Champion du monde en salle et détenteur du record du monde de l’heptathlon, vainqueur à Götzis, vice-champion d’Europe du saut en longueur, troisième de la finale de la Diamond League et désormais également troisième de l’Ultimate Championship à Budapest. Simon Ehammer peut se retourner sur une saison formidable et historique. Et pourtant, le Suisse a encore trouvé une raison de s’énerver pour la conclure.
Le nouvel événement organisé à Budapest, doté de dix millions, ne laissera pas que de bons souvenirs à l’Appenzellois. Pas à cause de l’ambiance au National Athletics Centre, où les Championnats du monde avaient également eu lieu il y a trois ans: «L’ambiance était géniale, ils doivent absolument continuer comme ça», confie Ehammer à la SRF. En revanche, l’organisation de cette nouvelle grande compétition lui est restée en travers de la gorge, au point de laisser éclater toute sa frustration lors de son interview télévisée. Il évoque d’abord une «performance médiocre» de sa part, avant d’ajouter que «l’organisation de la compétition l’était aussi».
Interrogé sur ses critiques, il explique finalement que, dans son cas, une promesse des organisateurs n’a pas été tenue: «C’est assez surprenant. On nous avait dit qu’il n’y aurait pas de chevauchement entre les disciplines lors de cet événement». Mais c’est précisément au moment où, après un premier essai invalidé, il s’apprêtait à effectuer son deuxième saut que le départ du 400 m haies a été donné. «Et malgré ça, ils me donnent le feu vert pour sauter. Je me dis: oui, je peux y aller maintenant. Mais premièrement, on nous avait dit que les épreuves se dérouleraient les unes après les autres et, deuxièmement, je ne veux pas non plus perturber les autres athlètes.»
Ehammer critique le manque de considération
Le Suisse a malgré tout dû effectuer son saut. Une situation qui l'a fortement agacé. Ehammer a ensuite fait part de son mécontentement au responsable: «Je lui ai dit que ça ne pouvait pas se passer comme ça». Et de poursuivre: «Ça m’énerve qu’on nous dise avant la compétition qu’on veut penser aux athlètes et mettre chaque discipline en valeur, pour finalement ne pas en tenir compte à un moment aussi important».
Ehammer reconnaît qu’il ne s’agit finalement que d’un petit détail et qu’il a bien sûr encore bénéficié de deux autres essais par la suite, lors desquels il aurait pu faire mieux: «Mais ça reste frustrant que les choses se soient passées comme ça».
Voilà pour l’organisation de cette première à Budapest, où la pelouse teinte en noir a également fait parler. Mais à l’écoute de l’interview télévisée d’Ehammer, on comprend que sa performance personnelle l’agace peut-être encore davantage. Ses 8,07 m lui ont permis de prendre la troisième place et d’empocher une jolie somme de 40’000 dollars. Le détenteur du record de Suisse (8,51 m) fait néanmoins comprendre que ces distances ne correspondent pas à ses ambitions.
Il peut désormais se réjouir de ce qu’il a assurément mérité après cette excellente saison: des vacances.