En bref
- Donald Trump a affirmé que la guerre avec l'Iran prendrait fin après les élections de mi-mandat en novembre, malgré les avertissements de ses conseillers sur une potentielle prolongation du conflit au-delà de son mandat.
- Le président américain promet un «dividende Trump» de 5000 dollars par adulte si les républicains conservent le Congrès.
- Le conflit avec l'Iran cause une flambée des prix de l'énergie: le Brent dépasse 100 dollars le baril et le diesel atteint 5,94 dollars le gallon aux Etats-Unis.
Au début, Donald Trump promettait de mettre rapidement l'Iran à genoux. Il s'est ensuite étonné de voir ces «fous» prêts à subir des pertes et à faire des victimes. Le président américain répétait que l'Iran était sur le point de capituler. Aujourd'hui, ses propres conseillers le mettent en garde contre une guerre qui pourrait durer beaucoup plus longtemps.
Mercredi soir, le président américain a encore affirmé que la guerre prendrait fin «immédiatement après les élections de mi-mandat» de novembre. Selon lui, l'Iran ne tiendrait plus très longtemps.
Mais à la Maison Blanche, un autre scénario est désormais envisagé: la guerre pourrait se prolonger au-delà du mandat de Trump. Ses principaux conseillers l'en auraient averti, rapporte le «Wall Street Journal».
Quand les guerres américaines s'éternisent
Ce ne serait pas la première fois que les Etats-Unis sous-estiment la résistance d'un adversaire. Au Vietnam, en Afghanistan ou en Irak, des guerres que Washington pensait pouvoir gagner rapidement se sont transformées en conflits de longue haleine.
Dans le Golfe, les tensions connaissent aujourd'hui un nouveau pic après plusieurs semaines de calme. Lors de la plus importante vague d'attaques depuis le début de la guerre, dix navires ont été pris pour cible, tandis que les cours du pétrole ont grimpé en flèche.
Comme le rapporte le «Wall Street Journal», citant des responsables américains, le vice-président J.D. Vance, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio et d'autres conseillers auraient averti Trump, lors d'entretiens à huis clos dans le Bureau ovale, que Téhéran devrait continuer à résister à la pression américaine malgré le blocus et les opérations militaires. Le conflit pourrait ainsi se prolonger au-delà de l'investiture du prochain président, prévue en janvier 2029.
La Maison Blanche n'a pas confirmé ces informations. Elle a toutefois évoqué le «blocus maritime le plus puissant de l'histoire» imposé à Téhéran.
Une promesse à 5000 dollars pour les électeurs
Trump lui-même s'attend à ce que la guerre prenne fin «immédiatement après les élections de mi-mandat» de novembre, estimant que l'Iran ne pourra plus tenir longtemps. Il a également accusé Téhéran de chercher à influencer les élections américaines, sans toutefois préciser en quoi celles-ci pourraient concrètement modifier le cours de la guerre.
Les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre, avec le contrôle du Congrès en jeu. Les républicains disposent actuellement d'une faible majorité à la Chambre des représentants, qu'ils pourraient perdre selon les sondages et les analyses électorales. Au Sénat, leur situation est plus favorable.
Lors de la convention de mi-mandat des républicains à Dallas, Trump a tenté de séduire les électeurs avec des promesses financières. Si son parti conserve le contrôle du Congrès, il «versera un dividende de 5000 dollars à chaque Américain adulte», a-t-il déclaré mercredi soir. «Il s'appellera le 'dividende Trump'.»
Trump doit-il ravaler sa fierté?
Le journal iranien «Sobh-e-No» évoque quant à lui une «guerre qui a attiré Trump dans un piège». Le conflit serait devenu l'un des plus grands défis de politique intérieure de sa présidence.
Les Etats-Unis sont de nouveau confrontés à l'inflation et à la hausse des coûts, tandis que la promesse de Trump de mettre fin aux «guerres sans fin» se heurte désormais à la réalité du conflit avec l'Iran.
La question est donc de savoir, s'interroge le journal, si Trump «mettra sa fierté de côté» pour mettre fin à la guerre ou si le mécontentement de la population continuera de croître jusqu'aux élections de mi-mandat.
Le prix du pétrole dépasse les 100 dollars
Après un mois de calme relatif, l'Iran a annoncé mercredi avoir attaqué dix navires, dont deux bâtiments américains et huit pétroliers. Téhéran affirme avoir agi en représailles au naufrage de cinq pétroliers iraniens, coulés auparavant par les Etats-Unis.
Au moins un marin a perdu la vie et un autre est porté disparu. L'Iran a également tiré des missiles contre une base américaine en Jordanie. Selon les autorités jordaniennes, 18 des 20 projectiles ont été interceptés et aucun soldat américain n'a été blessé.
L'Arabie saoudite a par ailleurs été prise pour cible par les Houthis, fidèles à l'Iran. Dans le même temps, les Gardiens de la Révolution menacent d'étendre considérablement leur zone d'exclusion dans le détroit d'Ormuz.
Avec la guerre contre l'Iran, la hausse des prix de l'énergie est également devenue une source de préoccupation pour les électeurs américains. Mercredi, le prix du diesel aux Etats-Unis a atteint un record historique, à plus de 5,94 dollars le gallon. Dans le même temps, le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet.