Granit Xhaka (33 ans) au cœur d’une affaire de certificats Covid. Le capitaine de l’équipe de Suisse, figure charismatique parfois controversée, est soupçonné de s’être procuré de faux certificats. Le Ministère public du canton de Lucerne confirme à Blick que des procédures ont été ouvertes contre Xhaka et une médecin lucernoise.
Le cabinet de cette dernière a été perquisitionné par la police en 2023. Elle aurait fourni de «faux certificats» à de nombreux autres clients. Dans le cas de Xhaka, une attestation indiquant qu’il avait été vacciné contre le Covid aurait été établie. La vaccination n’aurait toutefois jamais eu lieu.
Une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison
Blick a demandé à André Kuhn, spécialiste du droit pénal, quelles pourraient être les conséquences de cette enquête pour le joueur de Premier League. En théorie, Xhaka pourrait être condamné à une peine de prison s’il était reconnu coupable. «Le faux dans les titres peut être puni d’une peine pécuniaire ou d’une peine privative de liberté pouvant aller jusqu’à cinq ans», explique-t-il. En Suisse, le faux dans les titres relève de la plus grave des trois catégories d’infractions pénales: les contraventions, les délits et les crimes.
La procédure n’en est qu’à ses débuts. Mais pour qu’elle soit ouverte, certaines conditions doivent déjà être remplies, précise le spécialiste: «Il faut des soupçons initiaux concrets. Les faits reprochés sur le plan pénal doivent pouvoir être clairement définis et il faut des indices à charge». Cela ne dit toutefois encore rien de la culpabilité de Xhaka, souligne André Kuhn.
Si les soupçons visant le capitaine de la Nati se confirmaient et qu’il était reconnu coupable, sa peine serait fixée en tenant compte de différents facteurs. «Une personne sans antécédents judiciaires peut s’attendre à une peine pécuniaire assortie du sursis. À cela s’ajoute une amende de 10’000 francs au maximum», indique André Kuhn.
Sunderland pourrait-il prendre des mesures?
Au-delà de la procédure judiciaire, Xhaka pourrait également subir des conséquences dans sa carrière en Angleterre, estime André Kuhn. Des accusations pénales n’entraînent pas directement de sanctions de la part d’un club ou d’une fédération. «Mais si le club n’a plus confiance dans le joueur ou si l’image de la fédération en pâtit, un joueur peut être licencié par son club ou ne plus être convoqué en équipe nationale.» Les contrats des joueurs de Premier League prévoient que les clubs peuvent licencier un joueur en cas de «gross misconduct», autrement dit de faute grave.
Il n’est donc pas exclu que Sunderland, le club de Premier League avec lequel Xhaka est sous contrat depuis 2025, voie cette affaire d’un mauvais œil et que la situation devienne délicate pour le capitaine de la Nati.
Et pour la médecin?
Pour la médecin, les conséquences pourraient être encore plus lourdes, explique André Kuhn: «Outre une condamnation, un médecin doit aussi s’attendre à une mesure de l’autorité de surveillance, qu’il s’agisse d’un avertissement, d’une amende ou du retrait de son autorisation d’exercer».
Le spécialiste décrit également la suite probable de la procédure: «Le Ministère public commence généralement par recueillir des preuves et entendre des témoins. Les personnes mises en cause sont ensuite confrontées à ces éléments lors de leurs auditions et peuvent demander l’administration de preuves supplémentaires». Selon les informations de Blick, Granit Xhaka doit se présenter devant le Ministère public début octobre.
Granit Xhaka et la médecin bénéficient tous deux de la présomption d’innocence.