Qualification du SFCCF
Amina Muratovic: «C’est un rêve personnel, mais aussi collectif»

Les Grenat disputeront la phase de ligue de la Champions League. L'internationale suisse, qui a disputé mercredi son 4e match en 13 jours, revient sur cette qualification.
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Amina Muratovic à l'échauffement avant le match retour contre le Sparta Prague.
Photo: IMAGO/Sports Press Photo
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«C’est un rêve personnel, mais aussi un rêve collectif.» Cinq ans après, Servette Chênois est de retour dans la cour des grandes. Grâce à leur victoire 3-0 contre le Sparta Prague mercredi à la Praille en barrage retour (5-3 sur l’ensemble des deux matches), Amina Muratovic et ses coéquipières disputeront la phase de ligue de la Champions League. «Peu importe contre qui on tombe: rien que de jouer cette compétition, c’est génial», poursuit la Vaudoise. En 2021, lors des matches contre Chelsea, la Juventus et Wolfsburg, la défenseure de 20 ans n’était bien sûr pas sur le terrain, mais dans les gradins, avec des étoiles dans les yeux.

«Je me rappelle que je me disais que j’espérais être là un jour. Même si je n’étais pas encore au SFCCF, j’espérais faire ça avec cette équipe. Et de voir que je le fais aujourd’hui, je me dis juste: wow.» Une ligne de plus à ajouter sur le CV d'Amina Muratovic, qui avait déjà réalisé le doublé Coupe-championnat l’été dernier et qui a fêté sa première sélection en équipe de Suisse en juin contre l’Irlande du Nord.

Le 3-0, la délivrance

Pourtant, après avoir vécu sa «meilleure saison», il n’était pas assuré que l’ancienne junior de Concordia Lausanne poursuive sa progression au bout du lac, des clubs étrangers s’intéressant à elle. «Ce qui m’a fait rester, c’est qu’on avait de l’ambition. J’avais envie de disputer la Champions League avec ce club. Je savais qu’on pouvait le faire.» Tout n’a pourtant pas été facile mercredi soir, la transversale sauvant les Grenat en début de seconde période, alors que Jacintha Weimar a dû effectuer plusieurs parades de grande classe. «On a eu un temps faible, reconnaît l’internationale helvétique. On n’était vraiment pas du tout à l’abri. Si on prenait un but, cela partait en prolongation.» Puis Magdalena Sobal a scellé le score dans les arrêts de jeu. «Quand il y a eu le troisième but, c’était vraiment la délivrance», raconte la No 23. Les Genevoises pouvaient laisser exploser leur joie.

Les Grenat sont en C1.
Photo: IMAGO/Sports Press Photo

Il faut dire qu’après la défaite du match aller, les Servettiennes étaient impatientes de remettre les pendules à l’heure. «C’était très long, dit-elle avec le sourire. On voulait vivre ce dénouement, savoir ce qui nous attendait cette saison, si on allait jouer la Champions League, si notre rythme allait être mercredi-samedi, ou si on allait devoir se contenter de l’Europa Cup. Maintenant, on est fixées.» Les semaines anglaises ne pourront nullement servir d'excuse en cas de couacs dans un championnat suisse plus relevé que la saison passée.

«En Suisse aussi, il y a du niveau»

Ce n’est pas chaque année qu’un club de Women’s Super League a la chance de rivaliser avec les meilleures équipes du continent. «Cela montre qu’avec du travail et de la persévérance, c’est possible d’y arriver», explique la jeune joueuse. «A Servette, ça fait des années qu’on essaie de faire quelque chose de bien et qu’on fait de bonnes choses. Le fait que ce soit reconnu aujourd’hui avec cette qualification, c’est super. Et ça va permettre de montrer qu’en Suisse aussi, il y a du niveau.»

Affronter les meilleures attaquantes du continent ne fait pas peur à Amina Muratovic, au contraire. «Le sentiment, c’est surtout de l’impatience et de la joie», corrige la défenseure, qui franchit les paliers à la vitesse de l’éclair. Cela tombe bien, elle a une condition physique phénoménale. Mercredi, elle a disputé son 4e match en 13 jours, sans être remplacée. «Je pense que la clé, c’est un bon sommeil, une bonne récupération et une bonne alimentation, explique cette grande fan du Barça. Je vais très bien dormir ce soir. Demain (ndlr: jeudi), entraînement, dimanche, match, et ça continue.» La Vaudoise a des ambitions et travailler d’arrache-pied pour atteindre ses buts ne lui fait pas peur. «Je ne m’attendais pas à ce que tout arrive aussi vite», disait-elle au terme de la saison passée. Et ce n’est que le début.

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«C'est une joueuse qui, physiquement, est l'un des piliers de l'équipe. Mais je pense qu’elle a le potentiel pour progresser encore», confirme son entraîneur, Cristian Toro. Elle a beaucoup mûri d’une année à l’autre. Ce qu’il faut maintenant, c’est concrétiser cette évolution dans le travail au quotidien, ainsi que dans ses prises de décision. Nous sommes ravis de son évolution, mais à un moment donné, nous devrons réduire son temps de jeu pour ne pas trop la solliciter.» La patience, une corde de plus à son arc que va devoir ajouter Amina Muratovic, qui n'attend qu'une chose: connaître le nom de ses futures adversaires.

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