Audrey Werro, spécialiste du 800 mètres, a couru cette saison dans une catégorie à part. Depuis sa deuxième place aux Championnats du monde en salle à Toruń (Pologne) en mars, la Fribourgeoise a raflé les lauriers lors de chacune de ses courses. Et pas seulement sur le plan sportif. Sur le plan financier également, la championne d'Europe et lauréate de la Diamond League se situe au niveau des superstars dans sa discipline. En additionnant ses performances marquantes de cette année – aux Championnats du monde en salle, aux Championnats d'Europe et aux épreuves de la Diamond League –, Audrey Werro atteint un total officiel de primes de 228'000 dollars, soit environ 184'000 francs.
Aux côtés des stars de l'athlétisme
Elle n'est ainsi plus très loin, par exemple, du roi du saut à la perche Armand «Mondo» Duplantis, dont le total de primes s'élève à 250'000 dollars. Et Audrey Werro devance même déjà la championne olympique du 100 m, Julien Alfred, qui est montée sept fois sur le podium de la Diamond League cette année. La sprinteuse originaire de Sainte-Lucie totalise 146'000 dollars.
Dans le cas d'Audrey Werro, ce sont surtout les 60'000 dollars qu'elle a reçus pour sa victoire en finale de la Diamond League à Bruxelles qui ont fait la différence. Elle a également reçu une prime de 58'000 dollars pour son titre aux Championnats d'Europe, car le 800 m avait été défini au préalable comme une épreuve «Gold Crown» spécialement dotée.
Si elle avait déjà réussi à battre le record du monde lors de la Diamond League, elle aurait perçu entre 50'000 (par exemple à Lausanne) et 80'000 dollars (Weltklasse Zurich) de prime spéciale supplémentaires.
Audrey Werro peut désormais couronner sa saison de rêve lors de l'Ultimate Championship à Budapest (demi-finale vendredi, finale samedi), où l'attend une cagnotte totale de 10 millions de dollars, du jamais vu en athlétisme. La victoire lui rapporterait ici 150'000 dollars. Et le record du monde battu serait récompensé par 100'000 dollars.
Encore bien loin des tenniswomen
Les revenus mentionnés d'Audrey Werro ne tiennent pas compte des subventions issues de contrats de partenariat, des primes de participation ou des contributions de mécènes. Autant de sources de revenus qui, selon la définition que l'on en donne, peuvent s'avérer très lucratives. Une chose est sûre : grâce à ses récentes performances, la Romande disposera des meilleurs arguments pour négocier des contrats nettement plus lucratifs pour les années à venir. Toutefois, si l'on se limite aux revenus de base provenant des primes, elle se retrouve en mauvaise posture en athlétisme par rapport à d'autres sports mondiaux. Qu'il y ait ou non un événement à plusieurs millions à Budapest.
Un footballeur de Premier League touchant un salaire moyen (environ 3,5 millions de francs par an) gagne, en deux semaines et demie seulement, à peu près autant que ce qu'Audrey Werro a empoché jusqu'à présent en primes officielles en 2026. Et le bilan dans le monde du tennis est tout aussi parlant: Audrey Werro occupe actuellement la deuxième place du classement mondial du 800 m, juste derrière la championne olympique Keely Hodgkinson. La Kazakhe Elena Rybakina, qui occupe actuellement la 2e place du classement WTA mais qui accédera au sommet après l'US Open, a déjà empoché cette année environ 5,38 millions de dollars.
Même la 100e joueuse mondiale, l'Australienne Taylah Preston, a gagné cette année 334'880 dollars, soit environ une fois et demie plus qu'Audrey Werro. L'athlétisme, avec ses innombrables disciplines, ne peut tout simplement pas rivaliser avec des sports plus spécialisés. Au basket-ball ou au golf aussi, les meilleurs athlètes touchent des millions.
Et qu'ont gagné d'autres athlètes suisses de haut niveau en 2026? Derrière Audrey Werro, on retrouve le détenteur du record du monde de heptathlon et médaillé d'argent aux Championnats d'Europe de saut en longueur, Simon Ehammer (125'000 dollars), ainsi que la championne d'Europe de saut à la perche, Angelica Moser (124'000 dollars).