«On ne va pas fêter»
Amina Muratovic: «Cette victoire, c’est vraiment incroyable»

Les Grenat ont décroché leur premier succès en Champions League avec la manière. Un match plein pour marquer l'histoire du club.
Servette Chênois a marqué ses premiers points en Champions League.
Photo: keystone-sda.ch
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«Une immense fierté.» Après les deux larges défaites concédées contre l’OL Lyonnes et les Danoises de Koge, Daïna Bourma pouvait avoir le sourire après le succès historique de Servette Chênois contre l’OH Louvain lors de la troisième journée de la phase de ligue de Champions League (5-1). «On avait encore ces deux revers en travers de la gorge, a poursuivi la capitaine grenat. On s’est dit qu’il fallait le faire et on l’a fait. C’est une superbe soirée pour nous.» Ainsi que pour les 3456 personnes – moins une vingtaine de Belges – présentes à la Praille.

«Cette victoire, c’est vraiment incroyable. Il y a cinq ans, je faisais partie des jeunes qui venaient regarder Servette quand elles étaient pour la première fois en C1, raconte Amina Muratovic. De vivre ça aujourd’hui, surtout devant notre public, il n’y a rien de plus beau.» Nul doute que cette soirée historique va faire rêver les nombreuses jeunes filles et garçons qui n’ont pas arrêté d’encourager leur équipe.

«On voulait obtenir du respect»

Avant même le coup d’envoi, on a senti que les Servettiennes avaient envie de bouffer du gazon. Leur cri de guerre a résonné dans les travées de la Praille plus que d’habitude, illustrant leur état d’esprit. «Par rapport à nos deux premiers matches, on avait une envie de revanche, souligne Amina Muratovic. L’entraîneur a appuyé là-dessus et on a vraiment joué comme une équipe.» Avec comme résultat une première période parfaitement maîtrisée. «Aujourd’hui, on a pu montrer qu’on méritait d’être ici, ajoute Daïna Bourma. On voulait obtenir du respect et je crois qu’on a réussi.»

L’entraîneur Cristian Toro avait insisté sur plusieurs points: être irréprochable en défense, jouer vertical et exploiter les espaces sur les côtés. Il a été entendu. «Le résultat, c’est ce qui vient avec la performance, explique la Vaudoise. Et il reflète bien le match.» Les Genevoises en voulaient tout simplement plus que leurs adversaires. La réussite, cela se provoque, dit-on, et contrairement au match contre Koge, elle avait choisi le camp grenat. La frappe de Jada Conijnenberg flirtant avec le montant (51e) et la reprise de Ioanna Papatheodorou sur le poteau (55e) en étaient les meilleurs exemples.

«On ne va pas fêter»

D’autant plus que les Grenat ont très bien exploité les balles arrêtées, inscrivant deux buts identiques sur corner. Joana Marchao pour la tête de Paola Hernandez au deuxième poteau à des moments très importants: pour l’ouverture du score (17e) et en plein temps fort flamand (58e). «C’est quelque chose qu’on travaille avec tout le staff technique, et notamment Florian (ndlr: Reymond, entraîneur adjoint), qui a beaucoup insisté sur ces ballons au deuxième poteau. Et cela a payé», explique Cristian Toro. Solidité défensive, efficacité dans les deux surfaces et jeu rapide en transition, le SFCCF a fait le match qu’il voulait faire. Une soirée toutefois pas parfaite, puisque Jada Conijnenberg a empêché les Grenat de signer un blanchissage.

Malgré cette victoire historique, les Grenat ne vont pas célébrer cet exploit. «Ce qui est prévu? Du repos, répond Daïna Bourma. On a un match contre Rapperswil dimanche. On est heureuses, mais on ne va pas fêter. C’est juste trois points. Le but, c’est la continuité, pas de s’arrêter là.» Alayah Pilgrim et les Romaines sont prévenues.

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