Il perd des doigts et des orteils au Cervin
L'assurance refuse de prendre en charge l'amputation d'un alpiniste

Un alpiniste a dû être transporté à l'hôpital après l'ascension du Cervin, souffrant de graves gelures. Il a perdu des orteils et des doigts, mais son assurance a refusé de prendre certains soins en charge. L'affaire a été portée en justice.
Publié: 30.03.2024 à 20:33 heures
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Dernière mise à jour: 30.03.2024 à 20:46 heures
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Lors de la descente du Cervin, deux alpinistes ont passé la nuit à 4000 mètres d'altitude, au Cervin. Au réveil, les hommes avaient des engelures aux bras et aux jambes. (photo d'archives)
Johannes Hillig

Un alpiniste de 38 ans a escaladé le Cervin avec un ami le 9 octobre 2021. Lors de la descente, le duo a dû passer la nuit à 4000 mètres d'altitude dans la cabane Solvay. Lorsqu'ils se sont réveillés, tous deux souffraient de graves engelures aux bras et aux jambes, ce qui a nécessité un transport d'urgence à l'hôpital. L'homme était tellement mal en point que les médecins ont dû amputer tous les orteils du pied droit et retirer en partie quatre doigts.

L'affaire est portée jusqu'au Tribunal fédéral

L'homme s'est ensuite adressé à son assurance, censée couvrir ce type d'accidents. Mais à la grande surprise de l'assuré, l'assurance n'a pas payé les dommages subis, prétextant que les engelures n'étaient pas dues à un accident.

Un choc pour l'alpiniste, qui a donc décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. Sans succès: ni le tribunal des assurances sociales du canton de Vaud, ni le tribunal cantonal vaudois ne lui ont donné raison.

Loin de se dégonfler, l'homme est donc allé jusqu'au Tribunal fédéral. Mais là encore, il s'est heurté à la décision de l'instance, qui a conclu qu'il ne s'agissait pas d'un accident et que l'intéressé aurait dû s'attendre à des températures extrêmes à une telle altitude.

Désavoué par la météo...

Lors du procès devant le tribunal cantonal, l'homme a tenté d'expliquer qu'un orage avait éclaté soudainement et que lui et son collègue avaient bien été surpris, allant jusqu'à perdre ses guêtres. Mais les données météorologiques lui ont malheureusement donné tort, car il n'y a pas eu d'orage soudain ni de rafales susceptibles de provoquer une telle chute de température.

Le Tribunal fédéral en est donc arrivé à la conclusion que les orteils et les doigts gelés ne devaient pas être considérés comme un accident. Comble du désaveu: l'alpiniste a même dû payer les frais de justice, soit 800 francs.

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