A gauche comme à droite
Les plans d'économies de Karin Keller-Sutter déjà critiqués

Après les propositions de la ministre des Finances Karin Keller-Sutter pour équilibrer le budget 2025, les critiques fusent à gauche comme à droite. Mais ce n'est qu'un avant-goût de la longue lutte qui attend la Confédération.
Publié: 25.01.2024 à 16:06 heures
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Karin Keller-Sutter a fait des propositions mercredi pour maintenir le budget à flot.
Tobias Bruggmann

Une grande bataille se profile à l'horizon: En décembre, le Parlement débattra âprement pour déterminer combien d'argent pourra être dépensé l'année prochaine.

La ministre des Finances Karin Keller-Sutter a lancé mercredi une nouvelle mise en garde: dans les années à venir, il manquera plusieurs milliards de francs pour équilibrer le budget. La raison? L'augmentation des dépenses pour l'AVS et les réductions de primes. De plus, le Parlement compte augmenter les dépenses pour l'armée. Et les coûts dans le domaine de l'asile «vont probablement continuer à augmenter».

La Confédération a donc besoin de plus d'argent. Karin Keller-Sutter et le Conseil fédéral font donc différentes propositions:

  • Faire des économies: Le Conseil fédéral veut examiner comment il peut réduire les coûts de l'asile et du statut de protection S, grâce auquel les personnes fuyant l'Ukraine obtiennent facilement un droit de séjour. Les apports à différents fonds, comme celui de l'infrastructure ferroviaire (FIF) ou celui du développement régional, doivent également être réduits ou supprimés. Côté écoles, Les EPF verront leurs aides diminuer de 100 millions de francs de moins d'un jour à l'autre.

  • Augmentation des recettes: Karin Keller-Sutter veut augmenter l'impôt sur le tabac.
  • Comptabilité: Les coûts liés au statut de protection S doivent être comptabilisés de manière extraordinaire, afin qu'ils ne tombent pas sous le coup du frein à l'endettement. Pour cela, on veut réduire cette année plus que prévu l'assurance chômage – mais sur 5 ans, la somme totale reste la même. Le projet relatif à l'accueil extrafamilial des enfants entrera en vigueur plus tard. Une manœuvre comptable plus qu'un réel changement de politique donc.

Ces propositions suscitent des critiques à gauche comme à droite. La responsable de la commission des finances du PS Sarah Wyss déclare: «Les investissements dans le financement des crèches sont importants, il n'est pas judicieux de couper dans ce domaine, et cela ne correspond pas à la volonté du Conseil national». La Confédération veut laisser le financement du projet de crèche aux cantons.

Mais d'autres critiques continuent de pleuvoir: «Ne pas alimenter des fonds comme le FIF ou puiser dans les réserves des EPF n'est pas durable», estime la présidente de la commission des finances du Conseil national.

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Le commissaire des finances de l'UDC Lars Guggisberg se déclare au moins partiellement satisfait. Il critique toutefois l'augmentation de l'impôt sur le tabac et la comptabilisation extraordinaire des dépenses du statut S de protection. «Cela va peut-être la première année, mais maintenant les problèmes sont connus et les dépenses ne sont plus extraordinaires. Sinon, le frein à l'endettement est violé». Le problème: si le statut de protection S est comptabilisé correctement, un milliard devrait être compensé – Lars Guggisberg propose de puiser dans l'aide au développement pour cela.

Pas de compromis à l'horizon

L'année dernière, sous le sapin de Noël, la gauche et la droite se disputaient déjà. Ce n'est que parce que l'on a injecté moins d'argent dans un fonds d'infrastructure ferroviaire déjà bien rempli que l'on a trouvé une solution conforme, qui a tout de même été acceptée en grinçant des dents.

L'examen du budget de l'année prochaine risque d'être encore plus pénible. En effet, les fronts se sont durcis et les montants à économiser sont de plus en plus importants. L'UDC veut protéger l'armée et l'agriculture, là où le PS veut faire des économies. Des compromis ne sont guère en vue.

Et Karin Keller-Sutter annonce en plus que les mesures ne suffiront pas à moyen terme pour assainir le budget fédéral. D'ici fin mars, il y aura une révision fondamentale de toutes les aides et subventions de la Confédération.

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Même les augmentations d'impôts ne sont plus taboues. En novembre déjà, la Confédération écrivait: «Pour financer notamment l'AVS et l'armée, il faudra aussi examiner des mesures concernant les recettes». La dispute ne fait que commencer. 

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