La chronique de Christian Dandrès
J’ai rencontré Rima Hassan au Palais fédéral

La visite de Rima Hassan au Palais fédéral a marqué le conseiller national socialiste (GE) Christian Dandrès. Une rencontre marquée par des tensions avec l'UDC et un soutien aux militants suisses de la Global Sumud Flotilla.
Christian Dandrès nous racconte la venue de Rima Hassan à Berne.
Photo: Blick
Christian Dandrès
Christian DandrèsChroniqueur Blick - Conseiller national PS (GE)

Hystérie à l’Union démocratique du centre (UDC): Rima Hassan, euro-deputée de la France insoumise, vient au Palais Fédéral!

Qui est Rima Hassan?

Son parcours fait d’elle un témoin de la violence qui s’abat sur le peuple palestinien, notamment sur les enfants. Elle est en effet née dans un camp de réfugiés en Syrie et y a vécu jusqu’à ses 10 ans. Des camps qui sont le résultat de la nakba, l’expulsion de 650'000 Palestiniens de leur pays en 1948. Un nettoyage ethnique étudié par des historiens israéliens. Ses liens avec la population palestinienne et ses études de droit international lui permettent de comprendre le drame quotidien vécu par les Palestiniens de Cisjordanie – soumis aux attaques et meurtres des colons – comme de caractériser du point de vue du droit la politique génocidaire du gouvernement Netanyahou à Gaza.

Campagne de l'UDC

La politique est aussi une affaire d’incarnation et de symbole. UDC l’a bien compris en lançant cette piètre campagne de dénigrement, s’alignant sur l’extrême droite européenne.

Cette visite était cependant centrée non pas sur Rima Hassan, mais sur la dizaine de Suissesses et de Suisses qui ont participé à la flottille (Global Sumud Flotilla) qui a tenté de forcer le blocus imposé par l’extrême droite au pouvoir en Israël, pour apporter un soutien humanitaire aux Gazaouis.

Les participants à cette action périlleuse ont agi par révolte de voir Ignazio Cassis et le Conseil fédéral poursuivre dans la voie de la collaboration avec ce gouvernement assassin. Ce printemps, Ben-Gvir, ministre de Netanyahou, jubilait d’être parvenu à enfoncer son pays un peu plus encore dans l’ignominie, en réintroduisant la peine de mort pour une infractions qui dit long: «avoir tué des Israéliens de manière intentionnelle ou par négligence, pour des motifs racistes ou par hostilité envers un groupe particulier de la population, dans le but de nuire à l’Etat d’Israël et à la renaissance du peuple juif sur son territoire». Instaurer la torture – la peine de mort en est une – dans le droit pénal israélien, de même que le suprémacisme. La peine de mort, dans l’esprit de l’apartheid, ne vaut que pour les Palestiniens.

Les participants à la flotille défendent à leur façon et avec courage les principes d’humanité consacrés dans les Conventions de Genève, si valorisées officiellement.

Saluer le courage des engagés

Et du courage il leur en a fallu. Elles et ils ont été arrêtés au large de la Grèce par l’armée israëlienne – un acte de piraterie au regard du droit de la mer – retenus illégalement, humiliés et victime de violences sexuelles. Le ministre Ben-Gvir a tenu à manifester son soutien à cet acte barbare en paradant devant les membres de la flotille, mis à terre et mains liées, au son de l’hymne national et en clamant «Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous!»

Mais c’est peu de chose par rapport au vécu de centaines de détenus de la prison de Ketziot, dans le désert du Neguev, où croupissent des centaines de palestiniens victimes de torture et d’infâmies, emprisonnés administrativement.

Voilà pourquoi je suis fier d’avoir pu être présent pour entendre et saluer le courage de ces engagés que l’histoire retiendra sans doute comme des justes.

Quant à l’UDC, elle avait déjà tenté de troubler la venue du président du parlement ukrainien. Autre facette de la même pièce: s’opposer à la venue celle de Rima Hassan.

Je dédie cette chronique aux membres de la flotille et à tous ceux et celles qui partout dans le monde s’engagent pour la liberté, la dignité humaine et la solidarité internationale.

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