Le journal militaire américain Stars and Stripes est jugé trop «woke» par le Pentagone qui souhaite «recentrer son contenu». Le porte-parole du ministère de la Défense, Sean Parnell, a annoncé jeudi sur son compte X que la publication allait revenir «à sa mission initiale: informer nos combattants».
«Nous faisons entrer Stars and Stripes dans le XXIe siècle», a affirmé Sean Parnell. «Nous allons moderniser son fonctionnement, recentrer son contenu en l'éloignant des distractions woke qui minent le moral et l'adapter aux besoins d'une nouvelle génération de militaires», a-t-il ajouté.
Informer 1,4 million de soldats
Le journal se concentrera sur «la guerre, les systèmes d'armes, la condition physique, la létalité, la capacité de survie et TOUT CE QUI EST MILITAIRE», a-t-il ajouté. «Plus de chroniques sur les potins de Washington, plus de dépêches d'agence de presse», a-t-il prévenu. Le ministre de la Défense, Pete Hegseth a reposté les déclarations du porte-parole.
Quotidien indépendant mais en partie financé par le Pentagone, le Stars and Stripes, qui tire son nom du drapeau américain – la «Bannière étoilée» – est une institution aux Etats-Unis. Le journal dont la mission est d'informer les quelque 1,4 million de militaires américains, notamment ceux déployés à l'étranger, a été créé durant la guerre de Sécession en 1861.
Un instrument de propagande?
L'annonce d'une refonte éditoriale survient alors que le Washington Post a indiqué cette semaine que les candidats à un poste au sein du Stars and Stripes étaient désormais interrogés sur la manière dont ils soutiennent les priorités politiques de l'administration Trump. La direction du journal a précisé qu'elle n'était pas à l'origine de cette initiative. Stars and Stripes «ne pose pas de questions sur le soutien politique lors des entretiens d'embauche», a dit Erik Slavin, son rédacteur en chef, interrogé sur NBC News.
L'association PEN America, qui défend la liberté d'expression, a dénoncé dans un communiqué la tentative de reprise en main du quotidien. Les militaires américains «méritent une information crédible et fiable», a affirmé Tim Richardson, un responsable de PEN America en déplorant que «le Pentagone tente de transformer cette rédaction indépendante en un porte-voix de la propagande politique de l'administration».