Le Kényan Sabastian Sawe a écrit une des pages les plus prestigieuses de l'histoire de l'athlétisme en courant un marathon en moins de deux heures. Le parcours de Londres a offert une course d'anthologie, puisque trois coureurs sont allés plus vite que l'ancien record du monde.
Dans des conditions idéales, grand soleil, 18 dégrés, pas de vent, l'édition britannique s'est aussi offert le record féminin. L'Ethiopienne Tigst Assefa a aussi réalisé le chrono le plus rapide de l'histoire pour une course exclusivement féminine, après 2 heures, 15 minutes et 41 secondes d'effort.
Un podium exceptionnel
La performance de Sabastan Sawe, 29 ans, a cependant capté toute la lumière après 42,195 km avalés à un rythme d'ogre, d'abord au sein d'un petit groupe de six, puis avec Yomif Kejelcha et Jacob Kiplimo en échappée. Le Kényan a placé une dernière accélération pour décrocher ses rivaux méritants et franchir, seul au monde, la ligne d'arrivée sur la fameuse avenue menant à Buckingham Palace.
Le chrono s'est arrêté à 1 heure, 59 minutes et 30 secondes, soit plus d'une minute de moins que le précédent record du monde établi par Kiptum (2h01'35) en avril 2023 à Chicago, moins d'un an avant l'accident de voiture dans lequel il est décédé. «Je me sens bien, je suis tellement heureux. C'est une journée mémorable pour moi», a réagi en peu de mots le vainqueur, au micro de la BBC.
De manière tout aussi incroyable, l'ancienne marque établie par Kiptum a été dépassée par les deux autres membres du podium, Yomif Kejelcha (1h59:41) et Jacob Kiplimo (2h00:28). La performance est d'autant plus remarquable pour Yomif Kejelcha que l'Ethiopien de 28 ans, spécialiste du semi-marathon, s'alignait pour la première fois sur la distance reine.
L'Ougandais Jacob Kiplimo, deuxième l'an dernier (2 h 03 min 37 sec) pour son premier marathon, complète ce podium fantastique. Un autre homme, le Kényan Eliud Kipchoge avait déjà couru un marathon en moins de deux heures, en 2019 à Vienne (1h 59h 41 sec), dans une exhibition où il avait été aidé par 41 lièvres, ce qui interdisait l'homologation d'un record.
Victoire féminine au sprint
L'Ethiopienne Tigst Assefa a elle aussi écrit un morceau d'histoire, dimanche, en conservant son titre à Londres avec un nouveau record du monde dans une course non mixte, exclusivement pour femmes (d'autres sont allées plus vite mais en courant au milieu des hommes). L'athlète de 29 ans a placé un sprint dans les derniers mètres pour décrocher les Kényanes Joyciline Jepkosgei et Hellen Obiri, avec qui elle a fait toute la course, et coupé la ligne après 2 heures, 15 minutes et 41 secondes d'effort.
C'est neuf secondes de moins que le précédent record mondial. Elle avait elle-même établi cette marquei l'année dernière sur ce même parcours, entre le quartier de Greenwick et l'avenue The Mall, son terminus.
Hug et Debrunner triomphent
La Suisse a dominé sans surprise les courses en fauteuil roulant au marathon de Londres. Les Thurgoviens Marcel Hug et Catherine Debrunner se sont imposés dimanche dans la capitale britannique. Marcel Hug a triomphé à Londres pour la septième fois consécutive, la huitième au total (2014, 2016, 2021-26). Il a franchi la ligne d'arrivée en 1h24'13, à 29 secondes du record du parcours qu'il avait établi en 2023.
Comme lors de sa victoire six jours plus tôt à Boston, l'athlète de 40 ans s'est détaché après 10 km de course, laissant le Britannique David Weir et le Chinois Luo Xingchuan dans le rétroviseur. Catherine Debrunner a quant à elle signé sa quatrième victoire à Londres (2022, 2024-26) en battant au sprint l'Américaine Tatyana McFadden avec laquelle elle était au coude-à-coude dès le km 15. Elle s'est imposée en 1h38'29. La Lucernoise Manuela Schär a complété le podium.