Affaire Sarah Regez et groupe Junge Tat
Des règlements de comptes et scissions font trembler les Jeunes UDC

Une rencontre entre la responsable de la stratégie des Jeunes UDC, Sarah Regez, et des milieux d'extrême droite continue de faire couler de l'encre au sein du parti. Une discussion devait avoir lieu lors d'une réunion du comité directeur. Mais tout est parti en vrille.
Publié: 04.05.2024 à 19:05 heures
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La politicienne des Jeunes UDC de Bâle-Campagne Sarah Regez a participé à une manifestation organisée par des extrémistes de droite.

Les Jeunes UDC sont sur le qui-vive depuis que Blick a révélé la participation de la responsable de la stratégie des Jeunes UDC, Sarah Regez, à une réunion secrète à laquelle participait également l'extrémiste de droite Martin Sellner.

Des membres des Jeunes UDC étaient également de la partie à l'époque. Depuis, plusieurs sections cantonales modérées ont exigé de la direction du parti qu'elle «se démarque clairement des groupements extrémistes» et qu'elle «s'engage en faveur de l'ordre fondamental démocratique».

Les sentiments se mêlent à la politique

Mais l'ambiance ne semble pas s'être améliorée. Il y a une semaine, les Jeunes UDC se sont réunis à Lucerne pour une séance du comité directeur au cours de laquelle une discussion devait avoir lieu, rapporte désormais les titres de Tamedia. Le camp modéré a présenté différentes revendications. 

D'une part, le parti devrait prendre clairement ses distances avec le parti d'extrême droite Junge Tat, en retirant ses militants de ses comptes sur les réseaux sociaux. De même, les termes utilisés par les extrémistes de droite ne devraient plus être utilisés.

Les modérés voulaient également voter sur le maintien ou non de la responsable de la stratégie Sarah Regez au sein de la direction du parti. Un détail complique encore la situation: la jeune femme est en couple avec le chef du parti Nils Fiechter. Et ce dernier n'a pas du tout apprécié les attaques à l'encontre de sa compagne.

L'assemblée s'est transformée en règlement de comptes

L'assemblée qui devait être une réunion s'est transformée en règlement de comptes avec les sections modérées, selon les déclarations de témoins dans les titres de Tamedia. Ces derniers auraient vécu la réunion comme une tentative d'intimidation. Les propositions déposées auraient été déclarées non valables. Plusieurs personnes ont fait remarquer que ce procédé n'était pas compatible avec les statuts et le droit en vigueur.

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«Au lieu de discuter de la relation avec le Junge Tat, le président nous a fait passer pour des traîtres»Un participant

«Au lieu de discuter de la relation avec le Junge Tat, le président nous a fait passer pour des traîtres», cite un participant au journal. Selon un autre, Nils Fiechter comprend tout le débat comme une attaque contre sa propre personne.

Couper les liens avec le parti mère?

Les sections modérées veulent désormais ouvrir la discussion au sein du parti sur la gestion de cette situation des plus délicates. Certaines envisagent de couper les liens avec les Jeunes UDC Suisse et même de rayer le parti mère de leurs statuts. D'autres veulent continuer à faire pression en interne. Les prochaines assemblées générales seront l'occasion d'en discuter plus amplement.

Nils Fiechter quant à lui n'a pas répondu aux sollicitations des journaux de Tamedia concernant l'assemblée. Il s'en est donc tenu à une prise de position générale: «Les Jeunes UDC suisses combattent la flambée d'antisémitisme en Suisse et lancent actuellement une campagne de grande envergure qui montre que les islamistes et la gauche woke en sont conjointement responsables.»

(avec ATS)

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