Malgré le danger pour la mère
Avortement d'urgence annulé par la Cour suprême du Texas

La Cour suprême de l'Etat américain conservateur du Texas a empêché vendredi une femme à la grossesse très risquée de bénéficier d'un avortement, ont rapporté des médias américains. Une juge avait autorisé l'avortement jeudi.
Publié: 09.12.2023 à 08:23 heures
La Cour suprême des Etats-Unis a en 2022 cassé son arrêt «Roe v. Wade», qui garantissait depuis un demi-siècle le droit fédéral des Américains à interrompre leur grossesse. Une décision qui a suscité l'indignation à travers les Etats-Unis.

Vendredi, la Cour suprême du Texas a interdit une femme à la grossesse très risquée de bénéficier d'un avortement, ont rapporté des médias américains. Une juge avait autorisé l'avortement jeudi.

Le procureur général Ken Paxton avait saisi la Cour suprême du Texas pour empêcher une femme de 31 ans d'interrompre sa grossesse comme l'avait autorisé une juge. Une décision rare dans cet Etat qui interdit l'avortement sauf très rares exceptions, une des législations les plus strictes en la matière aux Etats-Unis.

Selon le procureur, la juge avait «abusé de son pouvoir»

Selon le médecin de la jeune femme, sa grossesse pourrait menacer sa vie et sa fertilité. «La loi texane interdit les avortements volontaires», a souligné le procureur général Ken Paxton, affirmant que la juge avait «abusé de son pouvoir» sans «aucune preuve» alors que «l'expert médical du Texas a estimé que la femme concernée ne remplissait pas les conditions nécessaires pour bénéficier de l'exception médicale». Dans sa requête, Ken Paxton, un républicain ultraconservateur, a appelé la Cour suprême du Texas à «suspendre» cette décision.

La trentenaire avait eu la confirmation la semaine dernière que son foetus était atteint de trisomie 18, anomalie chromosomique associée à des malformations graves. Lors de l'audience d'urgence jeudi, la juge Maya Guerra Gamble lui avait accordé la possibilité d'avorter.

Changement de la jurisprudence «Roe v. Wade» en 2022

Dans un communiqué, assorti d'une lettre adressée à des hôpitaux texans, Ken Paxton avait déjà mis en garde jeudi contre «les potentielles implications de long terme» si ces établissements autorisaient l'avortement. Qualifiant la juge de «militante», il avait affirmé que sa décision en faveur de la plaignante ne protègerait ni ces hôpitaux, «ni aucune autre personne, d'être tenus pour responsables au civil et au pénal pour violation des lois texanes sur l'avortement».

A l'été 2022, la Cour suprême des Etats-Unis avait cassé son arrêt «Roe v. Wade», qui garantissait depuis un demi-siècle le droit fédéral des Américaines à interrompre leur grossesse. Depuis, une vingtaine d'Etats ont interdit l'avortement ou l'ont très fortement restreint, comme le Texas, qui n'autorise les IVG qu'en cas de danger de mort ou de risque de grave handicap pour la mère.

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(ATS)

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