Par Richard Werly
Activistes humiliés: cet Israël-là n'est pas défendable

Même Benyamin Netanyahu a désavoué son ministre de la Sécurité nationale après la publication d’images des activistes de la flottille pour Gaza agenouillées, la tête au sol et les mains attachées. Inacceptable et indéfendable pour notre journaliste Richard Werly.
Itamar Ben Gvir, leader de l'extrême droite israélienne, se comporte comme un soudard.
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Richard WerlyJournaliste Blick

La honte et le dégoût. Voici ce que suscitent les images des activistes de la flottille pour Gaza, interpellés par la police israélienne, puis agenouillés, traînés parfois par les cheveux, la tête contre le sol et les mains attachées, devant un ministre de la Sécurité hilare. La honte, parce qu’Itamar Ben Gvir, le ministre en question, jubile devant l'humiliation publique infligée à ces Européens qui osent encore forcer le blocus de Gaza. Le dégoût, parce que rien ne justifie un tel spectacle dans un pays démocratique, face à des protestataires désarmés.

Un soudard

Itamar Ben Gvir, leader de l'extrême droite israélienne la plus brutale et la plus colonisatrice dans les territoires palestiniens, se comporte comme un soudard. Pire: comme un destructeur impitoyable de l'État de droit dont il se moque éperdument lorsque cela concerne les Palestiniens, et tous ceux qui soutiennent leur aspiration à un État. En août 2025, ce ministre indispensable à la coalition de Benjamin Netanyahu – il contrôle 12 sièges de députés à la Knesset sur 120 – n'avait pas hésité à venir menacer dans sa prison le dirigeant palestinien Marwan Barghouti, incarcéré depuis 2004. Il avait, là aussi, mis en scène son agression verbale, veillant à ce que les images soient largement diffusées. Au service d'une volonté aussi claire que terrible: semer la peur, et nier par avance les droits des Palestiniens et de ceux qui défendent leur cause.

L'horreur du Hamas

Taire notre honte et notre dégoût est dès lors impossible. Non, Israël ne mérite pas de tels ministres, qui puisent dans l'horreur de l'assaut terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, le carburant d'une haine inextinguible et d'un projet politique d'apartheid. Non, Israël ne mérite pas d'avoir, à la tête de ses très efficaces services de sécurité, un homme dont le but avoué est de chasser par la force les Palestiniens de leurs terres. Et non, Israël ne mérite pas de circonstances atténuantes lorsque sa police humilie de la sorte les activistes de la flottille pour Gaza.

Les électeurs israéliens qui seront bientôt convoqués aux urnes pour élire leur prochain Parlement ont évidemment le droit de voter pour le parti d'Itamar Ben Gvir et de son allié, Bezalel Smotrich. Peut-être même que le nombre de voix recueillies par ces deux leaders d'extrême droite sera encore plus grand à l'issue de ce scrutin. Mais tous ceux qui ne partagent pas leurs idées doivent comprendre ce que leur maintien au pouvoir engendrera inévitablement: plus de guerre, plus de violence, et une réputation d'Israël à jamais entachée, parce que sous leur férule, l'État hébreu ne méritera peut-être plus, demain, le terme de démocratie dont il s'enorgueillit.

La vengeance et la haine

Benjamin Netanyahu a officiellement condamné les images des activistes de la flottille, qui ont conduit plusieurs gouvernements européens à convoquer les ambassadeurs israéliens. La vérité est néanmoins que le Premier ministre connaît parfaitement ses alliés, et qu'il soutient en sous-main cette brutalisation du pouvoir en cours dans l'État hébreu. Oui, tout cela ne peut qu'inspirer de la honte et du dégoût. Lesquels, compte tenu de l'actuelle guerre en cours contre l'Iran, attisent le carburant le plus redoutable: celui de la vengeance et de la haine.

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