Nathalie Fontanet soutient Céline Amaudruz
«Entarter une élue, c'est une menace contre notre démocratie»

Mercredi dernier, la conseillère nationale Céline Amaudruz était invitée à l'Université de Genève pour une joute oratoire. Des militants de la gauche radicale ont fait irruption dans la salle et tenté de l'entarter. La ministre genevoise PLR Nathalie Fontanet réagit.
Publié: 26.12.2022 à 17:39 heures
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La conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE) a bien failli se faire entarter, mercredi dernier, alors qu'elle prenait part à une joute oratoire organisée par le Club de débat de l'Université de Genève. (Image d'archives)
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Daniella GorbunovaJournaliste Blick

La conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE) a bien failli se faire entarter, mercredi dernier, alors qu'elle prenait part à une joute oratoire organisée par le Club de Débat de l'Université de Genève. Pendant l'événement, des perturbateurs masqués et encapuchonnés ont tenté de «prendre d'assaut» la salle de l'Université dans laquelle se déroulait l'événement, comme nous le révélions samedi.

Les membres de l'organisation ont essayé de s'interposer, mais deux perturbateurs sont parvenus à forcer le passage dans la salle. La tarte, destinée à finir sur le visage de l'élue fédérale, leur a été retirée à temps. L'un d'eux a néanmoins eu le temps d'arroser l'assistance de purin d’ortie. Avant de s'enfuir.

Nous savons désormais que ces individus sont des militants antifascistes, et qu'ils ont revendiqué l'action via le média de gauche radicale «Renversé»: «On ne le dira jamais assez: Amaudruz tu pues, dégage de notre uni!», peut-on lire dans le billet. Où la menace de réitérer de telles actions est claire.

La victime de ce (presque) entartage a porté plainte pour tentative de lésions corporelles simples et voie de fait, samedi, apprend-on via «20 minutes». Céline Amaudruz compte également rajouter la menace à sa plainte.

L'Université condamne officiellement l'action, et affirme son soutien à la conseillère nationale. Pourtant, cette dernière se dit déçue du peu de mesures prises par l’alma mater – à savoir des rencontres avec les membres des associations organisatrices, qui devraient conditionner les dispositions à prendre par la suite.

Céline Amaudruz affirme dans les colonnes du média gratuit que, pour le recteur, «l’événement a pu suivre son cours, donc tout va bien. Si c’est ça sa réaction à la violence des gens, ça ne me convient pas. Cette situation s’est déjà produite à plusieurs reprises. Ce n’est pas normal.»

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«La liberté d'expression est une valeur»

Contactée par Blick lundi, la conseillère d'Etat genevoise Nathalie Fontanet (PLR) vole au secours de Céline Amaudruz: «Nous avons la chance de vivre dans une démocratie directe, où la liberté d'expression est une valeur. Dans ce contexte, des gens qui interrompent un débat à l'université, en cagoule, en voulant entartrer une personnalité politique élue démocratiquement, c'est grave. C'est une menace contre notre démocratie.»

Et d'ajouter: «Honnêtement, je pense que le Club de l'Université à l'origine de l'événement pourrait – et devrait, peut-être même – déposer plainte également.» Ce qui n'est pas au programme, d'après les informations de nos confrères. Une source, qui a désiré rester anonyme, nous confirme que des discussions et un arrangement «à l'amiable» auront probablement lieu entre l'université et les agitateurs, comme ce fut déjà le cas dans le cadre d'un incident similaire survenu plus tôt dans l'année.

Pour la libérale-radicale aussi, cette situation fait écho à d'autres événements survenus cette année, à l'image de l'interruption de la conférence sur le livre «La fabrique de l'enfant-transgenre» par des militants et militantes LGBTQIA+, en avril 2022: «C'est le même genre de dérives. Ces personnes auraient simplement pu participer au débat.»

«Des personnes éduquées, à priori»

Ce genre d'actes radicaux sont-ils devenus plus courants, ces dernières années, selon la politicienne de droite (et d'expérience)? «Ils ont toujours existé, rétorque l'élue PLR. Mais il est vrai que les actions radicales de ce style semblent particulièrement fréquentes ces temps. Je pense par exemple aux personnes qui se collent la main au sol, pour protester contre le réchauffement climatique, dans un canton de Genève qui n'a pourtant jamais autant investi dans la transition écologique que ces dernières années...»

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Elle pointe aussi du doigt la probable provenance socio-culturelle de ces perturbateurs d'événements – qui ne les justifie en rien, selon la politicienne: «Ce qui me frappe, aussi, c'est que les personnes qui viennent ainsi interrompre des conférences sont généralement eux-mêmes et elles-mêmes des universitaires, des personnes éduquées, à priori. On ne peut donc même pas leur prêter l'excuse du manque de capacités intellectuelles, qui les empêcherait de prendre part au débat...»

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