Servette a «tout donné»
Meriame Terchoun: «Ce que je retiens, ce sont les supporters»

Le soutien du public du Stade de Genève n'a pas suffi à compenser la différence de niveau entre le SFCCF et l'OL Lyonnes. Mais il est le point positif de la soirée de mercredi.
Photo: Keystone
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«C’est un autre niveau.» Battues 0-8 mercredi à la Praille, Meriame Terchoun et les Servettiennes n’ont pu que constater ce qui les séparait de l’OL Lyonnes, vainqueur à 8 reprises de la Champions League. Elles évoluent dans une autre dimension, comme l’a imagé Cristian Toro en conférence de presse d’après-match: «Elles, elles prennent un jet privé pour un déplacement dans le nord de la France. Nous, on va faire 7 heures de bus pour aller au Tessin pour notre match de Coupe samedi.» Un match contre l’AS Gambarogno, 10e de LNB, où l’entraîneur a déjà prévu de faire tourner son effectif.

Le SFCCF a tout de même eu le mérite de limiter le nombre d’occasions adverses, mais les championnes de France, qui en sont désormais à 30 buts inscrits en quatre matches cette saison, ont fait preuve d’un réalisme digne de leur rang. «On ne peut pas être contentes de perdre, et surtout pas d’en prendre huit, a commenté Daïna Bourma. Mais, contre une équipe comme ça, la moindre erreur et le ballon finit au fond des filets. Ce sont des choses qu’on doit corriger, mais je suis quand même très fière des filles. On a essayé de faire ce qu’on pouvait et on n’a pas lâché.» Les Grenat n’ont jamais baissé la tête et auraient vraiment voulu offrir au moins un but à leurs supporters.

Le soutien du public

Le public est le principal point positif retenu par les Genevoises. 5762 personnes se sont rendues à la Praille mercredi, un tout petit peu moins que lors du sacre contre YB en mai dernier (5890 spectatrices et spectateurs) ou lors des barrages pour la C1 contre l’AS Rome il y a deux ans (6107). «Je voulais les remercier d’avoir essayé de nous encourager, on les a bien entendues, souligne la capitaine grenat. On a essayé, on a tout donné et cela ne l’a pas fait.»

«Ce que je retiens, ce sont les supporters, ajoute Meriame Terchoun, revenue en Suisse avec l’envie de disputer à nouveau la Champions League. Quand Lyon marquait des buts, juste après, j’entendais des “Allez Servette!”, donc c’était vraiment touchant.» L’internationale helvétique, qui avait déjà disputé la C1 en 2016 avec le FC Zurich, alors sous un format totalement différent, a pu découvrir à quel point cette compétition avait changé.

«Le foot féminin est en train d’évoluer»

«À l’époque, il n’y avait pas la musique. Je sens que le foot féminin est en train d’évoluer. Désormais, il y a un hymne pour les filles, et pas uniquement pour les garçons. Cela donne des frissons.» Un sentiment partagé par sa capitaine. «Retrouver la Champions League, c’était magnifique, s’est réjouie Daïna Bourma, déjà présente lors de l’épopée européenne il y a cinq ans. On a encore cinq matches et on espère faire mieux pour la suite.»

Le prochain adversaire des Grenat, le HB Køge, représente un défi beaucoup plus à leur portée, même si les championnes du Danemark ont tenu la dragée haute à Arsenal mardi (1-0, but concédé à la 93e). Mais il s’agira d’un match totalement différent. Et si les Servettiennes tirent les enseignements de cette leçon de football donnée par l’OL Lyonnes, elles peuvent ambitionner de débloquer leur compteur, ou au moins marquer leur premier but dans la compétition. «Commencer contre la meilleure équipe, cela nous met direct une petite claque pour nous dire que c’est la Champions League, conclut Daïna Bourma. Il faut en faire plus qu’en championnat. J’espère qu’on arrivera un peu plus à montrer notre identité.»

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