«Buvez beaucoup d'eau.» «Restez au frais.» «Prenez soin des personnes vulnérables.» Ces conseils sont précieux. Ils sauvent des vies. Mais, en 2026, cela ne suffit plus.
Alors que les alertes canicule se multiplient, il y a une phrase que l'on entend encore trop peu: la canicule est politique.
Au moment où les records de chaleur tombent, les nuits tropicales s’enchaînent et les périodes de sécheresse s'allongent, rappelons que les scientifiques sont formels depuis longtemps : le changement climatique s’accélère et rend les canicules plus fréquentes, plus longues et plus intenses.
Rien de tout cela n'arrive par surprise.
Depuis plus de quarante ans, les scientifiques alertent et les écologistes demandent de réduire notre dépendance au pétrole, au gaz et au charbon. Nous proposons des solutions concrètes et efficaces: développer les énergies renouvelables, désinvestir des énergies fossiles et stopper les nouveaux forages, développer les transports publics ou isoler massivement les bâtiments.
Qu'est ce qui attend mon fils dans 20 ans?
Pendant ce temps, combien de responsables politiques ont détourné le regard? Ou pire, tout fait pour mettre en échec ces projets. Combien ont combattu les lois climat, défendu les énergies fossiles ou présenté l'écologie comme une menace plutôt que comme une solution?
Lorsque le thermomètre dépasse les 35 degrés en juin, nous ne faisons pas face à une simple anomalie météorologique. Nous constatons les conséquences d'années d'inaction climatique et de choix politiques irresponsables.
Comme beaucoup de parents, je regarde cette évolution avec inquiétude. Mon fils n'a que quatre mois. Lorsque je le vois affronter déjà ses premières journées de chaleur accablante, je ne peux m'empêcher de penser à ce qui l’attend dans vingt ou cinquante ans.
Quel climat connaîtra sa génération? Combien de canicules vivra-t-elle? Combien de personnes fragiles subiront encore les conséquences de l’incurie des majorités politiques de droite et anti-écologistes?
Les conseils de prudence ne suffisent plus
La canicule est aussi une question de justice. Car ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus : les personnes âgées, les malades, les travailleurs-ses exposés à l'extérieur, les habitant-e-s des quartiers les plus bétonnés.
Face à cela, il ne suffit plus de distribuer des conseils de prudence.
La bonne nouvelle, c'est que nous ne sommes pas condamnés à subir. Tout compte. Chaque dixième de degré en moins. Chaque arbre planté. Chaque bâtiment rénové. Chaque investissement dans les transports publics et les énergies renouvelables. Chaque franc désinvesti des énergies fossiles.
Alors, oui, il faut s'hydrater. Oui, il faut protéger les plus vulnérables.
Mais il faut aussi avoir le courage de regarder la cause du problème en face. Et reconnaître que la canicule n'est pas un simple phénomène météorologique.
Elle est politique.