«Arrêtez avec cette réputation»
Vittorio Bevilacqua s'explique sur son départ de Courtételle

Licencié par le FC Courtételle avant d'affronter le FC Bâle et alors qu'il venait à peine d'entamer son mandat dans le Jura, Vittorio Bevilacqua assure avoir été touché. Et que sa réputation d'entraîneur bouillant et tempétueux n'est plus d'actualité.
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Touché et ému, Vittorio Bevilacqua. «Oui, vraiment. Je ne m'y attendais pas. On est des hommes avant d'être des entraîneurs et un licenciement, c'est un choc. J'ai besoin de quelques jours pour digérer, parce que là, ce n'est encore pas le cas», explique le Tessinois dans un téléphone avec Blick ce lundi.

Alors qu'il venait d'effectuer son premier match officiel avec Courtételle, un 0-0 un peu fade contre Wohlen, le «Mister» a été congédié le mercredi suivant, soit trois jours avant le match de Coupe de Suisse face à Bâle. «C'était fini, d'un coup, comme ça.» Evidemment, vu le passé du technicien, les premières rumeurs ont commencé à affluer.

«Je dois vivre avec cette réputation, mais...»

«Beaucoup de monde m'a appelé en me disant que j'avais de nouveau exagéré, qu'il y avait un clash... Mais même pas», assure-t-il. «Dans l'article que vous avez écrit après le match contre Wohlen, vous avez écrit 'le bouillant entraîneur'. Je ne vous en veux pas, vous faites votre travail, mais cette réputation n'est plus vraie. Je dois vivre avec, on trouve toujours un adjectif à mettre à côté de mon nom. Tempêtueux, ingérable... Je dois vivre avec, ça ne vient pas de nulle part, je le sais bien. Mais là, à Courtételle, j'étais très calme. Vous l'avez vu contre Wohlen, je n'ai rien dit! Vous me l'avez même fait remarquer», se défend le Tessinois.

Il est vrai que rarement on aura vu Vittorio Bevilacqua aussi calme sur un banc que face aux Argoviens, mais ce licenciement ne tombe tout de même pas de nulle part? Le directeur sportif Gautier Willemin a donné quelques pistes au médias jurassien RFJ. «Les méthodes étaient un peu 'à l’ancienne'. On le savait. On prenait un risque. Mais on a vu que ça ne marcherait pas avec notre équipe», explique le dirigeant, qui assure s'être basé sur le «ressenti du vestiaire». 

«Vittorio est une très bonne personne», explique le Jurassien, indiquant tout de même qu'il s'agissait à ses yeux d'une «erreur de casting» et qu'à Courtételle, «tout le club est lié et proche. On a eu des retours de l’ensemble du vestiaire et pas de certaines personnes». 

Une erreur de casting dans les deux sens?

Des paroles que Vittorio Bevilacqua accueille avec un brin de scepticisme. «Je n'avais pas de problèmes avec les joueurs. Et quand il parle d'erreur de casting, je peux aller dans son sens, mais à l'inverse. C'est sûrement moi qui ai fait une erreur de casting en allant là-bas.»

Que veut-il dire par là? Trois jours avant, il assurait à Blick se sentir bien dans ce club et y trouver tout ce dont il avait envie. «Le club est super, je le maintiens. Le problème n'a jamais été ma personnalité, je n'ai jamais haussé la voix, à part une fois dans le vestiaire. Mais j'ai quand même le droit de parler à mes joueurs. C'est l'ancienne méthode? A 68 ans, je ne changerai pas. Je me suis assagi, ça oui, mais il y a des valeurs qui ne bougeront pas. Et je n'aime pas l'ingérence. Je ne l'ai jamais acceptée de la part de grands présidents comme Paul-André Cornu à Yverdon et ce n'est pas à mon âge que je vais changer.» 

Nous y voilà: Vittorio Bevilacqua a-t-il eu un différent avec son président? «Non, pas avec lui. Avec une personne en marge du club, qui a une grande influence sur la bonne marche de celui-ci, y compris financièrement. C'est cette personne-là qui m'a déçu et que j'ai visiblement déçu parce que je ne lui donnais pas ce qu'elle voulait. Le vrai problème est là. Nulle part ailleurs. Je voulais vous le dire, et que les gens le sachent. Mon départ n'est pas lié à un problème de comportement de ma part. Je voulais que ce soit écrit et que les gens le voient.»

Et maintenant? «Je reste au Tessin, j'essaie de surmonter ça et je retrouve un club. Parce qu'entraîner, c'est ma vie. C'est l'air que je respire.» 


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