Initiative glaciers torpillée
L'UDC dénonce un «gaspillage» et lance un référendum

L'UDC ne veut pas du contre-projet bricolé par le Parlement à l'initiative glaciers. Le parti veut faire voter la population, assimilant le texte à «du gaspillage d'électricité».
Publié: 20.09.2022 à 18:27 heures
Le Conseil fédéral a concocté un contre-projet «irresponsable», estime le chef du groupe UDC, Thomas Aeschi.
Lea Hartmann

Pour le comité derrière «l'initiative pour les glaciers», c'était une victoire: le Parlement a adopté un contre-projet indirect au texte, qui veut inscrire dans la Constitution l'objectif de zéro émissions nettes d'ici 2050. La version validée sous la Coupole va certes moins loin que le scénario espéré, mais suffisamment pour que les initiants retirent leur texte.

Mais le peuple pourrait tout de même voter. L'UDC a annoncé ce mardi qu'elle lancerait un référendum contre les modifications de la loi. Le parti qualifie le texte de «gaspillage d'électricité». «C'est un paquet irresponsable ficelé par la gauche», a dénoncé le chef du groupe parlementaire, Thomas Aeschi, devant la presse.

Pour l'UDC, à l'heure où la pénurie d'électricité guette, on ne peut pas voter une loi qui rendrait la Suisse encore plus dépendante. Il faut d'abord assurer l'approvisionnement en électricité avant de pouvoir parler de décarbonisation.

Un contre-projet «comme l'initiative»

Le contre-projet sur lequel le Conseil national et le Conseil des Etats se sont mis d'accord s'oriente également vers l'objectif de ramener les émissions de gaz à effet de serre en Suisse à zéro net d'ici 2050. Pour y parvenir, différents objectifs intermédiaires sont fixés, et ce dans différents secteurs.

En outre, 2 milliards de francs au total doivent être mis à disposition sur dix ans pour le remplacement des chauffages à gaz et à mazout et 1,2 milliard supplémentaire pour un programme de promotion des nouvelles technologies.

Christian Imark, qui s'est illustré la semaine dernière par des menaces envers Simonetta Sommaruga, a été très offensif envers une loi qui veut «interdire dans les faits les carburants et les combustibles fossiles», comme l'initiative le souhaitait. C'est la seule solution pour atteindre les objectifs compris dans le contre-projet, selon l'UDC.

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Cette nouvelle bataille annoncée a de quoi faire trembler la gauche: l'an dernier, l'UDC était seule contre tous au moment de lancer le combat contre la loi CO2, dont le parti avait fini par avoir la peau par 51,6% des voix.

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