Selon la Vert'libérale Judith Bellaïche
«Une Suisse à 10 millions d'habitants où il fait bon vivre? C'est possible»

L'UDC veut éviter une Suisse à 10 millions d'habitants. La conseillère nationale vert'libérale Judith Bellaïche, en revanche, ne craint pas ce scénario. Selon elle, le Conseil fédéral doit montrer comment une telle croissance démographique peut être maîtrisée.
Publié: 07.03.2023 à 13:51 heures
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Dernière mise à jour: 29.05.2023 à 11:25 heures
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En Suisse, la population ne cesse de croître.
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Ruedi Studer

La Suisse s'agrandit. Plus de 80'000 personnes ont immigré l'année dernière. Le pays enregistre également un léger excédent de naissances, si bien que la population résidente permanente devrait dépasser les 8,8 millions de personnes fin 2022. La Suisse frôle ainsi la barre des 9 millions d'habitants. Selon les estimations de la Confédération, la population devrait même atteindre 10,4 millions d'habitants d'ici à 2050.

L'UDC craint même que cela n'aille beaucoup plus vite. La politique d'immigration sera son grand thème de campagne. Cette année encore, elle veut lancer une initiative populaire pour freiner l'immigration. «Nous devons nous demander si nous voulons vivre dans une Suisse de 10 millions d'habitants. Certainement pas moi!», a récemment déclaré le chef de l'UDC Marco Chiesa dans une interview accordée à Blick.

«Empêcher les luttes de répartition»

La Suisse à 10 millions d'habitants préoccupe aussi la conseillère nationale vert'libérale Judith Bellaïche. Mais elle voit cette augmentation démographique différemment: «Nous ne devons pas nous demander 'si', mais 'comment' nous voulons vivre dans une Suisse à 10 millions», déclare-t-elle à Blick. Elle s'agace de voir que le débat sur la population est utilisé pour «diffuser des représentations exagérées et attiser les peurs».

Pour elle, il est en effet clair qu'«une Suisse de 10 millions d'habitants où il fait bon vivre est possible». Mais pour cela, il faut prévoir à l'avance des mesures pour s'y adapter. «Ce qui met en péril la paix sociale dans notre pays, ce sont des luttes pour accéder à un appartement, une place dans le train ou un lit d'hôpital, par exemple.» C'est pourquoi il faut empêcher de manière proactive de telles luttes de répartition.

En d'autres termes: Si la population augmente, il faut aussi plus de logements, plus de transports publics, plus d'énergie, plus d'hôpitaux, plus d'écoles. Et pas seulement en quantité, aussi en qualité», souligne la conseillère nationale. Une croissance que les Vert'libéraux ne craignent pas du tout: «Ce qui est déterminant, c'est que nous planifions consciencieusement les mesures nécessaires et que nous les mettions en œuvre en fonction des besoins.»

Un Conseil fédéral sans vision d'avenir?

C'est là qu'elle veut mettre le Conseil fédéral devant ses responsabilités en déposant une nouvelle intervention. Le gouvernement doit montrer comment la croissance démographique peut être maîtrisée. Cela pourrait par exemple être dans l'aménagement du territoire, où il faudrait définir dans quelles régions la croissance doit avoir lieu, selon la Zurichoise. «Est-ce que l'on doit plus construire en hauteur dans les zones urbaines et où faut-il améliorer la mobilité?»

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Ce qui étonne Judith Bellaïche, c'est le «l'absence de vision d'avenir de la part du Conseil fédéral qui n'imagine pas à quoi la Suisse du futur doit ressembler. Au lieu de faire preuve de leadership, il regarde ailleurs et trébuche de problème en problème. «La Suisse se laisse piéger par les manigances électorales de l'UDC», affirme-t-elle.

Le savoir-faire comme principale ressource

Selon elle, une Suisse de 10 millions d'habitants ne serait problématique que si l'on oubliait d'adapter l'approvisionnement et l'infrastructure en conséquence. La place économique suisse est tributaire de l'immigration. «Le savoir-faire des individus est notre principale ressource et assure notre prospérité», déclare la conseillère nationale. «Il y a suffisamment de raisons de présenter une Suisse de 10 millions d'habitants sous un jour positif.»


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