Mystère après son retour au pays
Une Iranienne remporte une médaille à Genève et la retire en protestation

Lors des WorldSkills à Genève, une créatrice de bijoux iranienne a remporté l'or. Elle a pris la parole pour protester contre le régime de son pays avant de retirer sa récompense en guise de symbole. Retournée en Iran, le mystère demeure sur son sort.
Publié: 19.10.2022 à 21:40 heures
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Dernière mise à jour: 20.10.2022 à 07:09 heures
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Raziyeh Jalili a remporté l'or aux WorldSkills de Genève.
Jenny Wagner

L'Iranienne Raziyeh Jalili est créatrice de bijoux. Lors des WorldSkills qui se sont déroulés à Genève, elle a été récompensée d'une médaille d'or. Au moment de la remise de son prix, elle a retiré sa médaille en signe de protestation contre les événements qui déchirent son pays.

Depuis un mois, de violentes manifestations ont lieu en Iran contre le régime du président Ebrahim Raïssi, à la suite du décès de la jeune Kurde Mahsa Amini. Celle-ci avait trouvé la mort le 16 septembre à Téhéran, après avoir été arrêtée par la police des mœurs, car elle ne portait pas son foulard de manière réglementaire.

Cela a provoqué des vagues de protestations partout dans le pays, au cours desquelles les forces de l'ordre font régulièrement usage de la force contre les manifestants. En rendant sa médaille, Raziyeh Jalili a souhaité attirer l'attention sur cette situation dramatique. Elle a également prononcé un discours lors des WorldSkills.

Interrogé par Blick, l'organisateur suisse de l'événement genevois n'a pas voulu révéler la nature exacte du discours de l'Iranienne. «En tant qu'organisateur, il n'est pas de notre devoir de rendre accessibles au grand public des déclarations qui se font dans un cercle relativement restreint», explique Roland Hirsbrunner, porte-parole des SwissSkills, à Blick. Il existe certes une vidéo du discours, mais elle ne sera pas publiée afin de protéger la personne concernée.

Après son acte et son discours de protestation, Raziyeh Jalili a pris la direction de son hôtel avec ses accompagnateurs, poursuit Roland Hirsbrunner. C'est là que la police genevoise l'a informée qu'elle pouvait rester en Suisse et demander une protection. La jeune femme a néanmoins décidé de retourner dans son pays. On ne sait pas ce qu'il est advenu d'elle après son départ de Suisse.

Le retour en Iran était une décision personnelle

«Nous espérons sincèrement que Raziyeh Jalili a pris la décision qu'elle estimait être la bonne pour elle-même dans cette situation», affirme l'organisateur. Celui souligne qu'il ne peut pas se permettre de juger de la situation de la créatrice de bijoux. Mais il est heureux qu'elle ait été informée de ses droits et de ses possibilités en Suisse. Il ne sait pas non plus si la médaillée d'or a accepté sa récompense ou si elle l'a rendue.

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Cette année, les WorldSkills se sont déroulés sur différents sites, dont Genève. Initialement, l'événement était prévu en mai à Shanghai, mais il a dû être annulé en raison de la pandémie.

Le cas de Raziyeh Jalili n'est pas sans rappeler celui de la grimpeuse iranienne Elnaz Rekabi qui, en signe de protestation, a participé aux Championnats asiatiques sans porter le voile. Ce dernier est imposé à toutes les sportives iraniennes. Comme la créatrice de bijoux, la sportive est retournée à Téhéran ce mercredi, après plusieurs jours d'inquiétude sur son sort.

(Adaptation par Thibault Gilgen)

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