SailGP à Genève
Le bateau suisse vogue de l’enfer au paradis

Explora Journeys a très mal commencé sa première journée devant son public. Avant de relever formidablement la tête et de rester en course pour la finale de dimanche.
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Le bateau Suisse reste en course pour la finale de dimanche.
Photo: EPA
Grégoire Surdez

Un très grand navigateur britannique, le plus grand de tous, sans doute, a dit un jour: «Ce qui fait la différence entre un bon sportif et un grand sportif, c’est sa capacité à supporter la pression.» La parole de Ben Ainslie, directeur de l’équipe anglaise de SailGP vaut de l’or. Autant que ces quatre titres olympiques qui font de lui le GOAT de la voile. Présent au bout du lac avec son équipe, il a apprécié le spectacle malgré des airs juste trop légers pour que les catamarans à foils ne puissent donner au public la pleine mesure de leur puissance. Il n’aura pas non plus manqué le faux départ des Suisses lors de la première manche du jour, faisant écho à ses sages paroles.

On ne saura jamais si c’est l’excès de pression qui a pesé sur les épaules de Sébastien Schneiter et ses équipiers lors de la phase de départ qui a tourné au cauchemar pour Explora Journeys Swiss. Poussé en dehors de la zone de start par le Canada, le F50 suisse n’a pas eu d’autre choix que de passer à côté de la ligne tandis que ses cinq adversaires filaient tout droit vers la première marque de parcours. Un tour sur lui-même plus tard, la ligne était franchie. Mais trop tard. Impossible sur des petits parcours et des manches n’excédant pas 12 minutes, d’espérer quoi que ce soit, Avec un zéro pointé sur cette première régate, la Suisse ne pouvait pas faire pire.

Sébastien Schneiter bien épaulé par Maud Jayet

Mais Ben Ainslie le dit aussi. «C’est aussi dans sa capacité à savoir rebondir et à rester concentrer que l’on reconnaît les champions.» Des propos apaisants et prémonitoires puisque Sébastien Schneiter, bien épaulé par la stratège Maud Jayet, a réalisé une fin de première journée presque parfaite. Le couac initial a été effacé dès le second coup de canon. Dans des airs renforcés, Explora Journeys Swiss a pris le meilleur départ cette fois, s’envolant vers la victoire pour le plus grand plaisir de la foule massée dans les tribunes, le long des quais et sur les bateaux postés autour du plan d’eau.

Soulagement dans le camp suisse. «La première course a été très délicate pour nous, admet Sébastien Schneiter. Il était très important de revenir immédiatement dans la course. On le voit encore aujourd’hui mais tout se joue à très peu de chose. Sur cette 2e manche, nous étions dans une situation très similaire à celle du premier départ, mais nous avons un peu mieux géré la situation. Dans ces conditions, il n'y a pas de place pour l'erreur.»

Et pourtant. Lors de la 3e course de ce premier jour de Rolex Swizerland SailGP, la Suisse a une fois encore pris un départ moyen, sans pour autant perdre le contact avec ses adversaires. Longtemps 6e et dernier, le jeune équipage suisse aurait pu craquer sous la pression. Il a au contraire effectué une série de petits choix tactiques (merci Maud Jayet), pour remonter à une inespérée 3e place qui lui permet de virer en troisième position de son groupe avant les épreuves dominicales.

Gérer la pression pour voguer de l’enfer au paradis. La Suisse connaît le chemin qui mène à la finale, qui réunit quatre bateaux (les deux premiers de chaque groupe). Ne reste plus qu’à éviter de se perdre en route.

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