Succès difficile dans le derby
Meriame Terchoun: «On ne peut pas être satisfaites de ce qu’on a présenté»

Servette Chênois a dû batailler pour venir à bout d’Yverdon Sport Women mercredi à la Praille (3-2). Un succès poussif pour les championnes de Suisse, qui devront réussir à concilier championnat et Champions League cet automne.
Meriame Terchoun et Gloria Marinelli ont eu peur, mais elles ont quand même permis au SFCCF de prendre les 3 points.
Photo: keystone-sda.ch
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

Un derby, cela ne se joue pas, ça se gagne. Comme Meriame Terchoun l’a confirmé, cet adage reflète assez bien ce à quoi les Grenat pouvaient se raccrocher après la victoire de Servette Chênois contre Yverdon Sport Women, tant les championnes de Suisse ont eu de la peine à battre les néopromues, mercredi à la Praille (3-2).

«On est contentes d’avoir pris les trois points. Mais, malgré tout, je pense qu’on ne peut pas être satisfaites de ce qu’on a présenté aujourd’hui», avoue l’internationale suisse. Comme contre YB, les Nord-Vaudoises ont fait déjouer le SFCCF, prenant à deux reprises l’avantage, avant de se faire renverser par un doublé de Gloria Marinelli en sept minutes.

«Yverdon a bien gardé le ballon, elles ont joué au foot, poursuit Meriame Terchoun. Je pense qu’on n’a pas pris autant de plaisir que d’habitude à jouer.» L’effectif grenat étant taillé pour jouer sur les trois tableaux — championnat, Coupe et Champions League —, l’excuse des rotations effectuées par Cristian Toro ne peut pas expliquer la performance en dessous de ses standards du SFCCF.

«On est des êtres humains»

Redescendre sur terre après avoir eu des étoiles dans les yeux à la suite du tirage au sort de la Champions League, avec notamment des duels contre l’OL Lyonnes et le FC Barcelone, n’a rien d’une sinécure. «En effet, c’est compliqué, avoue la Zurichoise. Après, on est des êtres humains. Il y a des jours où rien ne va.» Un discours qui ferait presque oublier que les Genevoises ont remporté les trois points.

Le Servette FCCF disputait son 6e match depuis le 21 août. «On est peut-être un peu fatiguées mentalement, et physiquement aussi», essayait d’expliquer l’ancienne joueuse de Dijon, qui relevait également les mérites de l’adversaire. «Quand tu n’as rien à perdre, tu te donnes à fond et tu vas dans les duels.» La différence de statut entre les deux clubs n’a pas empêché les visiteuses d’imposer leur jeu. «Ça ne m’a pas vraiment surprise, parce qu’on avait déjà joué un match amical contre elles.» Et peut-être que le terme «derby» n’avait pas la même signification pour les deux équipes.

Les entrées de Meriame Terchoun et d’Asun Martinez ont donné l’impulsion nécessaire aux Grenat pour renverser une situation compromise après 60 minutes de jeu. «L’entraîneur nous a dit d’aller chercher la victoire. Après, je pense qu’avec un peu d’expérience, ce sont des matches où il faut juste essayer de faire les choses simples, se donner à fond, montrer l’envie.» Les petits détails et l’efficacité des attaquantes servettiennes ont fait la différence.

Un point de retard sur Zurich

Il n’en reste pas moins que Servette peine à convaincre en championnat. Après un exercice 2025/26 impérial, notamment défensivement (5 buts encaissés en 18 matches de saison régulière), la troupe de Cristian Toro a perdu sa stabilité (7 buts concédés après 5 parties). Néanmoins, elle est tout de même deuxième du classement, à une longueur du FC Zurich, qui a perdu ses premiers points en faisant match nul contre Young Boys mercredi (1-1). Tout en brillant sur la scène européenne.

Comment se motiver à 100% pour affronter Rapperswil, Aarau ou Lucerne, quand on a Lyon, le Barça et l’AS Rome dans le viseur? «Prendre semaine après semaine, répond Meriame Terchoun, et réussir à se focaliser sur le match qui arrive. La Champions, on aura assez de temps pour en parler techniquement avec le staff. Il faut aussi beaucoup se concentrer sur la récupération, sur la charge mentale, essayer de se libérer un peu la tête.» Sous peine de quoi les contre-performances comme celle de mercredi risquent de se payer cher.

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