Voici le taureau offert au vainqueur de la fête de lutte de Kilchberg
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Élevé par d'anciens lutteurs:Voici le taureau offert au vainqueur de la fête de lutte de Kilchberg

Qui rentrera avec Ultimo?
Ce colosse de 1300 kilos attend son nouveau propriétaire, le roi de la lutte

1300 kilos, des cornes impressionnantes et un tempérament étonnamment doux: Ultimo est le taureau qui sera offert au vainqueur de la fête de lutte suisse de Kilchberg. Blick lui a rendu visite cette semaine.
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Ultimo pèse pas moins de 1300 kilos.
Photo: TOTO MARTI
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Joël Hahn et Toto Marti

Au cœur des collines qui dominent Wädenswil se trouve la ferme de Paul Korrodi. En contrebas scintille le lac de Zurich. Tout autour, des vaches paissent dans les prés et des chevaux occupent les écuries.

L’exploitation abrite plus de 50 chevaux ainsi qu’une huitantaine de vaches et de veaux. Cavaliers et visiteurs vont et viennent. Et au milieu de toute cette animation règne Ultimo.

Il pèse 1300 kilos, est âgé de quatre ans et demi et porte d’impressionnantes cornes. Ce taureau de race Brune d’origine sera le prix principal de la Fête de lutte suisse de Kilchberg, qui se déroule le 5 septembre.

Dans son box, Ultimo paraît d’abord un peu réservé et capricieux. Paul Korrodi met également trois autres bovins à disposition comme prix. Lorsqu’il s’agit de faire sortir Ultimo, le colosse se montre quelque peu têtu. Mais il révèle rapidement une autre facette de son caractère: il tire régulièrement la langue vers son propriétaire et cherche à lui lécher la main. «Il a un très bon caractère», assure Paul Korrodi à Blick.

Ce géant n’est toutefois pas dépourvu de personnalité. «Il sait exactement ce qu’il veut. Mais il a vraiment un excellent caractère.»

Pas acheté spécialement pour Kilchberg

Paul Korrodi n’a jamais acheté Ultimo dans l’idée qu’il deviendrait un jour le taureau offert au vainqueur de Kilchberg. «C’est simplement arrivé comme ça», explique-t-il.

L’animal a été élevé par Alois Marty, à Goldau. Paul Korrodi l’avait réservé avant même sa naissance. Sa mère, une magnifique vache issue d’une lignée réputée, avait notamment pesé lourd dans sa décision.

Ultimo appartient à la race Brune d’origine, une ancienne race suisse réputée pour sa robustesse, sa longévité et sa capacité à s’adapter aux conditions de l’alpage. Il s’agit d’une race à double usage, destinée à la production de lait comme de viande.

Dans les années 1970, la race avait failli disparaître sous l’influence de la génétique américaine. Aujourd’hui, quelque 14 000 animaux sont à nouveau inscrits au livre généalogique.

Paul Korrodi est lié à l’élevage depuis son enfance. En 2012, il a repris l’exploitation de son père et de son oncle, qui élevaient déjà de grands taureaux reproducteurs.

«J’aime avoir à la ferme, dès son plus jeune âge, un taureau dont j’ai besoin pour mon propre élevage. Cela me permet de suivre son évolution dès le départ. »

Déjà 40 filles

Au cours des deux dernières années et demie, Ultimo a séjourné dans différentes exploitations afin de transmettre son patrimoine génétique. Paul Korrodi possède également de la semence du colosse, qui compte désormais une quarantaine de filles.

La valeur d’Ultimo est évidemment bien supérieure à celle d’un simple animal destiné à la boucherie. Un taureau ordinaire rapporte environ 6000 francs. Un taureau offert comme prix principal lors d’une fête de lutte telle que celle de Kilchberg peut valoir environ 12'000 francs. Mais compte tenu de sa taille et de son statut particulier, Ultimo devrait valoir nettement davantage.

Son alimentation, en revanche, n’a rien d’exceptionnel: de l’herbe, du foin et un peu d’aliments concentrés. Pas de programme d’entraînement particulier non plus. L’essentiel est qu’il puisse suffisamment bouger.

Oaz Korrodi le sort régulièrement et le laisse paître dans les prés. Son principal souci est d’éviter que le géant ne prenne encore du poids. «Il est exactement au bon poids actuellement. Il faut simplement veiller à ce qu’il ne grossisse pas davantage.»

Le taureau et le lutteur

Ce n’est pas un hasard si Paul Korrodi entretient lui-même des liens étroits avec la lutte suisse. Ancien lutteur actif, il a remporté dix couronnes et participé à une Fête fédérale.

Aujourd’hui, il occupe le poste de directeur technique de la Fédération cantonale zurichoise de lutte suisse. Son fils Janik pratique lui aussi ce sport.

À la ferme, Paul Korrodi a toujours grandi entouré d'animaux. Son père et son oncle élevaient déjà des taureaux reproducteurs. Il sait donc parfaitement comment se comporter face à un animal comme Ultimo. L’essentiel, explique-t-il, est de savoir évaluer correctement sa force et son comportement. «Il faut toujours lui témoigner le respect qu’il mérite.»

Lors de notre visite, le calme d’Ultimo impressionne. Après avoir d’abord résisté à l’idée de sortir de son box, le géant se laisse finalement guider et pose patiemment. De temps à autre, il cherche même la proximité de son propriétaire et tente de lui lécher la main.

Mais à la ferme, Paul Korrodi doit rester vigilant. Sa mère, Margrit, dirige le centre équestre et il y a constamment des gens et des chevaux qui circulent sur l’exploitation. Les enfants, en particulier, aimeraient volontiers caresser le gigantesque taureau. Aussi placide qu’Ultimo puisse paraître, il n’en demeure pas moins un animal de 1300 kilos.

Le 5 septembre, il sera l’une des grandes attractions de la Fête de lutte suisse de Kilchberg. Paul Korrodi a déjà ses favoris pour remporter la compétition: Werner Schlegel, Samuel Giger, Armon Orlik et Damian Ott.

Mais qui repartira finalement avec le colosse? «Que le meilleur gagne», sourit-il. D’ici là, Ultimo continuera de régner tranquillement sur les hauteurs de Wädenswil.

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