la relégation en Challenge League, puis un désir de construction avec Adrian Ursea. Jusqu'à début mars, donc.
«C'est sûr que c'est un style différent, c'est évident», confirme Anthony Sauthier. «Nous, les joueurs, on n'a aucune influence sur ce qui passe en coulisses. Peu importe le coach, on se bat pour le club et on donne tout.» Le style de jeu prôné par Adrian Ursea avait permis à YS de dominer Lausanne et Servette en Coupe de Suisse, non seulement au tableau de score, mais aussi dans le jeu. En championnat, par contre, cette possession à outrance emmenait parfois le match dans un faux rythme dont Yverdon peinait de temps en temps à se dépêtrer.
«Le président m'a demandé, j'ai accepté»
Voilà donc Martin Andermatt à la barre, le Zougois de 64 ans passant de directeur technique à entraîneur de la première équipe jusqu'à la fin de la saison. S'attendait-il à cette nomination, lui qui avait clairement déclaré à Blick qu'il n'était pas venu à Yverdon pour assumer cette fonction? «Je me souviens vous avoir surtout dit que j'étais au service du club. Le président m'a demandé, j'ai accepté. La priorité, c'est le club. Ensuite, le président. Ensuite l'entraîneur.» Alors, quand le Roumain a été licencié, il a accepté le challenge de diriger l'équipe. Quel a été son premier message?
«De prendre chaque match sérieusement. De ne pas compter les points qui nous séparaient de Vaduz et d'Aarau, mais de ne rien lâcher. Je sais que ce n'est pas forcément facile de voir arriver un nouvel entraîneur, mais je peux dire que l'équipe était bien préparée et que je peux profiter du bon travail qui avait été fait. Mais c'est sûr qu'on a un style un peu différent maintenant», reconnaît-il aisément.
Une de ses premières décisions fortes a été de changer de gardien titulaire, Kevin Martin et son jeu au pied qui plaisaient tant à Adrian Ursea étant désormais assis sur le banc au profit de Simon Enzler. «Ce qui compte, c'est l'équipe. J'ai été clair avec les deux gardiens, transparent. J'ai parlé honnêtement avec les deux et j'ai expliqué ma décision. C'est la même chose pour tous les joueurs. Avec moi, celui qui donne tout, il n'aura jamais aucun problème. Je n'aime pas les tricheurs. J'accepte qu'un joueur soit dans un mauvais jour, mais s'il ne donne pas, alors j'ai un problème... et il a un problème», assure Martin Andermatt.
Alors qu'YS est revenu à dix points d'Aarau ce week-end et peut toujours rêver d'une «finale de Challenge League» lors de la dernière journée le 15 mai au Brügglifeld, voilà que s'approche la demi-finale de la Coupe de Suisse face à Saint-Gall, ce dimanche au Stade municipal. «On va prendre quelques jours de repos et préparer cette demi-finale. La Coupe, je l'ai gagnée trois fois, je la connais», rappelle Martin Andermatt en référence aux trois trophées soulevés en 1988, 89 et 90 avec Grasshopper en tant que joueur.
«Si Yverdon est en demi-finale, ce n'est pas grâce à moi»
«Saint-Gall est favori, mais on ne sait jamais», enchaîne-t-il, sans forcément faire une fierté que son nom revienne tout d'un coup sur le devant de la scène. Mais tout de même, si Yverdon, dirigé par Martin Andermatt, venait à éliminer Saint-Gall et à se retrouver en finale au Wankdorf, l'histoire serait belle pour lui, non? «Si Yverdon est en demi-finale, ce n'est pas grâce à moi. Si on arrive en finale, j'y aurais participé, oui. Mais le foot, ce n'est jamais une personne, c'est une équipe, un staff, une direction. Après, c'est vrai que c'est sympa si on peut réussir de jolies choses. Et atteindre la finale de la Coupe de Suisse en est une.»
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Vaduz | 30 | 29 | 68 | |
2 | FC Aarau | 30 | 20 | 66 | |
3 | Yverdon Sport FC | 30 | 23 | 56 | |
4 | FC Stade-Lausanne-Ouchy | 30 | 6 | 40 | |
5 | Neuchatel Xamax FCS | 30 | -3 | 39 | |
6 | FC Rapperswil-Jona | 30 | -10 | 35 | |
7 | Etoile Carouge FC | 30 | -7 | 33 | |
8 | FC Wil | 30 | -14 | 33 | |
9 | FC Stade Nyonnais | 30 | -13 | 28 | |
10 | AC Bellinzone | 30 | -31 | 19 |