Entretien à Crans-Montana
Franjo von Allmen rêve du globe de cristal plus que du titre mondial

Franjo von Allmen en veut toujours plus. Après ses trois titres olympiques en 2026, le Bernois vise son premier globe de cristal. Et rêve d'un nouveau triomphe mondial sur la piste de Crans-Montana.
1/6
La piste de Crans-Montana convient parfaitement à Franjo von Allmen.
Photo: Getty Images
RMS_Portrait_AUTOR_485.JPG
Benjamin _Soland_Fotograf _Blick Sport_2-Bearbeitet.jpg
Mathias Germann et Benjamin Soland

Existe-t-il une piste sur laquelle un skieur est imbattable? On pourrait bien le croire pour deux athlètes suisses. Pour Marco Odermatt, ce serait Adelboden, où il s'est imposé à cinq reprises lors des cinq dernières années. Pour Franjo von Allmen, ce serait la piste de Crans-Montana, où il a signé deux victoires en deux descentes. «Ce parcours me convient, ce n'est un secret pour personne. Mais on peut bien sûr me battre ici», tempère le Bernois.

Franjo von Allmen est ambassadeur des Championnats du monde 2027 à Crans-Montana. En cette journée d'été, il parcourt avec bonne humeur la Piste Nationale, sur laquelle il affiche un sans-faute. «J'aime les virages longs, ces passages où l'on glisse doucement», confie-t-il. Avant d'ajouter en souriant: «Je n'en dirai pas plus.» À ses adversaires de continuer à chercher pourquoi il excelle autant sur ce tracé.

Une nouvelle génération veut briller à Crans-Montana

Pirmin Zurbriggen et Erika Hess ont eux aussi fait le déplacement à Crans-Montana. Deux héros des Championnats du monde 1987: le Valaisan y avait décroché deux médailles d'or et deux d'argent, tandis qu'Erika Hess avait été sacrée championne du monde en combiné et en slalom. Franjo von Allmen connaît bien leurs exploits et la ferveur qui avait soulevé la Suisse quarante ans plus tôt. «Il ne faut pas faire de comparaisons. C'était une autre époque. Franjo et les autres n'ont aucune obligation, ils ont simplement la possibilité d'écrire leur propre histoire en février», sourit Pirmin Zurbriggen.

Pour Franjo von Allmen, les Championnats du monde restent pourtant lointains. «Je me concentre sur la préparation, puis sur les premières courses. Tout le reste viendra plus tard.» Il n'en fera pas moins partie des favoris, voire du grand favori. «Je prends ça avec décontraction et je fais comme lors des derniers grands événements. Ça a bien fonctionné», relativise-t-il. Une façon modeste de résumer un palmarès impressionnant: deux médailles d'or aux Mondiaux de Saalbach en 2025, et même trois en or aux Jeux olympiques de 2026.

«FvA» penche pour le globe de cristal

La pression s'en trouve-t-elle plus accrue ou, au contraire, allégée par ces titres déjà acquis? «On peut voir les choses des deux manières. Soit je n'ai plus rien à prouver à personne, soit tout le monde s'attend à ce que je gagne ici.» Franjo von Allmen penche plutôt pour la première hypothèse. «Je prends ça avec décontraction. Mais bien sûr, je ne suis pas sur la ligne de départ juste pour le plaisir, je veux réaliser ma meilleure performance.»

C'est de toute façon lui-même qui s'impose le plus de pression. Et il sait que de nombreux paramètres entreront en jeu en février: «Il faut aussi que la santé soit au rendez-vous, tout comme le mental.»

Mais peut-être que « FvA » vise tout autre chose cet hiver. Interrogé sur ce qu'il préférerait entre un globe de cristal et une victoire à domicile aux Mondiaux, le champion répond: «Probablement le globe de cristal, parce que je ne l'ai encore jamais remporté.» Que ce vœu se réalise ou non la saison prochaine, Franjo von Allmen n'a, à seulement 25 ans, pas fini d'avoir des occasions de l'exaucer.

Articles les plus lus